Les biocarburants coûtent encore trop cher

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Photo fournie par Porter Airlines

Un appareil Q400 de Bombardier a utilisé un mélange de kérosène et de caméline, une plante oléagineuse qu'on trouve notamment en Saskatchewan.

(Montréal) L'utilisation de biocarburant en aviation se heurte à deux obstacles de taille: la disponibilité et le prix.

«Les biocarburants coûtent de 5 à 10 fois plus cher que le kérosène conventionnel», a déploré le directeur général du Groupement aéronautique de recherche et développement en environnement (GARDN), Sylvain Cofsky, en entrevue avec La Presse Affaires hier. «Tant que le prix ne baissera pas, les vols utilisant des biocarburants demeureront un événement, comme celui d'aujourd'hui.»

Le secrétaire général de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), Raymond Benjamin, a voulu attirer l'attention sur les biocarburants, et créer un événement, en se rendant à la conférence des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, en empruntant uniquement des vols propulsés par des plantes et de l'huile de cuisson.

«Nous sommes sur le point d'entamer un voyage qu'il aurait été impossible d'envisager il y a à peine trois ans», a déclaré M. Benjamin hier matin dans un point de presse organisé à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Ce voyage a commencé à Montréal à bord d'un vol commercial de Porter Airlines à direction de Toronto. L'appareil Q400 de Bombardier a utilisé un mélange de kérosène et de caméline, une plante oléagineuse qu'on trouve notamment en Saskatchewan.

«C'est une plante qu'on peut trouver à l'état sauvage, qui est notamment utilisée pour les champs en jachère, a indiqué M. Cofsky. Mais il n'y a pas assez de volume. C'est pour cela que nous devons diversifier les sources.»

Le deuxième vol de M. Benjamin s'est déroulé à bord d'un Airbus A319 d'Air Canada entre Toronto et Mexico. Cette fois-ci, l'appareil a utilisé un mélange de kérosène et d'huile de cuisson recyclée. Il s'agissait d'un premier vol commercial à base de biocarburant pour Air Canada. Le voyage devait se poursuivre à bord d'un Boeing 777 d'Aeroméxico propulsé par de l'huile de cuisson, de la caméline et une autre plante oléagineuse, le jatropha. Le dernier tronçon doit relier aujourd'hui São Paulo à Rio. Le Boeing 737 du transporteur Gol doit utiliser du carburant dérivé d'huile de cuisson et d'huile de maïs non comestible.

M. Benjamin a insisté sur le fait que les biocarburants avancés utilisés aujourd'hui étaient créés à partir de sources qui n'entraient pas en compétition avec la production de nourriture.

Le secteur aérien a souvent été ciblé par les organisations environnementales. L'Union européenne a notamment mis en place, unilatéralement, un système d'échange de quotas d'émissions qui a provoqué du mécontentement à l'extérieur de l'Europe.

Production moins polluante

M. Benjamin a rappelé que l'OACI travaillait sur une solution globale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il a indiqué que l'utilisation de biocarburants constituait justement un des éléments d'une telle solution.

Un moteur propulsé par des biocarburants produit sensiblement les mêmes émissions que lorsqu'il est propulsé par du kérosène, a indiqué M. Cofsky, de GARDN. Le grand gain environnemental se retrouve plutôt dans le processus de production, qui est beaucoup moins polluant que le processus de production de kérosène.

Une nouvelle génération de biocarburants, à partir d'algues, est encore plus prometteuse, mais il reste encore de la recherche à mener, a ajouté M. Cofsky.

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