Pratt & Whitney: pas d'impact sur les effectifs, selon l'entreprise

L'éntrée de l'usine Pratt et Whitney à Longueuil.... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Photo: Robert Skinner, La Presse

L'éntrée de l'usine Pratt et Whitney à Longueuil.

Les sanctions imposées par les autorités américaines à Pratt & Whitney Canada (P&WC) n'entraîneront pas de pertes d'emplois.

C'est ce que le porte-parole de la société mère de P&WC, United Technologies Corporation (UTC), John Moran, a indiqué à la Presse Affaires hier.

P&WC a plaidé coupable à l'accusation d'avoir violé les Règlements sur le trafic international d'armes (International Traffic in Arms Regulations, ou ITAR) en exportant en Chine des logiciels américains de commande de moteur qui avait été modifiés pour tenir compte d'applications militaires. P&WC a également reconnu avoir fait des fausses déclarations.

UTC, P&WC et une autre filiale d'UTC, Hamilton Sundstrand, qui a conçu les logiciels, ont accepté de payer des amendes se montant à 55 millions de dollars US et d'investir 20 millions US dans leur programme de conformité aux ITAR.

Les ITAR sont des règles américaines qui visent à empêcher que des informations sensibles sur la technologie militaire américaine ne tombent entre des mains ennemies.

Suite aux admissions de P&WC, le département d'État a partiellement radié une autorisation privilégiée qui permettait au motoriste d'exporter du matériel sujet aux ITAR. M. Moran a toutefois minimisé l'impact de cette radiation, rappelant que P&WC fabriquait essentiellement des produits pour le marché civil. Il a ajouté que P&WC pourra continuer à exporter du matériel sujet aux ITAR qui a déjà été autorisé, ou du matériel destiné aux pays membres de l'OTAN et autres pays alliés.

P&WC pourra demander une nouvelle autorisation privilégiée dans un an. Entretemps, elle devra demander une autorisation individuelle, une exception à la radiation, pour chaque exportation additionnelle de matériel sujet aux ITAR.

«Il faudra suivre des processus additionnels et fournir des efforts supplémentaires pour fournir l'information nécessaire pour obtenir ces exceptions, mais P&WC est prête à gérer cette situation de façon à ce qu'elle n'ait aucun impact sur l'entreprise ou sur ses clients, a déclaré M. Moran. Il n'y aura pas non plus d'impact sur le niveau des efffectifs de P&WC ou sur les bénéfices des employés.»

P&WC n'est pas la seule entreprise québécoise qui doit se frotter aux ITAR.

«Nous avons une équipe spécialisée qui suit les ITAR, a déclaré la vice-présidente aux communications de CAE, Nathalie Bourque. Nous avons touours suivi les règles de façon spécifique et nous allons continuer à la faire.»

Une grande partie du chiffre d'affaires du fabricant de simulateurs de vol CAE est lié au domaine de la défense, ce qui est aussi le cas pour le manufacturier d'aérostructures Héroux-Devtek.

«Nous avons mis un système en place pour respecter ces règles, a déclaré le président et chef de la direction d'Héroux-Devtek, Gilles Labbé. Nous prenons ça très au sérieux.»

Mme Bourque et M. Labbé n'ont pas voulu commenter le cas de P&WC, mais évidemment, ils ne souhaitent pas voir les autorités américaines resserrer les règles en guise de réaction.

«Je ne pense pas qu'ils vont changer les règles, mais ils vont s'assurer qu'elles sont respectés», a déclaré M. Labbé.

UTC ne semble pas avoir trop souffert dans l'aventure: son titre a bondi de quatre pour cent pour clôturer à 75,53 dollars US hier à la Bourse de New York.

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