L'alliance Standard Life/Aberdeen remue les gestionnaires d'actifs

Le futur groupe Standard Life/Aberdeen, dont le siège... (PHOTO RUSSELL CHEYNE, ARCHIVES REUTERS)

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Le futur groupe Standard Life/Aberdeen, dont le siège social combiné demeurera à Édimbourg, en Écosse, passera dans le top 20 mondial selon les actifs sous gestion.

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Le projet de fusion annoncé hier par deux grosses firmes de gestion d'actifs installées au Royaume-Uni, Standard Life et Aberdeen Asset Management, créera un géant européen avec près de 765 milliards d'euros (environ 1042 milliards de dollars canadiens) en actifs sous gestion.

Mais aussi, cette transaction d'une valeur annoncée de 11 milliards de livres (17,3 milliards CAN) relance le débat sur l'inévitabilité d'une phase de consolidation dans un secteur important des services financiers : la gestion d'actifs pour des caisses de retraite et des fonds communs de placement.

Comme rarement auparavant, ce secteur est aux prises avec la concurrence accrue de nouveaux modèles d'affaires dans la gestion d'actifs, tels que les fonds d'investissement à gestion indicielle et à très faibles frais de gestion.

QUELLE POSITION DANS LE MONDE ?

Le futur groupe Standard Life/Aberdeen, dont le siège social combiné demeurera à Édimbourg, en Écosse, passera dans le top 20 mondial selon les actifs sous gestion, comparativement au top 50 antérieur pour chacune de ses deux constituantes.

Il passera aussi dans le top 3 européen, derrière la firme britannique Legal & General et la française Amundi, qui ont chacune quelque 1000 milliards d'euros (environ 1360 milliards CAN) en actifs sous gestion.

Néanmoins, la future Standard Life/Aberdeen figurera loin derrière les plus grosses firmes mondiales en gestion d'actifs, comme les américaines BlackRock (environ 6000 milliards CAN), Vanguard Asset Management (4225 milliards CAN), State Street Global (2865 milliards CAN) et Fidelity Investment (2495 milliards CAN).

D'ailleurs, ces firmes doivent une bonne part de leur croissance depuis quelques années à des fusions et acquisitions, ainsi qu'à la demande forte pour leurs fonds d'investissement de type indiciel et à faibles coûts.

LES FIRMES CANADIENNES

En comparaison, les plus grandes firmes canadiennes qui gèrent des produits de placement destinés aux particuliers-investisseurs se situent dans le milieu du peloton mondial selon la taille des actifs sous gestion.

Il s'agit notamment de Gestion d'actifs Manuvie (environ 380 milliards CAN), de RBC Gestion mondiale d'actifs (350 milliards CAN), de Gestion d'actifs CIBC (120 milliards CAN) et de CI Financial (100 milliards CAN).

Quant à la firme montréalaise Fiera Capital, qui a beaucoup grandi par des acquisitions ciblées au Canada et aux États-Unis, elle est rendue à 114 milliards. Ce qui la situe autour du 140e rang mondial parmi les gestionnaires d'actifs, selon un classement du média financier Investment & Pensions Europe.

L'OBJECTIF DES FUSIONS ?

Atteindre la taille critique est devenu un enjeu majeur pour les firmes de gestion d'actifs qui doivent être assez robustes dans un contexte de faiblesse des taux d'intérêt, ce qui réduit la rémunération moyenne des placements.

Elles doivent également faire face à une forte concurrence à l'échelle mondiale, notamment en raison de l'émergence de fonds communs de placement dits « passifs » parce qu'ils répliquent des indices boursiers ou des secteurs d'actifs prédéterminés.

Ces fonds dits « passifs » ou « indiciels » fonctionnent avec des frais de gestion nettement moindres que les fonds communs de placement, dits en « gestion active ». Ces fonds fonctionnent avec des stratégies d'investissement plus poussées et, donc, plus onéreuses à gérer.

Selon une étude de la firme Morningstar, les fonds dits « passifs » ont capté plus de 500 milliards US d'encours additionnel dans le monde industrialisé en 2016, alors que les fonds dits « actifs » ont perdu quelque 325 milliards.

AU CANADA

Au Canada, aussi, les firmes qui gèrent des produits de placement pour particuliers doivent ajuster leur stratégie d'affaires à un marché en grande mouvance de tendances concurrentielles.

Par exemple, le secteur des fonds négociés en Bourse (FNB), qui fonctionne surtout en gestion indicielle à faibles coûts, est rendu à 114 milliards en actifs sous gestion. Ce montant est en forte accélération, ayant même triplé depuis cinq ans.

En comparaison, même encore 10 fois supérieurs à 1338 milliards, les actifs sous gestion des fonds communs de placement offerts surtout par les banques et les assureurs-vie ont progressé de 70 % depuis cinq ans.

Aussi, les revenus et profits provenant des frais de gestion prélevés sur ces fonds communs sont stagnants sinon en baisse dans la plupart des firmes qui les commercialisent.

Sources : Bloomberg, AFP, Associated Press, Financière Banque Nationale, Institut des fonds d'investissement du Canada (IFIC)




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