La faillite d'Aveos gruge les profits à Air Canada

La société de maintenance d'avions Aveos rejette la... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo Olivier Pontbriand, La Presse

La société de maintenance d'avions Aveos rejette la responsabilité sur Air Canada pour les problèmes financiers qui l'ont forcée à interrompre ses activités et à se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

La déconfiture d'Aveos grugera une bonne partie des profits d'Air Canada au premier trimestre.

Le transporteur a fait savoir hier qu'il devra enregistrer des charges de 120 millions de dollars au premier trimestre de 2012 à la suite de la faillite d'Aveos, qui effectuait la majeure partie de la maintenance de ses appareils.

Il s'agit d'abord de la perte d'un investissement de 65 millions dans Aveos. Lorsque l'entreprise de maintenance avait procédé à une recapitalisation en 2010, ses créanciers, dont Air Canada, avaient accepté de convertir leurs créances en actions.

L'arrêt des activités d'Aveos force également Air Canada à inscrire une perte de 55 millions parce que le transporteur doit contribuer au programme de départ des employés d'Aveos. Cette obligation découle d'une décision rendue en janvier 2011 par le Conseil canadien des relations industrielles, qui avait entraîné la création de deux unités de négociation distinctes pour les employés d'Air Canada et pour ceux d'Aveos.

Air Canada a également fait savoir hier que son bénéfice avant intérêts, impôts, amortissement et location d'avions devrait se situer entre 170 et 180 millions de dollars au premier trimestre. Les charges liées à Aveos réduiront sérieusement ce bénéfice.

Reprise d'Aveos

Par ailleurs, une PME québécoise, Phoenix Aerospace, s'est montrée intéressée à relancer les activités d'Aveos.

L'entreprise, spécialisée dans l'entretien et la révision des avions, a déjà embauché une vingtaine d'anciens employés d'Aveos.

Mon intention, ce serait de reprendre toutes les personnes disponibles, a déclaré le président de Phoenix, Serge Prévost, dans une entrevue téléphonique à La Presse Affaires hier. Ils ont une très grande expérience et il serait dommage de perdre toute cette expertise.»

Pour réaliser une telle expansion, Phoenix, qui compte maintenant près de 120 employés, aurait besoin de décrocher des contrats avec Air Canada.

Phoenix commencera par déposer une offre pour compléter la révision d'un Airbus A320 d'Air Canada présentement entreposé dans un hangar d'Aveos.

Nous pouvons réaliser ce travail rapidement avec les effectifs que nous avons présentement, a affirmé M. Prévost. Nous détenons les certifications nécessaires de Transport Canada.»

Il a indiqué que Phoenix avait déjà effectué des travaux pour Air Canada dans le passé, soit des modifications majeures à l'intérieur d'un appareil. La liste de clients de l'entreprise compte également Air France, Canjet, Air Transat, Aero Mexico et Sunwing.

Projet d'expansion en vue

À l'heure actuelle, Phoenix travaille dans des hangars loués à l'aéroport Montréal-Trudeau. Or, ces hangars devront bientôt être démolis pour permettre l'agrandissement de l'aéroport. Phoenix avait élaboré un projet d'expansion qui aurait entraîné la construction de nouveaux hangars et qui aurait nécessité des investissements de 40 millions de dollars. Or, l'entreprise a fait savoir qu'elle avait mis ce projet en veilleuse parce qu'il était difficile d'obtenir du financement «acceptable» dans le climat actuel.

Le fait de mettre la main sur les travaux qu'effectuait Aveos permettrait de relancer ce projet.

Le syndic qui supervise la faillite d'Aveos a fait savoir aux parties intéressées qu'elles avaient jusqu'au 29 mai pour déposer une offre préliminaire pour acquérir les actifs de l'entreprise.

De son côté, Air Canada a lancé un appel d'offres pour remplacer Aveos pour les travaux de maintenance de ses appareils. Le transporteur a fait savoir qu'il favorisera les entreprises qui exercent «ou qui comptent exercer» une partie de leurs activités à Montréal, Winnipeg, Vancouver ou Toronto.

En attendant de trouver cette solution à long terme, Air Canada a envoyé une cinquantaine d'appareils à deux entreprises québécoises, Avianor et Premier Aviation, pour faire effectuer des travaux de maintenance. Comme ces entreprises fonctionnent maintenant à plein rendement, Air Canada a décidé d'envoyer une soixantaine d'appareils de plus à des entreprises situées à l'extérieur du Canada, soit Premier, Aeroframe et TIMCO aux États-Unis, ST Aerospace à Singapour, Lufthansa Technik en Irlande et HAECO à Hong Kong.

Phoenix Aerospace ne fait pas partie de cette liste.

Par ailleurs, Air Canada a annoncé hier qu'elle avait convenu de reprendre les négociations avec ses mécaniciens, bagagistes et agents de fret, représentés par l'Association internationale des machinistes et des travailleurs de l'aérospatiale (AIMTA).

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