Élections américaines: le secteur des technologies propres encaisse le coup

Beaucoup d'entreprises internationales du secteur des énergies propres... (Photo Luke Sharrett, Archives The New York Times)

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Beaucoup d'entreprises internationales du secteur des énergies propres ont vu leur action piquer du nez hier après la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle.

Photo Luke Sharrett, Archives The New York Times

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Hélène Baril

Il ne croit pas aux changements climatiques et il hait les éoliennes qui, a-t-il dit, défigurent les campagnes et tuent les oiseaux. L'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis porte un dur coup à l'industrie des technologies propres, pour qui le marché américain est un eldorado.

LES ACTIONS PIQUENT DU NEZ

Les marchés n'ont pas perdu de temps avant de manifester leur inquiétude au sujet des entreprises du secteur des technologies propres. Vestas, le géant danois de l'éolien, a vu son action piquer du nez à la Bourse de Copenhague dès que les résultats de l'élection américaine ont été connus. Le titre de l'entreprise, dont 40 % des revenus proviennent des États-Unis, a chuté de 14 % avant de se relever un peu en cours de séance (à - 8 %). Au Québec, les actions de producteurs d'énergie renouvelable ont aussi écopé. Le titre de Boralex a perdu presque 5 % et celui d'Innergex a baissé de plus de 3 %.

FIN DES SUBVENTIONS FÉDÉRALES

Le nouveau président aura beaucoup de chats à fouetter et l'aide accordée par le gouvernement fédéral au développement des énergies renouvelables ne sera probablement pas sa priorité. « Dans le meilleur des mondes, il ne se passera peut-être rien, estime Jean-Thomas Bernard, spécialiste en matière d'énergie et professeur à l'Université d'Ottawa. Néanmoins, M. Bernard s'attend à l'élimination de la subvention fédérale de 1 cent le kilowattheure accordée pour la production d'électricité renouvelable, connue sous le nom de Production Tax Credit (PTC), et à la disparition de l'aide fédérale à la recherche en matière d'énergie verte.

DÉGÂTS LIMITÉS, EXPANSION BLOQUÉE

Pour Boralex et Innergex, les deux producteurs québécois d'énergie renouvelable, l'élimination des subventions fédérales à la production d'électricité verte ne serait pas un drame. « En cette matière, les États ont une grande autonomie », note Michel Letellier, président et chef de la direction d'Innergex. Il croit donc que les programmes mis en place par les États, notamment en Californie et dans le Nord-Est, sont là pour rester. Le coût des énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien a baissé et est devenu concurrentiel avec celui des énergies conventionnelles, souligne Patrick Lemaire, PDG de Boralex. « La part des subventions a baissé et continue de baisser », dit-il.

L'expansion des deux entreprises, qui misent sur le marché américain pour alimenter leur croissance, pourrait toutefois être ralentie par l'absence d'effort du prochain gouvernement pour favoriser la transition énergétique. « Le marché américain est un des marchés les plus actifs au monde [dans le développement des énergies renouvelables] et il va ralentir, estime Michel Letellier. Ce n'est pas une bonne nouvelle, mais on ne se décourage pas. On continue de regarder des projets aux États-Unis. »

DU SURPLACE

Si l'éolien et le solaire peuvent se passer de subventions, d'autres technologies moins matures ont encore besoin d'aide publique et de capital de risque pour se développer, reconnaît Denis Leclerc, président et chef de la direction d'EcoTech, la grappe des technologies propres du Québec. « Les investisseurs en capital de risque aiment avoir une idée précise du marché des entreprises dans lesquelles ils investissent, dit-il. Il faut être conscient qu'il y aura une période où on n'investira pas ». Il faudra aussi voir comment les engagements pris en campagne électorale se traduiront dans la réalité, selon Denis Leclerc, qui reste convaincu que le virage énergétique en cours est irréversible.

PLUS POUR TRANSCANADA, MOINS POUR HYDRO-QUÉBEC

Le prochain gouvernement américain pourrait faire ressusciter Keystone XL, le projet de pipeline pour acheminer plus de pétrole de l'Alberta sur le marché américain. Si c'est le cas, « on n'aura pas besoin d'Énergie-Est », l'autre projet de pipeline de TransCanada, avance le professeur Jean-Thomas Bernard. Par ailleurs, les ambitions d'exportation d'Hydro-Québec pourraient être contrecarrées. L'absence d'encouragement à la transition énergétique exercera une pression à la baisse sur le prix de l'électricité aux États-Unis, et la construction de nouvelles interconnexions comme Northern Pass, sur lesquelles compte Hydro, pourrait être encore plus problématique.

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