Recrutement: le patron de Stingray dénonce le crédit d'impôt pour le multimédia

Eric Boyko a profité de l'annonce de la... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Eric Boyko a profité de l'annonce de la création de 400 emplois, hier, pour critiquer le les crédits d'impôt multimédias offert à des entreprises étrangères. Le maire Denis Coderre et la ministre Mélanie Joly étaient présents au siège social de Stingray pour l'occasion.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Richard Dufour

Stingray compte plus que doubler le nombre d'employés à son siège social du Vieux-Montréal, mais le recrutement d'employés est un défi de plus en plus important pour le fournisseur montréalais de services musicaux.

Le PDG Eric Boyko a lancé un cri du coeur hier en annonçant la création de 400 emplois d'ici cinq ans. « Est-ce qu'on peut arrêter de donner des crédits d'impôt multimédias à des entreprises étrangères ? »

La majorité des postes qui seront créés chez Stingray sont destinés à des ingénieurs en informatique. Or, il y a pénurie, souligne M. Boyko.

« Stingray se bat sans subvention contre des entreprises étrangères subventionnées qui font pression à la hausse sur les salaires et qui peuvent offrir plus de jours de vacances », lance Eric Boyko.

L'entrepreneur montréalais d'origine ukrainienne croit que le moment est venu pour le gouvernement du Québec de revoir sa stratégie.

«On n'a plus besoin des crédits d'impôt. C'était bon il y a 20 ans pour avoir un pôle. Mais là, le pôle est créé et il faut s'ajuster.»

Eric Boyko

Le crédit d'impôt remboursable pour la production de titres multimédias a été instauré en 1996 afin de favoriser l'émergence et le développement de l'industrie du jeu vidéo au Québec. Selon les chiffres du gouvernement, l'industrie québécoise du jeu vidéo compte sur une main-d'oeuvre d'environ 11 000 personnes réparties dans près de 140 entreprises.

MARCHÉ SATURÉ

D'après Eric Boyko, si Ubisoft décidait de quitter le Québec demain matin, les 3000 employés seraient réintégrés naturellement dans le marché en six mois. « Si on doit aider les entreprises avec des crédits d'impôt, il faudrait s'assurer de le faire pour des sièges sociaux québécois et non pour Ubisoft, de France, et Warner Brothers, de la Californie. »

Eric Boyko soutient que lorsqu'une entreprise étrangère annonce la création de 300 emplois en ouvrant un studio au Québec, il ne s'agit pas d'une création d'emplois. « L'entreprise ne crée pas 300 jobs, elle va voler 300 jobs aux compagnies québécoises. »

En plus d'ingénieurs en technologie, l'entreprise fondée par Eric Boyko il y a 10 ans, et inscrite en Bourse depuis deux ans, compte embaucher des programmeurs et des gens pour ses départements de ventes, marketing et finance.

Stingray aimerait pouvoir ajouter une centaine d'employés à son effectif actuel avant la fin de l'année.

L'entreprise, dont le chiffre d'affaires annuel dépasse aujourd'hui les 100 millions, prépare son expansion depuis plusieurs mois.

Les travaux d'agrandissement du siège social situé en bordure de l'autoroute Bonaventure, à l'angle des rues Queen et Wellington, sont presque terminés. Les nouveaux locaux doivent être prêts à accueillir des employés à la mi-juillet.

Le modèle d'affaires de Stingray repose sur les acquisitions, au nombre de quatre ou cinq par année. La direction en a déjà annoncé quatre jusqu'ici en 2017. La direction pense que le chiffre d'affaires annuel pourrait doubler à près de 250 millions d'ici cinq ans et que 75 % des revenus devraient provenir de l'extérieur du pays d'ici trois ans.

Stingray rejoint aujourd'hui environ 400 millions d'abonnés à la télé payante dans 156 pays.




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