Le bitcoin au-dessus de 11 000$ US, risque de bulle

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Le bitcoin, qui s'achète et se vend sur des plates-formes spécialisées sur internet, a passé la barre des 10 000$ US dans les premiers échanges en Asie, selon des données compilées par l'agence Bloomberg. Vers 11h00, il valait 11 150$ US.

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Agence France-Presse
New York

Le cours du bitcoin s'est envolé mercredi au-dessus de 11 000 dollars après avoir vu sa valeur multipliée par dix en moins d'un an, suscitant un intérêt des investisseurs mais aussi un risque de bulle croissant.

Le bitcoin, qui s'achète et se vend sur des plates-formes spécialisées sur internet, a passé la barre des 10 000 dollars dans les premiers échanges en Asie, selon des données compilées par l'agence Bloomberg. Il est monté ensuite jusqu'à 11 434 dollars avant de chuter brutalement à 9643 dollars vers 14h30, soit une baisse de plus de 15% en quelques heures.

À la mi-octobre, la monnaie cryptographique s'échangeait encore à 5000 dollars, soit moins de la moitié des sommets atteints mercredi. La récente flambée est d'autant plus spectaculaire que le bitcoin avait commencé l'année autour de 1000 dollars.

Il a été fortement stimulé le mois dernier, après que l'américain CME (Chicago Mercantile Exchange) Group, un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a annoncé fin octobre le lancement prochain de contrats à terme de bitcoins.

Cette annonce a déclenché une poussée de sa valeur, alors que le nombre de bitcoins pouvant être mis en circulation est limité. Ainsi la capitalisation totale de la cryptomonnaie s'élève à environ 180 milliards de dollars, selon les données du site coinmarketcap.com qui suit les capitalisations boursières des cryptomonnaies.

À titre indicatif, le groupe américain Coca-Cola est valorisé à 195 milliards de dollars.

Sans existence physique, le bitcoin, qui ne valait que quelques centimes en 2009 lors de son lancement, s'appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite «blockchain» ou «chaîne de blocs». Il s'échange sur des plateformes spécifiques sur internet et n'a pas de cours légal.

Il n'est pas régi par une banque centrale ou un gouvernement mais par une vaste communauté d'internautes et accepté dans un nombre grandissant de transactions (restaurants, immobilier, etc.).

Alternative ou escroquerie ?

«C'est un actif très particulier, par définition spéculatif si on regarde l'évolution de son prix», a déclaré mercredi à la chaîne de télévision américaine CNBC le vice-président de la Banque centrale européenne, Vitor Constancio.

Tout en prédisant d'importantes fluctuations au bitcoin, M. Constancio «ne croit pas qu'elles vont s'étendre à d'autres marchés».

À la mi-septembre, le PDG de la banque JPMorgan, Jamie Dimon, avait estimé que le bitcoin était une «escroquerie» destinée à «imploser», tandis que le patron de Credit Suisse, Tidjane Thiam, avait déclaré récemment que c'était «la définition même d'une bulle».

«C'est une bulle et il y a beaucoup de mousse. Ça sera la plus grosse bulle de notre vie», a prévenu Mike Novogratz, gestionnaire de fonds spéculatifs, lors d'une conférence sur la cryptomonnaie mardi à New York.

La Chine a banni en septembre les échanges de monnaies cryptographiques sur les plateformes du pays en assurant vouloir contrer les «activités illégales» mais également endiguer les risques potentiels pour son système financier.

L'interdiction chinoise a momentanément chahuté le marché, mais les cours ont rapidement repris leur irrésistible ascension.

Pour ses défenseurs, le bitcoin offre une alternative sécurisée aux devises traditionnelles: le «blockchain» rend les transactions infalsifiables car, afin de modifier une information, il faudrait la changer simultanément chez tous les utilisateurs.

Cette caractéristique intéresse fortement le secteur bancaire, où le «blockchain» pourrait ouvrir de nouveaux horizons, simplifier les transactions dématérialisées et générer des économies.

À Wall Street, la banque d'affaires Goldman Sachs envisage également de spéculer dessus pour le compte de ses clients, avait indiqué à l'AFP début octobre une source proche du dossier. Sa rivale JPMorgan Chase s'est également dit «très ouverte» aux monnaies cryptographiques «proprement contrôlées et régulées».

«Je pense qu'on est toujours sur une tendance haussière forte», a indiqué de son côté à l'AFP Kay Van-Petersen, stratégiste chez Saxo Bank à Singapour. Il prédit ainsi que le bitcoin pourrait valoir entre 50 000 à 100 000 dollars dans les 6 à 18 mois.

Les partisans du bitcoin disent aussi faire un pari sur le long terme et considèrent le lancement de CME comme le prochain grand test.

«Si elle survit au CME, il n'y a aucune raison qu'elle ne continue pas à augmenter», a déclaré à l'AFP Greg McKenna, stratège en chef chez AxiTrader.




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