Après le succès boursier, d'autres acquisitions pour Fiera

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En avril dernier, le chef de la direction de firme, Jean-Guy Desjardins (notre photo), a déclaré que Fiera comptait doubler de taille d'ici 2016 uniquement par la croissance interne.

Bloomberg
La Presse

Fiera Capital, société dont le titre offre la meilleure performance cette année parmi tous ses pairs en Amérique du Nord, cherche à faire l'acquisition d'entreprises ayant des actifs jusqu'à 2 milliards de dollars, selon son président du conseil et chef de l'exploitation, Sylvain Brosseau.

Selon des données compilées par Bloomberg, Fiera, qui gère des actifs d'environ 54 milliards, a vu son action bondir de 22% cette année - un sommet chez les 11 gestionnaires nord-américains de patrimoine dont la valeur au marché oscille entre 100 millions et 1 milliard.

«Le fait que nous soyons dans le secteur de la gestion alternative d'actifs depuis nombre d'années a fait de nous un joueur (important)», a dit M. Brosseau au cours d'une entrevue téléphonique depuis Montréal, où l'entreprise a son siège. «Nous avons reçu beaucoup d'appels de gens qui veulent vendre leur société, a-t-il ajouté, et en ce moment, nous sommes en quête de transactions tant au Canada qu'aux États-Unis.»

Fiera a racheté en avril dernier Natcan Investment, une division de la Banque Nationale du Canada, au prix de 309,5 millions de dollars et il a consenti ce mois-ci à se porter acquéreur de la division canadienne de gestion du patrimoine de la Société Générale, ce qui lui permettra de prendre pied dans l'Ouest canadien pour la première fois. L'entreprise montréalaise investit dans des actifs dits «alternatifs» comme de l'infrastructure et de l'immobilier.

En avril dernier, le chef de la direction de firme, Jean-Guy Desjardins, a déclaré que Fiera comptait doubler de taille d'ici 2016 uniquement par la croissance interne. L'achat de Natcan donnait à Fiera un accès au réseau de la Banque Nationale, qui comprend 220 conseillers et 440 succursales au Canada.

Or, M. Brosseau explique aujourd'hui que de nombreuses entreprises atteignent 1 milliard à 2 milliards en actifs, à la suite de quoi elles doivent vendre leurs activités pour demeurer compétitives. Il n'a pas indiqué de cibles d'acquisition spécifiques.

«La plupart de ces entreprises frappent un mur de croissance lorsqu'elles grossissent, dit-il. C'est alors vraiment une occasion pour nous.»

Les sociétés de gestion de patrimoine au Canada disposaient d'actifs de 167,8 milliards à la fin de juin dernier, d'après Investor Economics, une firme de recherche de Toronto. Cette firme précise que les six plus importantes banques canadiennes détenaient 46% des actifs.

«Si les acquisitions au sein de cette industrie sont réputées être des projets difficiles à réaliser, il reste que Fiera semble connaître continuellement du succès au chapitre de la croissance assurée par sa stratégie d'acquisitions», souligne Phil Hardie, un analyste de Scotiabank Global Banking and Markets, à Toronto.

Pour sa part, Michael Smedley, PDG de Morgan Meighen&Associates, qui gère des actifs d'environ 1 milliard, estime que Jovian Capital pourrait être une cible potentielle de Fiera. «La première entreprise parmi les sociétés publiques qui me vient à l'esprit est Jovian», a précisé M. Smedley lors d'une entrevue dans ses bureaux de Toronto. «Jovian est un cas curieux», dit-il. M. Smedley ne possède pas d'actions de Fiera.

Au 30 juin dernier, Jovian gérait des actifs de clients pour un montant de 6,2 milliards, et il possède Leon Frazer Associates, qui gère 1,9 milliard. Don Sangster, un porte-parole de Jovian, n'a pas donné suite à une demande de commentaires.

Le rachat de la division de la Société Générale, qui devrait être complété d'ici la fin de l'année, ajoutera environ 20 employés à l'effectif actuel de Fiera, qui est d'environ 230. Ce sera la première incursion de l'entreprise montréalaise dans l'Ouest canadien, où Fiera cible l'Alberta, riche en pétrole. L'an dernier, les Albertains avaient les plus hauts revenus par personne au Canada.

«Si Fiera recherche une nouvelle piste de croissance, les fortunes privées constituent une bonne solution», soutient Brandon Snow, qui gère des actifs de 1,3 milliard dans un fonds de Cambridge Advisors, à Toronto, qui possède des actions de Fiera.

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Fiera Capital en un coup d'oeil

> Fondé en 2003 par Jean-Guy Desjardins, ancien patron de TAL Gestion globale d'actifs.

> Avec des bureaux à Montréal, Toronto, Vancouver, Halifax et Boston, la firme compte plus de 220 employés, dont quelque 90 professionnels du placement.

> Inscrite en Bourse sous le symbole FSZ, Fiera a une valeur boursière de 424 millions.

> La firme montréalaise gère aujourd'hui des actifs de 55 milliards de dollars, ce qui la classe parmi les cinq plus importants gestionnaires indépendants au Canada.

> Fiera a connu une croissance rapide grâce à une série d'acquisitions. Issue d'un partenariat avec le Mouvement Desjardins, qui lui a cédé sa filiale Elantis, Fiera a notamment acquis la torontoise YMG Gestion des capitaux en 2005, puis Sceptre Investment Counsel en 2010, avant d'acheter Natcan, en 2012, de la Banque Nationale qui est devenue un actionnaire important de Fiera, aux côtés de M. Desjardins et du Mouvement Desjardins.

- Stéphanie Grammond

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