Un autre trimestre critique pour RIM

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Selon Richard Tse, de Cormark Securities, l'ancien fleuron canadien aura besoin de 2 milliards pour poursuivre le développement, lancer et promouvoir les BB 10 dans le monde au début de l'année prochaine.

«Qui a dit que ce trimestre ne compte pas?», demande Kris Thompson, analyste à la Financière Banque Nationale. Si les consommateurs sont plus intéressés par la sortie du téléphone intelligent BlackBerry 10 dans les prochains mois, les investisseurs attendent beaucoup de Research in Motion (RIM) ce trimestre même.

L'entreprise-vedette de Waterloo, en Ontario, doit lever le voile sur ses résultats du troisième trimestre, après la fermeture des marchés, cet après-midi. RIM a déjà prévenu que le trimestre sera déficitaire alors qu'elle prépare la transition vers la prochaine génération du BlackBerry tout en poursuivant un sévère plan de réduction de coûts impliquant 5000 pertes d'emplois. Les analystes s'attendent ainsi à des pertes nettes ajustées de 189 millions de dollars, soit l'équivalent de 35 cents par action, sur des recettes de 2,7 milliards, moitié moins qu'il y a un an. Le consensus est très pessimiste, croit le confrère Shaw Wu, de Sterne Agee.

Les experts financiers demandent surtout à voir l'état de la trésorerie. Au dernier relevé, RIM avait encore 2,3 milliards en caisse. Selon Richard Tse, de Cormark Securities, l'ancien fleuron canadien aura besoin de 2 milliards pour poursuivre le développement, lancer et promouvoir les BB 10 dans le monde au début de l'année prochaine.

Le second élément en importance pour la communauté financière est la base d'abonnés intéressés à mettre à jour leur appareil. Au premier septembre, RIM pouvait encore compter sur 80 millions d'usagers sur la planète, 2% de plus qu'au premier trimestre. Les nouveaux venus provenaient par ailleurs de marchés émergents où les téléphones sont peu coûteux et rapportent moins.

M. Thomson entrevoit trois scénarios possibles: 1- la trésorerie est inchangée, le nombre d'usagers augmente et le titre poursuit sa progression; 2- les liquidités brûlent plus vite que prévu, les consommateurs quittent le navire et le titre plonge; 3- la trésorerie est inchangée, la base d'abonnés s'effrite et le titre est à plat.

Les investisseurs ont soulevé le titre ces dernières séances, jusqu'à 13,49$ hier, après l'avoir laissé choir jusqu'à 6,10$, son plus bas niveau en 10 ans, il y a moins de trois mois. Il demeure cependant bien loin de son sommet de 150$ d'il y a quatre ans seulement.

À la veille de la publication des résultats du dernier trimestre, 16 analystes recommandent toujours de vendre le titre, 25 conseillent de le conserver et 6 sont acheteurs. L'analyste de la FBN estime pour sa part que le moment est propice à la prise de profits. «Les actionnaires recherchent des raisons de vendre ce titre après un tel ralliement», affirme-t-il annonçant d'autres occasions d'y investir à moindre prix. Fait à noter, les vendeurs à découvert n'ont jamais été si nombreux à parier sur le recul du titre.

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