Musique: encore mieux au Canada, mais pas au Québec

On ne connaît pas encore le chiffre précis, mais déjà une chose est certaine:... (Graphisme Jean-Marc Charron-Aubin, La Presse)

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Graphisme Jean-Marc Charron-Aubin, La Presse

(Montréal) On ne connaît pas encore le chiffre précis, mais déjà une chose est certaine: les revenus de l'industrie du disque ont aussi augmenté au Canada en 2012. Même un peu plus qu'à l'échelle mondiale.

Il faudra attendre au 8 avril pour que Musique Canada, le bras local de l'IFPI, précise les données canadiennes. Mais déjà, son président, Graham Henderson, parle d'une amélioration qui devrait atteindre 2%. Et il s'en réjouit.

«Après toutes ces années de déclin, il y a eu beaucoup de faux espoirs et certains voudraient que l'on soit prudents avant de se réjouir. Mais si vous voulez mon avis, la moindre hausse, aussi petite soit-elle, devrait être célébrée jusqu'à l'émeute. On réalise que ça pourrait recommencer à redescendre, mais je vais regarder le verre à moitié plein et dire qu'on a frappé le fond.»

Bien qu'il n'existe pas de données comparables spécifiques au Québec, la présidente de l'ADISQ, Solange Drouin, estime que le plancher n'y a pas encore été atteint.

«Au Québec, la part des revenus numériques est encore loin de ce que l'on voit au Canada où ailleurs dans le monde. Les marchés qui sont en train d'atteindre l'équilibre sont ceux où la part du numérique est beaucoup plus élevée qu'ici.»

Selon l'Observatoire de la culture et des communications du gouvernement du Québec, les ventes par l'internet d'albums et de pistes, calculées en unités plutôt qu'en dollars, ont respectivement progressé de 31% et 21% en 2012.

Le retard semble donc se combler, puisqu'à l'échelle mondiale, les revenus numériques ont augmenté de 10%.

Cela dit, la progression des ventes numériques n'est pas sans susciter quelques inquiétudes au Canada, surtout parce que les décisions se prennent de plus en plus à l'extérieur du pays.

«Nos points de vente au détail ne sont maintenant plus canadiens, constate M. Henderson. Ils sont américains, français (Deezer) ou suédois (Spotify), même s'il y a des exceptions comme Stingray Digital et Zik. À l'époque, il y avait de grandes chaînes de magasins canadiennes. On pouvait aller voir le propriétaire, lui présenter notre disque et obtenir de la visibilité dans ses magasins.»

Apple (iTunes) et d'autres services emploient bien quelques spécialistes canadiens, mais leur nombre reste très limité par rapport aux milliers d'employés des anciennes chaînes de détaillants, qui représentaient autant de points d'entrée pour la musique canadienne, fait valoir M. Henderson.

Abonnements peu payants

L'autre inquiétude, c'est que les services d'abonnement rapportent pour l'instant très peu. «Des centaines de milliers d'écoutes peuvent, littéralement, ne rapporter que quelques sous aux auteurs», grogne M. Henderson.

«Les revenus générés pour chaque écoute, ce sont des microcennes qu'on ajoute pour faire des cennes et peut-être des piastres», ajoute Mme Drouin.

«Le modèle d'iTunes, qui garde 30% des revenus, est juste et soutenable, juge M. Henderson. Celui des services d'abonnement ne l'est pas, en tout cas pour l'instant. Ça pourrait être seulement un problème d'échelle. Peut-être que cela deviendra mieux quand il y aura plus d'abonnés et plus d'annonceurs.»

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