Un loup solitaire prend les commandes d'Airbus

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Fabrice Brégier... (Photo fournie par Airbus)

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Fabrice Brégier

Allure sobre et d'un naturel très réservé, Fabrice Brégier, qui va prendre les rênes d'Airbus, est l'anti-patron flamboyant, un loup solitaire qui préfère le tarmac des usines aux dîners parisiens: l'important, pour lui, est la performance de l'avionneur européen.

Après un parcours industriel sans faute, il va accéder à 50 ans à l'ultime marche du podium: la direction de la puissante filiale du groupe EADS, à la suite de l'Allemand Thomas Enders.

Cet ingénieur, diplômé de l'École des Mines et de Polytechnique, a dans sa carrière gravi rapidement les échelons: il fut successivement patron de Matra BAe Dynamics (missiles) et d'Eurocopter (hélicoptère) avant d'entrer chez Airbus.

Au sein du groupe EADS, maison-mère d'Airbus, il estime être «l'un de ceux qui a la plus grande expérience opérationnelle».

Pourtant, l'aéronautique n'était pas une vocation. Fraîchement diplômé, Fabrice Brégier est plutôt attiré par le monde des hautes technologies.

Il travaille d'abord dans les ministères, entre autres comme conseiller technique. En 1993, il entre chez Matra-Défense. Cinq ans plus tard, il prend la tête de Matra BAe Dynamics, né de la fusion de Matra-Défense et de BAe Dynamics et dont il fera l'actuel MBDA. Une consécration alors qu'il n'est âgé que de 36 ans.

«Jean-Luc Lagardère a décidé de me confier son joyau (...) je lui dois beaucoup», admet-il aujourd'hui.

Cette nomination va donner un coup d'accelérateur à sa carrière. En 2003, il prend la tête d'Eucopter, avant de devenir numéro deux d'Airbus trois ans plus tard en tant que directeur général délégué.

À son arrivée chez l'avionneur en 2006, le climat n'est pas au beau fixe. Les conflits franco-allemands minent l'ambiance et les premiers retards annoncés du projet du très gros porteur, l'A380, inquiètent.

Fabrice Brégier va alors «mettre les mains dans le cambouis pour harmoniser les pratiques industrielles», raconte un syndicaliste.

Avec Thomas Enders, président d'Airbus, «ils ont pacifié le climat franco-allemand», rapporte un cadre de l'entreprise. Leur tandem «fonctionnait bien», «ils sont complémentaires».

Le Français est dans l'opérationnel, l'Allemand, dans le diplomatique et la gestion.

M. Brégier a lancé le programme du nouveau long-courrier d'Airbus, baptisé A350 XWB (extra wide body). Son défi sera de l'achever sans trop de retard: l'avionneur a déjà prévenu que deux des trois versions de cet avion nouvelle génération auraient un an et demi de retard.

En prenant la tête d'Airbus, il devra en outre se frotter à la partie commerciale: ces longs dîners où il faut convaincre les compagnies aériennes d'acheter plus d'avions.

Une fonction moins naturelle pour un homme timide et solitaire. «Il est monastique, économe», confirme le cadre.

«Je ne fais pas de copinage, ce qui compte c'est la performance», assume-t-il tout en reconnaissant qu'il est «difficile de participer à l'ensemble des dîners parisiens quand on est à Toulouse», siège d'Airbus dans le sud-ouest de la France.

Fabrice Brégier «est quelqu'un qui donne l'impression d'être soit très calme, soit extrêmement froid par timidité. Il a l'efficacité d'un couteau qui tranche bien avec la froideur de la lame», résume un collaborateur.

Et quand il ne travaille pas, il écoute volontiers le chef russe de l'Orchestre national du Capitole de Toulouse, Tugan Sokhiev. Père de trois enfants, il est aussi un fervent supporter du Stade toulousain et de l'Olympique de Marseille.

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