Réforme du secteur financier: le «Far West, c'est fini»

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Michel Barnier

Agence France-Presse
Washington

Le commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, a affirmé jeudi que la réforme du système financier mondial allait mettre fin au «Far West» en dépit des résistances des banques, notamment aux États-Unis.

«Ce n'est pas seulement aux États-Unis. Il y a des banquiers qui estiment que le pic de la crise en Europe est passé et qu'on peut revenir au business as usual», a déclaré M. Barnier à Washington à l'issue de rencontres avec des dirigeants de la Banque centrale américaine (Fed) et du Trésor.

L'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire dit Bâle III, visant principalement à renforcer les fonds propres des banques, a été retardée en Europe comme aux États-Unis.

«Le Far West, c'est fini», a toutefois assuré M. Barnier devant la presse, affirmant qu'États-Unis et Europe avançaient «en parallèle» sur l'application de Bâle III.

Concernant l'Europe, le commissaire a réaffirmé que le superviseur unique des banques verrait le jour comme prévu «en mars» 2014 et qu'un projet de loi instituant une autorité de résolution des crises bancaires serait présenté «cet été».

Pour les États-Unis, M. Barnier a également insisté sur la nécessité de parvenir à un accord sur l'encadrement des produits dérivés, accusés d'avoir provoqué la crise et dont une immense majorité s'échangent encore de gré à gré, sans aucune supervision.

«Ces produits dérivés représentent 600 000 milliards de dollars par an. Ils ne sont pas tous dangereux mais on doit pouvoir savoir qui fait quoi», a souligné le commissaire européen, ajoutant que l'harmonisation restait ardue.

En Europe, une nouvelle législation prévoit que tous les produits dérivés passent par des chambres de compensation, chargées notamment de jouer le rôle de fonds de garantie en cas de défaillance.

Lors d'une réunion en décembre à Washington, des régulateurs de plusieurs pays avaient reconnu qu'il était «difficile» d'harmoniser les règles.

«Nous ne sommes pas au bout de la route (...) mais nous ne pourrions pas nous permettre d'avoir une deuxième crise» financière, a souligné M. Barnier.

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