Desjardins envisage de grands changements dans le paiement

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Il faut s'attendre, selon Guy Cormier, PDG du Mouvement Desjardins, à ce qu'il devienne bientôt possible d'effectuer un paiement ou un transfert d'argent uniquement par la détection de sa présence à une station-service, par exemple.

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Richard Dufour

Payer un plein d'essence sans avoir à sortir son portefeuille ou sans avoir à scanner son téléphone cellulaire ou un objet quelconque pourrait bien être possible de façon courante dans un avenir rapproché.

« On s'en va vers là », a dit hier le PDG du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, en marge de la cinquième édition du Forum FinTech qui se poursuit aujourd'hui au Palais des congrès de Montréal.

Il faut s'attendre, selon Guy Cormier, à ce qu'il soit bientôt possible d'effectuer un paiement ou un transfert d'argent uniquement par la détection de sa présence à une station-service, par exemple. « Que ça soit à travers son téléphone intelligent ou à travers une autre forme d'intelligence, comme sa voiture, il est possible d'envisager que le paiement pourra se faire de manière automatique. »

« L'utilisation de la carte de crédit ou de débit risque éventuellement de se dématérialiser. De grands changements s'en viennent au cours des prochaines années dans le paiement. C'est une industrie appelée à se transformer. » - Guy Cormier

C'est ce qui explique notamment que le Mouvement Desjardins ait annoncé hier, en collaboration avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, la création d'un fonds d'investissement entièrement destiné au secteur des technologies financières (fintech) et à l'intelligence appliquée à la finance.

Desjardins et la Caisse injectent 25 millions de dollars chacun dans ce fonds dont la taille pourrait atteindre jusqu'à 75 millions avec l'apport possible d'autres investisseurs institutionnels.

Ce fonds de capital de risque vise à appuyer l'essor et le développement de nouvelles sociétés en technologies financières au Québec et au Canada.

Outre le paiement, Guy Cormier espère que la création du fonds alimentera l'innovation dans au moins trois autres créneaux : l'analyse de données, l'assurance et la sécurité.

« Les revenus de l'industrie des services financiers seront beaucoup sous pression dans les années à venir, notamment au niveau des cartes de crédit, des frais d'utilisation de service et des taux d'intérêt, dit Guy Cormier. Mais un des actifs qu'il sera possible de valoriser est l'information détenue sur nos membres et nos clients. »

Guy Cormier précise que le développement de technologies financières permet, entre autres, d'utiliser les données afin de proposer des offres ciblées, de créer des produits qui simplifient la vie des gens et de mettre au point des techniques de reconnaissance vocale, d'identification biométrique, etc.

ROBOT-CONSEILLER

Desjardins compte par ailleurs offrir aux clients de sa plateforme AccèsD un outil de gestion de placements « totalement virtuel » à compter du printemps prochain. « On vise le deuxième trimestre de 2018 », dit Guy Cormier.

Le patron de la coopérative de Lévis indique qu'il s'agit d'une initiative sur laquelle l'organisation travaille à l'interne depuis plusieurs mois et qui s'inspire de ce qui a été fait avec Qtrade, un robot-conseiller de l'Ouest canadien dans lequel Desjardins a investi il y a quatre ans.

L'outil d'investissement que prépare Desjardins est conçu pour se positionner entre ce que l'intelligence artificielle peut vraiment faire avec un robot et ce que plusieurs institutions financières offrent actuellement, précise Guy Cormier.

« On prend notre temps pour être plus près du robot que juste avoir un algorithme pouvant être branché sur un fonds commun de placement. »

10 000 $ en bourses pour deux entrepreneurs d'ici

Deux entrepreneurs montréalais se sont démarqués, hier, au concours pour start-up organisé dans le cadre du Forum FinTech, qui se poursuit aujourd'hui au Palais des congrès de Montréal. Dix entrepreneurs avaient sept minutes chacun pour convaincre un jury que leur entreprise de technologie liée à la finance était la plus intéressante. La jeune pousse Kalepso - spécialisée dans la protection de données - a reçu le prix du jury : une bourse de 5000 $ de Finance Montréal ainsi que 24 heures de services de comptabilité et d'accompagnement chez KPMG. Kalepso a été cofondée par Georgios Depastas, 28 ans, un ingénieur d'origine grecque formé à l'Université Cambridge et qui possède une expérience de banquier acquise chez Barclays. Le prix du public, qui vient avec une bourse de 5000 $ de Finance Montréal et 5000 $ en services juridiques de la firme McCarthy Tétrault, a été accordé à Flinks, un agrégateur de données financières. Cette entreprise installée au centre-ville de Montréal a été fondée il y a 10 mois par Yves-Gabriel Leboeuf, 26 ans.




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