Au tour de DeepMind de s'installer à Montréal

Shible Mourad et Doina Precup... (Photo fournie par DeepMind)

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Shible Mourad et Doina Precup

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DeepMind, l'entreprise britannique derrière le succès d'AlphaGo, s'installe à Montréal.

Ce leader de l'intelligence artificielle, racheté par Google en 2014 et source de plus de 150 articles scientifiques publiés dans de prestigieuses revues dont Nature, a annoncé ce vendredi matin l'ouverture d'un bureau qui sera dirigé par Doina Precup, professeur à l'École d'informatique de l'Université McGill.

L'antenne montréalaise, qui pourrait employer à terme une vingtaine de personnes, est la deuxième au Canada. Il y a trois mois, DeepMind a inauguré un laboratoire à Edmonton, son premier à l'extérieur de la Grande-Bretagne.

Une méthode «naturelle»

La nouvelle directrice montréalaise, Doina Precup, est une sommité dans un des domaines de prédilection de DeepMind, l'apprentissage par renforcement. «Je connais les gens de DeepMind depuis longtemps, alors que c'était une petite start-up, a expliqué en entrevue la nouvelle directrice. L'un des motifs pour lesquels je les ai choisis, c'est qu'ils publient leurs résultats, ils conçoivent des logiciels en source ouverte.»

Le PDG et fondateur de DeepMind, Demis Hassabis, a décrit par communiqué Montréal comme le lieu idéal «où les grandes sociétés, les entreprises en démarrage, les incubateurs et les gouvernements s'unissent pour former des équipes innovantes comme celles de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA) et de l'Université McGill.»

L'apprentissage par renforcement, une des sous-branches de l'apprentissage profond, connaît ses heures de gloire depuis deux ans avec la création d'AlphaGo. Cet algorithme a réussi à battre deux des meilleurs joueurs de go, un jeu très intuitif qu'on disait impossible à maîtriser pour un ordinateur.

«Pendant longtemps, l'apprentissage par renforcement ne marchait pas assez bien, mais nous sommes maintenant rendus au point où ça commence, estime Mme Precup. C'est une façon de faire de l'apprentissage qui est très naturelle : si tu as un chien ou un chat, ou même un bébé, que tu veux leur apprendre des choses, c'est du renforcement.»

Comprendre l'intelligence

Trois éléments se sont conjugués pour rendre ces avancées possibles : la capacité de calcul accrue des ordinateurs, la conception d'algorithmes adaptés et la disponibilité de masses de données, provenant notamment de géants comme Facebook et Google.

Mme Precup gardera un pied dans l'enseignement à McGill, qui occupera la moitié de son temps, tout en poursuivant ses recherches en intelligence artificielle. Lui a-t-on déjà un mandat, un objectif aussi concret que de concevoir par exemple le prochain AlphaGo ?

«Il n'y a pas qu'un seul domaine. Je vais être dans la recherche pure, et je crois qu'il y a beaucoup de domaines où on peut appliquer nos résultats. L'objectif de DeepMind est de comprendre l'intelligence et de l'utiliser dans la société, ce qui est en ligne avec mon propre objectif.»

La directrice sera secondée par Shible Mourad, qui sera responsable des équipes d'ingénierie et de gestion de programmes à Montréal et Edmonton. DeepMind prévoit en outre financer la recherche montréalaise en IA et commanditer des étudiants en doctorat.




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