Ordis dans les écoles: Apple veut sa part de la tarte

La filiale canadienne d'géant Apple amplifie ses efforts pour accroître sa part... (Photo: Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) La filiale canadienne du géant Apple (AAPL) amplifie ses efforts pour accroître sa part de l'important marché des micro-ordinateurs qui sont utilisés dans les écoles primaires et secondaires au Québec.

Apple Canada vient d'engager un lobbyiste pour que le ministère de l'Éducation change ses règles afin que les ordinateurs portables Mac deviennent admissibles aux subventions d'achat offertes aux commissions scolaires et aux écoles privées.

Ce lobbyiste embauché par Apple est Martin-Pierre Pelletier, de la firme Prospectus Associates d'Ottawa. Il a pour mandat de proposer des modifications afin de rendre les ordinateurs Mac admissibles aux millions de dollars rattachés à la «mesure École 2.0» établie par le Ministère.

Les ordinateurs Apple ne sont actuellement pas offerts dans le cadre du regroupement d'achats du Centre de services partagés du Québec (CSPQ).

«Au printemps 2012, un appel d'offres a été publié, écrit Jean Auclair, conseiller en communication au Secrétariat du Conseil du trésor. Des discussions ont eu lieu entre le CSPQ et Apple afin d'ouvrir l'accès aux appareils de ce dernier. Ces discussions n'ayant pas porté des fruits, elles seront reprises d'ici peu en vue du renouvellement du prochain regroupement d'achats.» Les fournisseurs qualifiés cette année sont Lenovo, Dell, HP et Hypertechnologie.

La classe branchée

Les écoles et commissions scolaires doivent obligatoirement passer par le CSPQ pour leurs achats d'ordinateurs portables si celles-ci veulent faire financer leurs achats par l'enveloppe budgétaire de 240 millions de dollars en cinq ans rattachée à la mesure dite de «L'École 2.0: la classe branchée».

La classe branchée est un projet du gouvernement de Jean Charest qui consiste à doter toutes les classes du Québec d'un tableau blanc interactif et d'un ordinateur portable par enseignement. La mesure prévoit une allocation de 1000$ par portable et de 3000$ par tableau blanc, incluant le projecteur.

«Apple n'est pas très négociable sur les prix, soutient Danielle Lavoie, conseillère en communication du Centre collégial de services regroupés (CCSR), un deuxième regroupement d'achats destiné à la clientèle scolaire. Apple généralement ne dépose pas de soumission dans le cadre de nos appels d'offres.» Le volume d'achat d'ordinateurs au CCSR a atteint 25 millions en 2011-2012.

Or, le but d'un regroupement d'achats est d'offrir le produit a meilleur prix qu'ailleurs. En l'absence d'écart, l'école ou la commission scolaire a peu d'intérêt à passer sa commande auprès du regroupement d'achats, à moins évidemment que le recours au regroupement d'achats ne soit imposé par le gouvernement, comme c'est le cas avec la mesure de l'École 2.0.

Tarif institutionnel

Pour le moment, les écoles qui s'équipent malgré tout d'iPad ou de Mac le font en les achetant directement d'Apple qui propose dans ces cas un tarif institutionnel. Par exemple, le collège privé Charles-Lemoyne, sur la Rive-Sud, a obtenu un rabais de 20$ l'unité pour l'achat de 140 iPad cet automne, soit un prix unitaire de 599$ au lieu de 619$, dit Alain Paquette, responsable des achats.

Ni M. Pelletier ni Apple Canada n'ont rappelé La Presse Affaires, hier.

Selon CNN Money, l'inventeur de l'iPod dépense 10 fois moins d'argent en lobbying que son concurrent Google aux États-Unis.

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