La vente d'Aveos à Lufthansa Technik contestée au tribunal

Aveos a licencié environ 2600 personnes à travers... (Photo Christinne Muschi, archives Reuters)

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Photo Christinne Muschi, archives Reuters

Aveos a licencié environ 2600 personnes à travers le pays, dont 1800 à Montréal, lorsqu'elle s'est soudainement placée sous la protection des tribunaux et a mis fin à ses opérations en mars dernier.

La Presse Canadienne
Montréal

La proposition portant sur la vente des opérations de réparations de moteurs d'Aveos à l'entreprise allemande Lufthansa Technik sera contestée mercredi en cour.

Lufthansa Technik a triplé son offre originale pour les activités d'entretien de moteurs d'Aveos pendant les négociations au sujet de leur acquisition, a indiqué mercredi à une cour québécoise un des groupes s'opposant à la transaction recommandée par le responsable de la restructuration de la société d'entretien d'avions insolvable.

Cette décision a permis à l'offre de la compagnie allemande de surpasser de plus du double celle du groupe MTU Aero Engines, de Vancouver.

Cependant, les opposants à la transaction estiment que la dernière offre de Lufthansa n'aurait pas dû être acceptée étant donné qu'elle a été présentée après la date limite de dépôt des offres.

La liquidation des activités d'entretien de moteurs d'Aveos a résulté dans des négociations de dernière minute «douteuses» et «non professionnelles», a soutenu mercredi en cour un vice-président de MTU.

En sachant cela, «je n'aurais pas fait valoir mon meilleur jeu. Je me sens un peu bête», a exprimé Juergen Kuhn, responsable du développement des affaires à MTU.

Les avocats de MTU ont questionné mercredi le chef de la restructuration, Jonathan Solursh, au sujet du déroulement des enchères, faisant valoir que l'offre de leur client aurait dû remporter la mise parce qu'elle était la plus généreuse en date du 7 août - soit la date limite prévue pour le processus de vente. Or, Lufthansa aurait amélioré son offre à deux reprises après cette date.

Selon l'avocat de MTU François Gagnon, comme les conditions du processus n'ont pas été respectées, la dernière offre de Lufthansa n'aurait pas dû être acceptée. Mais M. Solursh a insisté pour dire que le processus prévu permettait clairement de négocier pour finaliser les offres.

Le syndicat représentant d'anciens employés d'Aveos tente aussi de faire bloquer la vente des activités d'entretien de moteurs à Lufthansa. Plus de 130 emplois sont potentiellement en jeu à Montréal et Vancouver, soit principalement les postes des anciens employés d'Aveos.

M. Solursh a dit à la cour qu'il favorisait le plan de création d'emplois de MTU, mais qu'il avait dû accepter l'offre plus imposante de Lufthansa Technik.

«Personnellement, j'aimais le dossier de MTU», a-t-il affirmé, faisant référence aux plans de la compagnie d'embaucher plus de 130 travailleurs, incluant des anciens employés d'Aveos, à Montréal et Vancouver.

M. Solursh a expliqué que la décision de Lufthansa de tripler son offre - à environ le double de ce qui était offert par MTU - avait clairement scellé l'issue.

«L'écart est si grand, il est si clair qui est le gagnant de ce contrat», a-t-il argué.

La valeur de l'offre gagnante n'a pas été dévoilée, mais MTU a confirmé en cour que son offre était de 5,2 millions $, incluant les outils d'Aveos qu'elle désirait acheter.

Aveos est l'ancienne division des services techniques d'Air Canada (TSX:AC.B). Sa faillite, en mars, a entraîné la perte de 2600 emplois au Canada, dont 1800 à Montréal.

La division de l'entretien de moteurs est la dernière pièce d'Aveos à être vendue. La semaine dernière, la cour a approuvé la vente des activités de réparation de composants à la britannique A J Walter Aviation pour un montant non dévoilé. La société prévoit créer environ 200 emplois.

Plus tôt, les autres actifs d'Aveos ont été ont été vendus pour 10,8 millions $ à trois entreprises canadiennes, deux américaines et un liquidateur.

Les acheteurs comprennent Avianor, établie à Mirabel, Avmax Aviation Services, de Calgary, et Discovery Air Technical, une filiale de Discovery Air, de Yellowknife (T.DA.A).

La new-yorkaise Premier Aviation Overhaul Center, qui a des activités à Trois-Rivières, et la société de l'Illinois Aircraft Services ont aussi remporté des parties des actifs.

Le liquidateur Maynards Industries a acheté plusieurs pièces d'équipement qui sont vendues lors d'enchères.

L'approbation de la vente des activités d'entretien de moteurs à Lufthansa Technik avait été repoussée d'une semaine pour donner aux opposants la possibilité de contester la justesse de la transaction proposée.

Le juge Louis Godin a indiqué qu'il déciderait du sort de la transaction jeudi après-midi. Il a prévenu qu'il ne remettrait pas en question les motifs économiques derrière la vente mais qu'il s'intéresserait plutôt à la transparence et au caractère équitable du processus.

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