En difficulté dans le courtage, Goldman Sachs se tourne vers les prêts

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Le nouvel accent mis sur les activités de prêts traduit, selon les experts, le fait que l'établissement réalise finalement, comme ses rivaux avant lui, que les activités spéculatives ne rapporteront plus autant que par le passé.

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Luc OLINGA
Agence France-Presse
NEW YORK

La banque d'affaires Goldman Sachs va accélérer dans l'activité traditionnelle de prêts, désormais considérée comme une source importante de revenus au même titre que le courtage qui traverse une période difficile.

Harvey Schwartz, le directeur des opérations et numéro 2 de la puissante banque, a annoncé mardi une série de mesures visant à augmenter les revenus de 5 milliards de dollars dans les trois prochaines années et à doper les bénéfices.

Goldman Sachs prévoit d'augmenter de 2 milliards de dollars ses revenus dans les activités de prêts et dépôts, dont la moitié proviendrait de Marcus, sa plateforme de prêts en ligne destinés au grand public.

Lancée en 2016, Marcus.com offre des prêts à taux fixe sans frais avec des échéances variant de six mois à six ans et marque une rupture chez Goldman Sachs, banque dont les clients sont traditionnellement des gouvernements, des institutions financières, des grandes entreprises et des grosses fortunes.

«Goldman Sachs rentre dans le rang en privilégiant des activités moins rentables. C'est la fin d'une époque où la rentabilité était extrêmement exceptionnelle», estime Gregori Volokhine, gérant de portefeuille chez Meeschaert.

«Difficile»

Le nouvel accent mis sur les activités de prêts traduit, selon les experts, le fait que l'établissement réalise finalement, comme ses rivaux avant lui, que les activités spéculatives ne rapporteront plus autant que par le passé. La faute à un durcissement de la réglementation, qui limite la capacité des banques à spéculer avec leurs fonds propres, à l'explosion des algorithmes dans la finance et au succès des fonds de placements cotés (ETF) qui permettent de minimiser les risques et de réduire les coûts.

Les incertitudes entourant par ailleurs les promesses de Donald Trump, notamment la réforme fiscale, ont fini par convaincre un grand nombre de gros investisseurs (fonds d'investissements, fonds de pension, assureurs...) d'opter pour la prudence et de suspendre voire reporter leurs projets d'investissements. Conséquence, la volatilité, propice aux courtiers et aux banques, a fortement diminué sur les marchés financiers.

L'environnement reste «difficile» pour le courtage et «ressemble aux premier et deuxième trimestres» pour l'activité d'échanges des matières premières, des devises et des produits liés aux taux (FICC), a déclaré mardi Harvey Schwartz.

L'activité FICC a accusé un plongeon de 40% de ses recettes au deuxième trimestre, du jamais-vu en 148 ans d'existence, ce qui a soulevé des interrogations sur le modèle économique de Goldman Sachs, icône de la finance américaine ayant bâti sa réputation sur des paris audacieux, mais payants et des produits financiers complexes conçus par ses courtiers.

Bond de l'action

Pour relancer le courtage, la banque veut augmenter le nombre de clients ayant recours à ses salles de marché et va dans ce sens démarcher de plus en plus les entreprises, qui veulent se couvrir contre les fluctuations des taux de change, et aussi solliciter un peu plus les gérants d'actifs et d'autres banques. Pour convaincre ces acteurs de faire affaire avec elle, Goldman Sachs entend embaucher des personnels supplémentaires qualifiés dans les échanges. Ces efforts pourront générer environ 1 milliard de dollars de revenus supplémentaires.

Actuellement, les entreprises représentent seulement 16% des clients de la principale salle de marché de Goldman Sachs et les autres banques 21%. Les fonds spéculatifs comptent pour 23%, mais leur nombre ne cesse de diminuer, idem pour les gérants d'actifs dont le nombre a chuté de 15% au premier semestre comparé à la même période un an plus tôt.

«Pour être clair, les initiatives que nous annonçons aujourd'hui ne sont pas des hypothèses. Elles sont déjà en cours et produiront leurs effets complets dans les trois prochaines années», a souligné Harvey Schwartz.

La banque explique avoir également décelé des opportunités de croissance évaluées à 1 milliard de dollars US dans la gestion des actifs, à 500 millions dans la banque d'investissement et à 500 millions dans d'autres activités annexes.

Dans l'ensemble, ce plan de croissance pourrait doper le bénéfice opérationnel de 2,5 milliards de dollars US de plus, selon la banque. En 2016, il s'affichait à 7,4 milliards.

À Wall Street, l'action Goldman Sachs gagnait 2,80% à 227,40 dollars vers 13 h 30.




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