Intelligence artificielle: Google mise 4,5 millions sur Montréal

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Des 4,5 millions qu'investira Google à Montréal, le tiers de la somme ira à l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal que dirige Yoshua Bengio.

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Montréal aura deux nouvelles raisons ce matin de se considérer comme un leader mondial de l'intelligence artificielle. Google annoncera en effet une subvention de 4,5 millions à la recherche universitaire et la mise sur pied d'une division spécialisée en apprentissage profond.

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Yoshua Bengio, professeur à l'Université de Montréal et directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

Cette branche très prometteuse de l'intelligence artificielle, qui est notamment derrière les assistants vocaux, la traduction automatique et les voitures autonomes, « a connu une percée ces dernières années en partie grâce à nos travaux fondateurs », précise Yoshua Bengio, professeur à l'Université de Montréal et directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montréal (MILA).

« L'apprentissage profond est en train de révolutionner plusieurs domaines, explique-t-il. Ç'a commencé avec la reconnaissance de la parole, puis la vision informatique et maintenant tout ce qui touche le langage. Ça, c'est quelque chose qui évidemment intéresse beaucoup des entreprises comme Google. »

La subvention de 1,5 million de Google pendant trois ans sera versée à cet institut et financera les travaux de huit chercheurs, dont M. Bengio, reconnu comme un des trois plus grands experts mondiaux dans ce domaine.

LIBERTÉ DE RECHERCHE

Quel est l'intérêt du géant des moteurs de recherche à investir précisément à Montréal ? « Il s'agit probablement d'une des meilleures villes au monde, du point de vue académique, dans le domaine de l'apprentissage profond, répond Shibl Mourad, directeur du bureau de Montréal de Google. On voulait aider ces chercheurs-là à fouiller les questions fondamentales. Ce sont elles qui, dans le futur, vont nous emmener à une nouvelle vague d'applications qui vont aider les usagers. »

Montréal, rappelle le professeur Bengio, offre la plus grande concentration de chercheurs et d'étudiants en apprentissage profond du monde. On compte une centaine de chercheurs associés à l'Université de Montréal et une cinquantaine à l'Université McGill. « C'est un peu pour ça que Google s'intéresse beaucoup à Montréal. Il y a vraiment une visibilité internationale qui devient de plus en plus importante. »

Les chercheurs dont on financera les travaux - quatre de l'Université de Montréal, deux de McGill, un de Polytechnique et un de HEC - « auront beaucoup de liberté », estime M. Bengio. Une assurance réitérée par le directeur de Google Montréal, qui explique que « ce sont les chercheurs qui vont décider dans 95 % des cas ».

« Ça va être un dialogue entre nous et les chercheurs. On leur fait beaucoup confiance pour décider ce qui est intéressant dans leur domaine. Notre objectif dans cette subvention en particulier, c'est d'aider la recherche fondamentale. Il n'y a pas d'objectif pratique précis. » - Shibl Mourad, directeur du bureau de Montréal de Google

UNE RECRUE DE CHOIX

Google annoncera également ce matin la mise sur pied d'un centre de recherche sur l'apprentissage profond, qui sera dirigé par un ancien responsable de Twitter, Hugo Larochelle. 

« C'est une vedette de l'apprentissage profond, un de mes anciens étudiants dont je suis très fier, précise Yoshua Bengio. Comme beaucoup de chercheurs de sa génération, il a été aspiré par la demande des compagnies américaines qui mettent beaucoup d'argent sur la table. C'est difficile de résister... »

Ce « retour des cerveaux » vers Montréal, « après plusieurs années d'exode », montre que le statut de la métropole québécoise dans ce domaine de recherche est de plus en plus attirant, estime-t-il. « Quelqu'un qui revient, il faut célébrer ça ! »

Chez Google, on ne veut pas préciser la taille de cette nouvelle division, sinon qu'elle sera plutôt modeste à ses débuts. « Ça va être plutôt un centre de recherche pour Google où on va concentrer notre collaboration avec les universités ici, indique M. Mourad. Hugo va être la personne qui va démarrer ce groupe-là. C'est une première étape. On va voir les premiers succès et on va grandir avec le temps. »

Le directeur de Google Montréal précise cependant que le mandat de M. Larochelle est bel et bien axé sur la recherche, et non sur la simple coordination avec les universités. « Hugo n'est pas un administrateur, c'est un chercheur. »

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