Les cinq as dans la manche de Mark Zuckerberg

Alain McKenna, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) À tous les égards, Facebook est un colosse. Neuf cents millions d'utilisateurs chaque mois. Des revenus qui pourraient s'élever à 4,2 milliards de dollars en 2012. Une valeur estimée à 100 milliards.

Pour assurer sa croissance et ainsi justifier l'optimisme entourant son entrée en Bourse, Mark Zuckerberg, son fondateur, devra sortir quelques as de sa manche.

Les experts consultés par La Presse en ont trouvé cinq.

Exploiter les plateformes mobiles

Facebook le dit, le site «ne génère pas vraiment de revenus significatifs sur le mobile». Ça va changer. Zuckerberg et sa bande ont acheté la jeune pousse Instagram pour 1 milliard, puis, la semaine dernière, en ont ajouté deux autres, plus discrètes: Glancee et Lightbox. Trait en commun: elles ont su créer des communautés d'utilisateurs autour de services de partage par mobile, la prochaine grande vague dans le social, selon une majorité d'observateurs.

Les nouveaux employés seront immédiatement affectés au renforcement de la stratégie mobile de Facebook. La moitié des utilisateurs passe déjà par le mobile pour accéder au site. «Ce potentiel publicitaire devient plus significatif chaque jour», estiment les chercheurs de la firme Chitika Insights, selon qui Facebook pourrait générer 2,5 milliards en publicité mobile dès l'année prochaine. Coïncidence? Depuis quelques jours, le site a timidement commencé à afficher de la publicité sur sa version mobile...

Monnaie virtuelle et paiement mobile

Facebook a clairement manifesté son intention de dominer le créneau naissant des biens virtuels et du paiement mobile. «Selon nos sources, les revenus mondiaux provenant de la vente de biens virtuels sont passés de 2 milliards en 2007 à 7 milliards en 2010, et devraient monter à 15 milliards en 2014.

Les jeux sur Facebook passent obligatoirement par notre service de paiement, mais nous prévoyons l'élargir à toutes les applications à l'avenir», indique le feuillet financier remis à la Securities and Exchange Commission américaine, le mois dernier.

Prochaine étape? Créer un outil unique de paiement pour des biens réels, sur le web et sur mobile. En février, Facebook a annoncé des partenariats avec la plupart des grands fournisseurs de services sans fil dans le monde allant en ce sens. «Si ça se concrétise, Facebook deviendra instantanément une menace pour MasterCard et Visa», assure Jacob Jegher, analyste chez Celent.

Attaquer Google de front

Google" est né du besoin pour Google de mieux comprendre comment fonctionnent les réseaux sociaux. C'est que même s'ils comptent pour plus du tiers de tout le trafic sur l'internet, Facebook et Twitter sont imperméables à ses outils de recherche. Ce qui est une tare pour Google est une occasion unique pour Facebook: s'attaquer de front à la vache à lait de Google en lançant son propre moteur de recherche, publicité à la clé.

Un tel moteur joindrait la recherche quantitative des moteurs actuels aux recommandations des réseaux de contacts, une combinaison que Google et Bing, le moteur de Microsoft, tentent désespérément de concrétiser ces jours-ci.

«Facebook partirait avec un avantage dès le départ, compte tenu de tout le contenu que son propre site génère. Avec la publicité, ça deviendrait rapidement une composante majeure de l'entreprise», croit Sébastien Provencher, expert montréalais des médias sociaux.

Couper court à la concurrence locale et internationale

Par «internationale», on entend la concurrence chinoise, où les «clones» de Facebook foisonnent. Renren, Sina Weibo et autres comptent au total 500 millions d'utilisateurs actifs, principalement chinois et absents de Facebook.

Ajoutez Google" (100 millions d'utilisateurs actifs), Twitter (140 millions) et, surtout, LinkedIn (161 millions) et vous avez une idée du marché auquel Facebook fait face.

Histoire d'assurer la fidélité de ses 900 millions d'utilisateurs, Facebook pourrait procéder à de nouvelles acquisitions. Le service de géolocalisation Foursquare en est un qui revient souvent dans les conversations. «Si c'est une cible convoitée, ce sera aussi une cible bien plus coûteuse qu'Instagram, car Foursquare ne manque pas de capital privé», prévient toutefois Sébastien Provencher.

Vers un téléphone Facebook-Windows?

Les marges sont minimes dans la vente de matériel électronique. À l'exception d'Apple, se tailler une niche dans le créneau des téléphones sans fil est un défi difficilement profitable.

De la publicité au paiement électronique, plusieurs créneaux mobiles que Facebook vise à court terme sont toutefois liés à des composants physiques des appareils. C'est pourquoi la rumeur, qui circule depuis deux ans, lie fortement Facebook au fabricant taiwanais HTC dans la création d'un téléphone aux couleurs du réseau social.

La semaine dernière, une nouvelle rumeur a fait surface dans les médias américains spécialisés: ce téléphone pourrait venir de Microsoft.

La multinationale de Redmond a acheté 1,6% des parts de Facebook en 2007 et son système mobile, Windows Phone, mise déjà beaucoup sur l'intégration des données tirées de Facebook. En prime, Microsoft n'est pas un rival direct, possède plusieurs atomes crochus avec Facebook et connaît bien l'écosystème de la mobilité informatique.

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