Effets spéciaux: Framestore créera 200 emplois à Montréal

Framestore a notamment travaillé sur les films d'Harry... (Media Films)

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Framestore a notamment travaillé sur les films d'Harry Potter et les derniers films de Batman. On lui doit aussi l'ouverture du récent James Bond, Skyfall (notre photo).

(Londres) Un des grands acteurs mondiaux des effets spéciaux, Framestore, s'installe dans le Mile End. La société londonienne, qui prévoit créer 200 emplois d'ici la fin de l'année à Montréal, deviendra ainsi la plus importante entreprise d'effets spéciaux du Québec.

«Les films au box-office utilisent presque tous des effets spéciaux. Cela compte parfois pour la moitié de leur budget. Le secteur devient très important», dit Sir William Sargent, PDG et fondateur de Framestore, qui a annoncé officiellement l'ouverture de son studio montréalais hier dans ses bureaux de Londres en compagnie de la première ministre du Québec, Pauline Marois.

Framestore a déjà cinq bureaux dans le monde, notamment à New York et à Los Angeles, mais celui de Montréal sera son plus important bureau en Amérique du Nord. Framestore a notamment travaillé sur les films d'Harry Potter et les derniers films de Batman. On lui doit aussi l'ouverture du dernier James Bond, Skyfall. Les premiers contrats du bureau de Montréal seront All You Need is Kill dans lequel jouera Tom Cruise, ainsi que le prochain RoboCop.

Investissement Québec, qui travaillait sur ce dossier depuis deux ans, offrira un prêt sans intérêt remboursable de 900 000$ à Framestore, soit une économie en intérêts de 35 000$ par année pendant cinq ans, a souligné Mme Marois. «C'est un coût modeste pour nous, mais pour l'entreprise, c'est le coup de pouce qui fait la différence», a-t-elle avancé.

Comme toutes les autres boîtes d'effets spéciaux au Québec, Framestore bénéficiera aussi du crédit d'impôt québécois de 45% sur la valeur des contrats d'effets spéciaux réalisés au Québec. Framestore n'empochera pas directement ce crédit d'impôt, plutôt réservé aux producteurs de films faisant affaire avec des boîtes québécoises d'effets spéciaux. Ce crédit d'impôt permet ainsi de réduire le coût réel des effets spéciaux pour les producteurs hollywoodiens. «C'est important pour nos clients», dit Sir Sargent. Des États américains offrent des mesures d'encouragement fiscales similaires. «Mais rien ne se passe chez eux», observe Benoît Touchette, directeur général de Framestore Montréal. Selon lui, c'est aussi l'abondance de jeunes talents et la culture montréalaise qui ont attiré Framestore.

Pénurie de main-d'oeuvre en vue?

Selon le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), l'arrivée de Framestore est bénéfique. «Framestore, c'est LA grosse boîte d'effets spéciaux en Europe, dit Hans Fraikin, directeur général du BCTQ. Elle va amener de nouveaux contrats à cause de son influence auprès des studios à Hollywood. C'est de la création de richesse.»

L'entreprise québécoise Digital Dimension accueille favorablement l'arrivée de son nouveau concurrent. «Framestore a la réputation d'avoir une culture de partage des projets, dit Peter Skovsbo, producteur en effets spéciaux chez Digital Dimension. Ils ont créé un esprit de fraternité à Londres. En collaborant avec d'autres boîtes, ils pourraient permettre à Montréal d'aller chercher des projets auxquels Montréal n'a pas accès actuellement.  À court terme, il faut toutefois espérer que ça ne soit pas trop rock & roll avec le recrutement d'employés.»

Toute l'industrie québécoise des effets spéciaux n'est toutefois pas entichée à l'idée de voir Framestore arriver en ville, surtout avec un prêt d'Investissement Québec. «Ça confirme que Montréal est un bon endroit pour faire des effets spéciaux, mais nous sommes extrêmement surpris que le gouvernement ait eu besoin de soutenir une entreprise qui travaille dans une industrie déjà subventionnée [par des crédits d'impôt]. Le gouvernement le fait au détriment des entreprises existantes», dit Michel Murdock, vice-président exécutif d'Hybride, une entreprise d'effets spéciaux de Piedmont qui est une filiale du géant français de jeu vidéo Ubisoft depuis 2008.

Hybride fait valoir que Framestore dénichera probablement la plupart de ses 200 employés chez les boîtes déjà établies dans la région de Montréal. Les cinq boîtes les plus importantes (Hybride, Rodeo FX, Mokko, Modus FX, Digital Dimension et Vision Globale) ont chacune entre 80 et 130 employés pour des effets spéciaux, selon le BCTQ. «Il y a déjà une pénurie de main-d'oeuvre et ils ne seront pas capables de faire venir 200 employés de l'extérieur du Québec. Nous vivrons ce qu'Ubisoft a vécu au cours des dernières années en jeu vidéo», dit Michel Murdock, vice-président exécutif d'Hybride (Avatar, The Hunger Games), qui compte actuellement une centaine d'employés, mais qui cherche à en embaucher une vingtaine.

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FRAMESTORE

Fondée en 1986 à Londres

- Chiffre d'affaires: 96 millions de dollars (CAN)

- 200 emplois créés en 2013 à Montréal

- 700 employés et 6 bureaux dans le monde, dont à Londres, New York et Los Angeles

- Gagné 2 Oscars, 13 Emmy et 3 BAFTA (British Academy of Film and Television)

- Réalisé les effets spéciaux de The Dark Knight (Batman), plusieurs Harry Potter, Skyfall de James Bond et les publicités de Coca-Cola avec l'ours polaire au Super Bowl

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