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Les ambitions planétaires de la Société des arts technologiques
La SAT entend exporter ses spectacles produits dans la nouvelle salle de 674 places en forme de planétarium, qu'elle s'est offerte pour ses 15 ans, par l'entremise du réseau de 6000 planétariums dans le monde. La SAT est tellement convaincue de son plan qu'elle vient d'engager un agent new-yorkais.
«Montréal sera Hollywood en 360 degrés», dit Monique Savoie, présidente de la SAT, organisme à but non lucratif qui a comme mission de favoriser la recherche, la formation et la production des technologies numériques. La SAT fêtera ses 15 ans aujourd'hui au cours d'une réception en compagnie du ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, et du maire de Montréal, Gérald Tremblay.
Grâce à son logiciel Scenic, la SAT espère mettre en réseau différents planétariums dans le monde et ainsi diffuser à l'étranger des spectacles de la Satosphère, inaugurée le mois dernier après un an et demi de rénovations qui ont coûté au total 9,9 millions de dollars. «Les planétariums servent beaucoup à éduquer les gens à la science et à l'astronomie durant la journée, mais ils sont très peu occupés en soirée. Ils sont en perte de vitesse. Il y a un terrain de jeu qui se développe», dit Monique Savoie, qui ne veut pas concurrencer la technologie IMAX, réservée davantage au septième art. «IMAX a des outils de production lourds et dispendieux ainsi qu'un format distinct, alors que nous n'imposons pas de format aux créateurs», dit-elle.
Avant la possibilité de jouer dans des planétariums à l'autre bout du monde, c'est la qualité du son et du visuel de la Satosphère qui captive d'abord les artistes. Lors du passage de La Presse Affaires cette semaine, le groupe de musique québécois Misteur Vallaire faisait connaissance avec son nouvel environnement en prévision d'un spectacle à la SAT en avril. «L'intérêt pour nous, c'est d'expérimenter», dit Jonathan Drouin - nom de scène: DRouin -, l'un des membres du groupe.
À la SAT, Misteur Vallaire ne côtoie pas que des artistes - ils sont actuellement une vingtaine en résidence. Des studios de jeu vidéo comme Ubisoft ainsi que des firmes d'architectes et d'ingénieurs sont intrigués par cette salle de spectacle pouvant se transformer en une salle de visualisation ou un simulateur à 360 degrés. Tant mieux, car la SAT ne cache pas son ambition de réunir sous un même toit le milieu artistique et l'industrie des technos. «Les applications qu'on développe dans le champ artistique peuvent servir dans d'autres industries, dit sa présidente, Monique Savoie. Il y a 120 000 emplois en technologies de l'information à Montréal et la SAT est située à 5 kilomètres de 70% d'entre eux.»
Inaugurée en juin 1996, la SAT a déménagé en 2002 de la rue Sainte-Catherine à son emplacement actuel boulevard Saint-Laurent, dans le Quartier des spectacles. La SAT accueille environ 240 événements artistiques et d'entreprise par année dans sa salle de réception plus conventionnelle au premier étage. Au troisième étage, la SAT, qui compte environ 35 employés, vient d'inaugurer la Satosphère et le Food Lab, un bistro pour les 5 à 8. Les rénovations, qui ont duré un an et demi, ont coûté 7,3 millions de dollars, tandis que les nouveaux équipements comme la Satosphère et son modèle réduit gonflable ont coûté 2,6 millions pour un total de 9,9 millions. Le gouvernement fédéral a payé 42% de la facture, le gouvernement du Québec, 36%, la Ville de Montréal, 8%, la SAT, 13%, et l'Université de Montréal, 1%.
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