Bombardier: nouvelle tuile et rencontres avec les chefs de l'opposition

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(Montréal et Québec) Alors que Québec et Bombardier tentent de convaincre Ottawa d'investir dans la C Series, une nouvelle tuile s'abat sur l'entreprise : l'un des principaux acheteurs du nouvel avion, Republic Airways Holdings, s'est placé hier en restructuration judiciaire.

Pour expliquer sa décision de se prévaloir des dispositions du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, l'entreprise d'Indianapolis a notamment évoqué la baisse de revenus occasionnée par le fait que plusieurs de ses avions ont été cloués au sol ces derniers mois en raison d'une pénurie de pilotes.

En 2010, Republic avait commandé 40 appareils CS300 de Bombardier, un contrat de plus de 3 milliards US aux prix courants. Mais les observateurs de l'industrie doutent de la solidité de la commande depuis que l'entreprise a commandé, en 2011, 20 A319neo d'Airbus, des avions ayant une capacité semblable à celle du CS300.

Notons qu'une restructuration judiciaire n'entraîne pas nécessairement l'annulation de commandes d'avions. Republic a indiqué hier disposer de suffisamment de liquidités pour poursuivre ses activités pendant le processus de restructuration.

Si le transporteur montréalais va de l'avant et que Republic maintient son contrat, le carnet de commandes de la C Series comptera 288 appareils.

Rencontre avec l'opposition

Sujet de débats houleux à l'Assemblée nationale ces derniers jours, la direction de Bombardier va rencontrer les chefs des deux partis de l'opposition, le péquiste Pierre Karl Péladeau et le caquiste François Legault. Un geste plutôt inusité.

M. Legault a accepté le rendez-vous, aujourd'hui, au siège social de Bombardier où il doit s'entretenir avec le PDG de l'entreprise Alain Bellemare, indique son chef de cabinet Martin Koskinen. M. Péladeau rencontra M. Bellemare la semaine prochaine, selon sa directrice de cabinet adjointe Annick Bélanger. « On entretient des discussions régulièrement avec les parties prenantes, nous ne ferons pas d'autres commentaires », s'est limitée à dire Isabelle Rondeau, porte-parole de Bombardier.

Cette demande de Bombardier survient après deux semaines de tempête à l'Assemblée nationale. Quotidiennement, MM. Péladeau et Legault ont martelé le premier ministre Couillard sur le rôle de Québec dans le plan de sauvetage de la C Series, sur l'abandon du centre d'essai des nouveaux appareils et sur l'abandon des poursuites à l'endroit d'Air Canada au nom des employés d'AVEOS, licenciés en bloc il y a trois ans.

Dans l'état-major de Philippe Couillard, on reconnaît que les dernières semaines ont été particulièrement difficiles. Québec pourrait cependant avoir un peu d'oxygène avec la décision du gouvernement fédéral d'investir aussi dans la nouvelle société en commandite constituée pour la C Series.

Négociations amorcées

En coulisses, on indique que les négociations formelles entre Ottawa et Bombardier ont débuté cette semaine et devraient aboutir sur une annonce avant le budget fédéral du 22 mars.

Joint par La Presse, le ministre Jacques Daoust, responsable du dossier, rappelle que Québec a injecté 1,3 milliard dans une firme dirigée, actuellement, par un conseil de cinq membres, dont deux relèvent du gouvernement. Dans l'éventualité, probable semble-t-il, où Ottawa injecterait aussi 1,3 milliard dans la C Series, il aurait lui aussi deux membres au conseil. La direction compterait sept membres, mais les deux gouvernements auraient ensemble la majorité des voix. « On ne peut imaginer qu'on investirait les deux tiers des fonds et qu'on serait minoritaires au niveau décisionnel », affirme M. Daoust.

Une nécessisté

Dans une note publiée plus tôt cette semaine, l'analyste Fadi Chamoun, de BMO Marchés des capitaux, a soutenu qu'un investissement fédéral dans Bombardier ne serait pas un « luxe », mais plutôt une « nécessité ». M. Chamoun précise que la création de la société en commandite chapeautant la C Series allait permettre de « transférer » aux gouvernements les coûts liés à l'entrée en production commerciale de la nouvelle gamme d'avions, estimés à 2 milliards US.

« Un accord avec le gouvernement fédéral qui serait semblable à celui conclu avec Québec aurait pour effet de retirer la C Series du bilan financier de Bombardier et permettrait à l'entreprise de concentrer ses ressources sur le redressement de Bombardier Transport et de Bombardier Avions d'affaires », a écrit l'analyste.

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