Une technologie verte pour la réfrigération

Luc Dugré, Guy Tourigny et  Marc-André Lesmeries, cofondateur... (Photo François Gervais, collaboration spéciale)

Agrandir

Photo François Gervais, collaboration spéciale

Luc Dugré, Guy Tourigny et  Marc-André Lesmeries, cofondateur de Carnot Refrigération.

Pour donner suite à l'adoption du protocole de Montréal en 1987, des dizaines de pays se sont engagés à réduire, puis à éliminer leur utilisation de gaz réfrigérants de synthèse. Ces produits, responsables de la dégradation de la couche d'ozone, sont pourtant indispensables aux supermarchés et arénas de la planète. Des solutions de remplacement existent désormais, et l'entreprise Carnot Réfrigération souhaite les mettre de l'avant.

Carnot, c'est l'idée de trois collègues de chez Aubin Pélissier, une entreprise spécialisée dans l'installation et l'entretien de systèmes de réfrigération.

«J'avais en tête de lancer une entreprise manufacturière plutôt que de service», explique Marc-André Lesmerises, vice-président ingénierie chez Carnot.

«On s'est rendu compte qu'il n'y avait pas d'offre de systèmes de réfrigération propres sur le marché nord-américain. Ces avancées existaient en Europe et gagnaient à voir le jour ici. On a donc fondé Carnot qui conçoit et assemble des systèmes de réfrigération propres», raconte-t-il.

L'entreprise de Trois-Rivières se démarque en utilisant des gaz réfrigérants naturels comme le gaz carbonique (CO2) ou l'ammoniac dans ses systèmes frigorifiques.

«En Amérique du Nord, les supermarchés vont voir leur système se vider une fois tous les cinq ans à cause d'une fuite. Sur une base annuelle, c'est comme s'ils perdaient 20% de leurs gaz réfrigérants», explique M. Lesmerises.

Ces fuites sont coûteuses pour l'environnement.

Les gaz généralement utilisés dans l'industrie appartiennent à la famille des hydrochlorofluorocarbures (HCFC). Ceux-ci sont 18 fois moins dommageables pour la couche d'ozone que l'ont été par le passé les chlorofluorocarbures (CFC), bannis depuis 2009. Ils demeurent toutefois sur la liste des produits qui seront éventuellement remplacés par des solutions qui n'affectent pas la couche d'ozone, comme les gaz réfrigérants naturels.

C'est d'ailleurs en remplaçant en partie ou en totalité les liquides réfrigérants de synthèse par du gaz carbonique ou de l'ammoniac que Carnot permet aux entreprises de réduire leurs émissions de gaz nocifs.

«Avec le même taux de fuites, notre système est 4000 fois moins dommageable pour l'environnement», ajoute son vice-président.

C'est par une association avec Sobeys que Carnot a été fondée en 2008. Envisageant une explosion du prix des réfrigérants de synthèse, l'entreprise en alimentation s'est engagée à renouveler progressivement les systèmes frigorifiques de ses entrepôts et de ses supermarchés.

«Au départ, on a commencé avec deux projets, et aujourd'hui, on en est à notre 18e, indique Marc-André Lesmerises. Je suis plutôt fier de ce qu'on a réalisé.»

Les premières générations de systèmes frigorifiques mis au point par Carnot ont permis à Sobeys de réduire de dix fois ses volumes de gaz de synthèse. L'entreprise de Trois-Rivières s'affaire aujourd'hui à la mise en marché de sa quatrième génération, qui repose strictement sur le CO2.

Le gaz carbonique était autrefois utilisé dans les systèmes frigorifiques, mais a laissé sa place au CFC au début des années 30. Perçu comme étant moins performant, il n'a pourtant rien à envier aux gaz de synthèse selon Marc-André Lesmerises.

«Il ne faut pas regarder strictement les performances en période de pointe, explique-t-il. Dans l'ensemble d'une année, le système de réfrigération va fonctionner à plein rendement seulement pour un faible pourcentage du temps. C'est hors des périodes de pointe que le système au CO2 se démarque.»

Des supermarchés, et des arénas

Après avoir fait sa place dans le secteur alimentaire, l'entreprise qui emploie une vingtaine de travailleurs compte maintenant s'attaquer au renouvellement des systèmes de réfrigération des centres sportifs de la province.

«Plusieurs arénas du Québec ont été construits dans les années 70, et 80% de ceux-ci utilisent du R-22, un HCFC qui doit être complètement banni d'ici 2020. Il faudra remplacer ces systèmes et envisager des options plus naturelles», explique le cofondateur de Carnot.

Son entreprise espère obtenir ses premiers contrats dans le secteur cette année, lui permettant d'entreprendre une phase d'expansion. Une situation stimulante pour cet ingénieur de formation.

«Je m'amuse à faire ça. Je n'ai pas l'impression de travailler je dois avouer. J'ai toujours aimé les jeux de société, savoir gérer les ressources et placer mes pions au bon endroit pour avoir un rendement optimal», raconte M. Lesmerises.

Fondateurs

Luc Dugré, Marc-André

Lesmerises et Guy Tourigny

Président

Luc Dugré

Le concept en 140 caractères

Carnot conçoit et assemble des systèmes frigorifiques requérants peu, ou exempts de gaz réfrigérants nocifs pour l'environnement.

Objectif d'ici un an

«Accélérer notre croissance et augmenter nos exportations à l'extérieur du Québec. » Marc-André Lesmerises

Le nom Carnot prend racine dans celui de Sadi Carnot, un physicien français du début du XIXe siècle à qui on attribue les fondements théoriques d'une loi sur les échanges thermiques En décrivant comment un gaz passant de façon réversible de l'état liquide à l'état gazeux pouvait transférer de la chaleur, Carnot a participé, sans le savoir, au développement de la réfrigération. Ses enseignements sont d'ailleurs appliqués aujourd'hui dans les réfrigérateurs de la planète.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer