Le ciel de la Russie s'éclaircit pour Bombardier

(Montréal) Après des années d'efforts, Bombardier (T.BBD.B) pourra enfin vendre ses gros biréacteurs régionaux en Russie et dans les anciens États de l'Union soviétique.

La semaine dernière, le Comité Inter États de l'aviation, mieux connu sous l'acronyme russe MAK (l'équivalent de Transport Canada), a approuvé l'exploitation des plus gros biréacteurs régionaux de Bombardier, le CRJ700 (70 places), le CRJ900 (90 places) et le CRJ1000 (100 places), en Russie et dans la Communauté des États indépendants.

«C'est une très bonne nouvelle, a lancé le porte-parole de Bombardier Avions commerciaux, Marc Duchesne, en entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. Nous considérons que la Russie est un marché très intéressant pour nous, pas uniquement pour des avions de 50 places, mais pour des appareils de plus grande capacité. Notre étude de marché fait état de 460 livraisons en 20 ans pour des avions de 20 à 149 places.»

Bombardier avait obtenu l'approbation du MAK en 2006 pour ses biréacteurs de 50 places, le CRJ100 et CRJ200. Ces appareils, des avions usagés provenant notamment de sociétés aériennes nord-américaines et européennes, se sont vendus comme des petits pains en Russie et dans la Communauté des États indépendants.

«Au cours des sept dernières années, le nombre de nos appareils de 50 places exploité là-bas s'est accru de 110%», a déclaré M. Duchesne.

Concurrence russe

L'approbation s'est fait attendre pour les plus gros biréacteurs. Pendant cette période, la société russe a développé un biréacteur régional de grande taille, le SuperJet, ce qui a amené certains observateurs à parler de protectionnisme.

Ce retard a eu des conséquences négatives pour un client de Bombardier, Tatarstan Airlines. Le transporteur, établi à Kazan, capitale de la province russe du Tatarstan, avait commandé six appareils CRJ900 en mai 2007. Comme l'approbation du MAK n'arrivait pas, Tatarstan Airlines a dû mettre de côté les deux appareils livrés en 2007 et retarder la livraison des quatre autres.

«Tatarstan Airlines n'est plus en opération depuis quelque temps, mais ses propriétaires ont quand même demandé à conserver leurs positions de livraison, a indiqué M. Duchesne. Ces commandes sont donc encore dans notre carnet.»

En juin dernier, le MAK a approuvé l'exploitation d'un autre appareil commercial de Bombardier, l'avion turbopropulsé Q400.

Le MAK vient également d'approuver l'exploitation de plus gros biréacteurs régionaux d'Embraer. Comme les gros biréacteurs régionaux de Bombardier, ces appareils sont en concurrence avec le Superjet de Sukhoi.

Si Bombardier et Embraer se réjouissent de la décision russe, ils ont eu une mauvaise nouvelle en provenance du Japon jeudi: Mitsubishi Aircraft Corporation a annoncé que le transporteur américain SkyWest avait conclu une entente définitive pour l'acquisition de 100 biréacteurs régionaux MRJ, assortie d'options pour 100 appareils supplémentaires.

Bombardier et Embraer lorgnaient tous deux cette commande et leurs dirigeants avaient exprimé leur profond étonnement, en juillet dernier, dans le cadre du Salon aéronautique de Farnborough, lorsque Mitsubishi avait annoncé qu'elle avait signé une lettre d'entente avec SkyWest au sujet de cette commande.

L'action de catégorie B de Bombardier a gagné un cent pour clôturer à 3,40 $ à la Bourse de Toronto jeudi.

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