Intelligence artificielle: Microsoft et Intel investissent à Montréal

Jean-François Gagné, PDG et cofondateur d'Element AI, lors... (Photo André Pichette, La Presse)

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Jean-François Gagné, PDG et cofondateur d'Element AI, lors de son allocution à la Conférence de Montréal.

Photo André Pichette, La Presse

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Mélange unique de collaboration universitaire et de commercialisation de l'intelligence artificielle, l'entreprise montréalaise Element AI annoncera ce matin un financement de 137,5 millions, provenant notamment de géants de la technologie comme Microsoft, Intel et NVIDIA. Cinq questions pour comprendre cette annonce record.

Yoshua Bengio, confondateur d'Element AI, Jean-Sébastien Cournoyer, cofondateur... (Photo Olivier Jean, La Presse) - image 1.0

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Yoshua Bengio, confondateur d'Element AI, Jean-Sébastien Cournoyer, cofondateur et partenaire chez Real Ventures, et Jean-François Gagné, PDG et confondateur d'Element AI

Photo Olivier Jean, La Presse

Qu'est-ce qu'Element AI ?

Ce modèle d'entreprise, qui se qualifie de « plateforme », est plutôt particulier et a peu d'équivalents. L'entreprise a vu le jour en octobre 2016 au sein de la maison Notman, un incubateur où sont nées une centaine de jeunes pousses comme Crew et Flatbook, ainsi que l'accélérateur Founder Fuel. Officiellement, son mandat est de « résoudre des problèmes complexes au sein d'organisations mondiales en implantant l'intelligence artificielle », notamment grâce aux recherches menées par Yoshua Bengio, une sommité en apprentissage profond qui a cofondé l'entreprise. Elle compte 105 employés dans ses bureaux montréalais.

Mais concrètement, qu'y fait-on ?

Voici comment Jean-François Gagné, PDG et cofondateur d'Element AI, explique la raison d'être de l'entreprise : « C'est un des exemples des partenariats qu'on a signés au Japon. Il s'agit d'une compagnie publique qui fabrique les équipements, le monitoring de la production de semi-conducteurs. Nous développons la partie intelligente pour être capable de faire les analyses de qualité, pour détecter les erreurs et anomalies, faire la maintenance préventive, mieux planifier les ajustements. » Ces mandats sont menés à bien en collaboration avec une vingtaine de chercheurs universitaires qui sont impliqués dans toutes les phases du projet. Element AI, depuis sa fondation, a ainsi rempli une dizaine de mandats et une autre dizaine sont en cours.

D'où viennent les 137,5 millions que l'entreprise a levés ?

C'est un fonds de capital de risque, Data Collective, qui a lancé l'opération et qui a obtenu la participation de la Banque de développement du Canada, de Fidelity Investments Canada, d'Hanwha Investment, d'Intel Capital, de Microsoft Ventures, de la Banque Nationale du Canada, de NVIDIA et de Real Ventures. Il s'agirait, selon les responsables d'Element AI, du financement de série A le plus important pour une jeune pousse spécialisée en intelligence artificielle. Cette somme permet à l'entreprise montréalaise de se positionner comme la leader de ce secteur au Canada.

Comment expliquer l'intérêt soulevé par cette jeune entreprise ?

Il ne fait d'abord aucun doute que l'intelligence artificielle, et en particulier l'apprentissage profond dans lequel Montréal brille, fait saliver nombre d'investisseurs. Devant la masse astronomique de données générées par les milliards d'appareils connectés, il n'est plus possible de demander à des opérateurs humains d'effectuer l'analyse, et c'est cette tâche que des ordinateurs peuvent de mieux en mieux apprendre. Fait qui peut sembler étonnant, ce domaine bénéficie d'une collaboration « très active, très ouverte » entre les scientifiques, qu'ils soient universitaires ou engagés par les grandes entreprises, note M. Gagné. Une des forces d'Element AI, explique-t-il, est justement de miser sur cette collaboration.

Que compte faire Element AI avec tout cet argent ?

À court terme, ouvrir un bureau à Toronto, l'autre grand centre canadien en intelligence artificielle avec Edmonton, et y embaucher près d'une centaine de personnes. « On veut exporter le modèle de l'écosystème montréalais qu'on a contribué à bâtir et qui est un succès, dit M. Gagné. On veut en faire un deuxième à Toronto et on veut être capables d'ouvrir ces écosystèmes un peu partout à travers le monde. » Une autre centaine d'employés devraient se joindre au siège social à Montréal. Enfin, une cinquantaine d'embauches sont prévues pour les trois bureaux que l'on compte ouvrir en Asie, plus précisément au Japon, en Corée du Sud et à Singapour.

Ça, c'est pour la coquille. Element AI veut en outre agrandir son champ d'expertise et toucher notamment à la cybersécurité, à la technologie financière et à la robotique.




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