Aveos ferme: 1800 emplois en péril à Montréal

La compagnie Aveos à Montréal.... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Photo Olivier PontBriand, La Presse

La compagnie Aveos à Montréal.

(Montréal) Les quelque 1800 employés d'Aveos à Montréal se retrouvent sur le carreau: l'entreprise, chargée d'une partie de la maintenance des avions d'Air Canada, ferme ses portes jusqu'à nouvel ordre.

Elle se placerait dès aujourd'hui sous la protection des lois sur la faillite, a confié à La Presse une source bien au fait du dossier.

Selon Marcel St-Jean, président de la section locale de l'Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l'aérospatiale, des contremaîtres ont appelé les employés toute la journée pour leur demander de ne pas rentrer au travail ce matin. Le syndicat n'aurait toutefois pas été informé par l'employeur de la nature de la crise.

«On essaye d'informer nos gens le plus possible. Qu'une affaire comme ça arrive un dimanche après-midi, il n'y a rien de pire», a-t-il affirmé.

Aux installations d'Aveos situées près de l'Aéroport Montréal-Trudeau, les portes étaient enchaînées ou barrées, hier en début de soirée.

«Une très mauvaise nouvelle», dit Sam Hamad.

Joint par La Presse en fin de soirée, le ministre québécois du Développement économique, Sam Hamad, s'est dit très déçu par la décision d'Aveos.

M. Hamad n'a pas immédiatement voulu s'avancer quant à l'opportunité de mettre en place un programme spécial d'aide aux travailleurs de l'entreprise: «si on en a besoin, on le fera». Le ministre doit d'abord évaluer la situation, a-t-il plaidé, ajoutant que pour l'instant, le gouvernement «a déjà des programmes en place qui permettent de s'occuper de chaque travailleur».

Mais d'abord et avant tout, ce sont les emplois qui doivent faire l'objet d'une tentative de sauvetage, selon le ministre.

«On va regarder avec l'entreprise pourquoi elle a fermé, si on peut faire quelque chose», a-t-il expliqué. «Le premier objectif, c'est de garder l'entreprise ouverte.»

«Une grande trahison»

M. St-Jean a affirmé que les employés d'Aveos se sentaient complètement trahis par Air Canada. L'entreprise avait été créée en 2007, avec la vente de l'ensemble des services d'entretien technique du transporteur aérien. Ses employés avaient été transférés à la nouvelle entité indépendante.

«Les employés d'Aveos qui étaient chez Air Canada autrefois vont vous dire qu'Air Canada les a vendus pour se sortir de la protection de la faillite», a-t-il affirmé. Récemment, le transporteur a pris la décision de transférer certaines de ses opérations, comme l'entretien de trains d'atterrissage et des moteurs, vers d'autres entreprises qu'Aveos.

Selon Marcel St-Jean, 90% de la charge de travail d'Aveos provenait d'Air Canada. Des signes avant-coureurs faisaient comprendre aux employés que tout ne roulait pas rond chez Aveos, selon le leader syndical. Un sous-traitant embauché pour donner des formations informatiques aurait notamment quitté sa salle de cours en affirmant qu'Aveos n'était plus en mesure de le rémunérer. «C'était vraiment bizarre», a-t-il relaté.

Mais la fermeture a tout de même été une surprise. Le choc est immense pour les salariés d'Aveos.

«Des gens vont réussir à se placer, mais pas tout le monde. Il y a quand même 1800 employés qui apparaissent tout d'un coup», a-t-il évalué. «Ça fait beaucoup de gens.»

Pas de vague de fermetures

Si les fermetures ont été nombreuses dans la région de Montréal depuis le Nouvel an, on ne peut toutefois pas inscrire celle-ci dans la même lignée, a plaidé Sam Hamad.

«Vous ne pouvez pas faire la comparaison avec Mabe. C'est différent. Ce sont des emplois différents», a-t-il affirmé en entrevue téléphonique.

La fermeture d'Aveos reste «une très mauvaise nouvelle pour Montréal», a reconnu Sam Hamad.

En plus de celles de Montréal, Aveos a des installations à Winnipeg et à Vancouver, qui fermeraient elles aussi leurs portes. Elle compte environ 3000 employés à l'échelle du pays.

À Winnipeg, des affiches indiquant qu'Aveos «a cessé ses opérations de maintenance» ont été placées dans les vitres de l'atelier.

Aveos n'a pas retourné les appels de La Presse, tout comme Air Canada.

Selon le service de renseignement de l'Aéroport Montréal-Trudeau, aucun vol ne serait immédiatement affecté par la cessation des activités d'Aveos.

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