L'action d'Apple subit sa plus forte baisse en quatre ans

L'action du géant américain Apple a enregistré mercredi son plus fort recul en... (PHOTO KIMIHORO HOSHINO, AFP)

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Prune PERROMAT
Agence France-Presse
New York

L'action du géant américain Apple a enregistré mercredi son plus fort recul en clôture depuis fin 2008 à Wall Street, les courtiers américains perdant leur enthousiasme pour ce titre phare du Nasdaq.

L'action a chuté de 6,43% à 538,79 dollars à la Bourse de New York, entraînant dans son sillage l'indice Nasdaq des valeurs technologiques qui a lâché 0,77% dans un marché autrement en hausse.

Il s'agit de la pire performance du fabricant de l'iPhone et de l'iPad depuis le 17 décembre 2008, lorsqu'il s'était incliné de 6,57%, a rappelé Michael Gayed, de Pension Partners.

En termes de capitalisation boursière, Apple, qui avait clôturé mardi à 575,84 dollars, a donc perdu plus de 35 milliards de dollars sur la seule séance de mercredi.

Cette perte d'appétit était liée, selon les analystes, à un ensemble de facteurs qui rendait moins attractif l'un des titres de Wall Street les plus en vogue jusqu'à septembre dernier.

«Le titre d'Apple évolue en fonction de l'humeur des courtiers» en l'absence de la sortie de nouveaux produits ou de publications sur la performance du groupe à la pomme, a souligné Michael James, de Wedbush Securities.

Or, «le très fort optimisme sur ce titre s'est évanoui au cours des deux derniers mois», a-t-il relevé.

Les courtiers s'inquiétaient notamment, selon lui, d'un rapport du cabinet de recherche IDC publié mercredi, qui fait état d'une baisse des parts de marché de l'iPad d'Apple dans le secteur des tablettes, au profit d'autres appareils utilisant le système d'exploitation Android de Google.

IDC estime que la part de marché de l'iPad d'Apple devrait tomber de 56,3% en 2011 à 53,8% cette année, et à 49,7% en 2016.

Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research, évoque pour sa part, des rumeurs faisant état «du déménagement de sites de production» pour les ordinateurs de bureau iMac de la Chine vers les États-Unis, qui soulevaient des craintes sur la qualité du produit et les marges générées par Apple.

«La qualité des produits Apple est phénoménale et l'on ne peut changer du jour au lendemain de site de production sans que cela affecte la qualité du produit et les coûts structurels», a-t-il estimé.

Une annonce de la société américaine de services de compensation COR a aussi pu jouer sur le titre, a estimé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.

Cette entreprise a requis une hausse de sa prime de risque sur le titre Apple et les courtiers «se demandent pourquoi maintenant», selon M. Blicksilver.

Par ailleurs un document de l'autorité boursière américaine daté de mardi indique que le responsables des services et logiciels pour internet d'Apple, Eddy Cue, a cédé pour quelque 8,76 millions de dollars de titres du groupe fin novembre.

La baisse du titre était enfin accentuée par des prises de bénéfices, selon Jody Giraldo, de EquityStation. «L'action avait très bien marché cette année et les courtiers tentent d'engranger le plus de bénéfices possibles» avant la fin de l'année, a-t-il précisé.

Le 19 septembre, avant le lancement de l'iPhone 5, l'action d'Apple valait encore 702,10 dollars, son record en clôture à ce jour. Certains prédisaient alors une envolée jusqu'à 850 dollars. A la place, le titre a perdu plus de 23% de sa valeur et près de 150 milliards de dollars de capitalisation boursière ont disparu.

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