Argent sale: HSBC reconnaît des «défaillances»

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La présidente de HBUS, la filiale américaine de HSBC, Irene Dorner, devant une commission sénatoriale à Washington, mardi.

Michael Mathes
Agence France-Presse
Washington

Le géant bancaire britannique HSBC a reconnu des «défaillances» et présenté publiquement ses excuses mardi devant le Sénat américain pour avoir manqué de vigilance face à de possibles opérations de blanchiment d'argent.

«Nous présentons nos excuses au sujet du fait que la HSBC n'a pas été à la hauteur des attentes de nos régulateurs, de nos clients, de nos employés et des citoyens», a affirmé devant une commission sénatoriale Irene Dorner, présidente de HBUS, la filiale américaine de HSBC.

Ce non-respect des réglementations «est inacceptable», a-t-elle ajouté devant la commission d'enquête du Sénat liée à la sécurité intérieure, qui a publié un rapport accablant sur les pratiques de la banque.

Le responsable du respect des réglementations chez HSBC, David Bagley, a annoncé en pleine audition sa démission en reconnaissant qu'il y a eu des «domaines dans lesquels nous avons connu des défaillances significatives».

Selon le rapport des sénateurs, la banque a fait prendre des risques au système financier américain en l'exposant à de possibles activités de blanchiment d'argent lié au trafic de drogue ou au financement du terrorisme dans les années 2000.

La mise au jour de ces pratiques intervient au moment où le scandale des manipulations du Libor, le taux interbancaire offert à Londres, prend de plus en plus d'ampleur dans le monde de la finance.

Le rapport de la commission d'enquête du Sénat a souligné de «graves carences» dans le système anti-blanchiment de HBUS, qui n'a pas réussi, selon les parlementaires, à surveiller de façon efficace les activités suspectes.

Transactions secrètes

L'audition de mardi a par exemple souligné que la banque avait réalisé 16 milliards de dollars de transactions secrètes avec l'Iran sur une période de six ans. Les responsables de la banque étaient au courant des «transactions secrètes avec l'Iran» --dont la documentation ne mentionnait aucun lien avec ce pays-- depuis 2001 et jusqu'en 2007, pour un total de 25 000 opérations, selon le document parlementaire de 330 pages.

Les États-Unis interdisent les relations commerciales et financières avec l'Iran, la Corée du Nord ou encore le Soudan.

Le sénateur démocrate Carl Levin, qui préside la commission, a qualifié de «choquantes» les manipulations de la banque et a déploré le fait que les responsables de la banque «savaient ce qui se passait, mais ont permis à cette pratique trompeuse de continuer».

Par ailleurs, selon des éléments du rapport mis en avant par la commission dès lundi, la banque a exposé le système financier américain à de possibles opérations de blanchiment de l'argent de la drogue des cartels mexicains. La filiale mexicaine a ainsi transféré un montant de 7 milliards de dollars vers HBUS entre 2007 et 2008.

HBUS a également entretenu des relations financières avec des établissements bancaires soupçonnés de liens avec des organisations terroristes présumées. Le rapport cite à cet égard la banque saoudienne Al Rajhi Bank.

Le document souligne aussi que le géant bancaire britannique a aidé à écouler un montant de 290 millions de dollars en chèques de voyage émis par une banque japonaise au bénéfice de ressortissants russes qui prétendaient travailler dans les voitures d'occasion.

HBUS possède 470 agences aux États-Unis et fournit des services à environ 1.200 autres banques, dont 80 filiales.

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