Banques canadiennes: la crise en Europe cause des soubresauts

Une succursale de la Banque Nationale.... (Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Photo: Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Une succursale de la Banque Nationale.

Ross Marowits
La Presse Canadienne
Montréal

Les investisseurs canadiens sont encore éprouvés par le mouvement peu rassurant de montagnes russes de la Bourse alors que les marchés subissent les contrecoups de la crise en Europe.

Même si la situation n'est pas aussi catastrophique au Canada que lors de la crise financière de 2008-2009, la valeur des investissements personnels a été fortement touchée. Ce qui a eu pour effet de rendre les épargnants nerveux, au point de poser des gestes impulsifs.

L'index S&P/TSX a chuté de près de 19 pour cent, après son sommet de février. Seulement en mai, il a baissé de 8 pour cent. La réduction des prix des marchandises a placé le dollar canadien au-dessous de la parité.

Et cette situation inquiétante devrait se maintenir tant que les inquiétudes de voir les problèmes financiers de la Grèce se répandre au Portugal ou en Espagne seront présentes.

Entre-temps, les investisseurs veulent préserver leur capital à l'abri de la tourmente souligne Stéfane Marion, économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, tout en incitant à la prudence.

Même si on ne peut prévoir jusqu'à quel point les marchés vont baisser, la situation est très différente de ce qu'elle a été il y a quelques années. Les marchés canadiens du crédit continuent de bien fonctionner, les profits des entreprises demeurent à un bon niveau et la croissance des économies émergentes aux États-Unis représente un contrepoids intéressant.

«Il faut faire un acte de foi et espérer que les Européens trouvent enfin une solution après plusieurs essais infructueux» souligne Stéphane Marion.

De son côté l'économiste en chef de RBC Gestion mondiale d'actifs, Eric Lascelles, affirme qu'il ne serait pas surpris de voir les marchés bouleversés par la situation en Europe pendant encore quelques semaines ou quelques mois. Toutefois, les perspectives à long terme s'annoncent encourageantes. «Nous croyons qu'il y a plusieurs opportunités intéressantes à la Bourse dans l'avenir, et,  la meilleure façon d'enrichir son portefeuille est d'avoir une vue à long terme au lieu de se concentrer sur des rendements immédiats.»

Selon M. Lascelles, pour la majorité des investisseurs, la meilleure formule est de tisser sa toile tranquillement. L'économiste prédit d'ailleurs que la crise européenne sera bénigne. Il ne prévoit pas de défauts de paiements de la part d'aucun pays important, de fermetures de banque ou la disparition de la zone euro.

Les retombées de la crise européenne sur l'économie devraient être limitées et se régler avant de se transformer en récession au Canada. Malheureusement, l'histoire démontre que les investisseurs particuliers ont souvent tendance à réagir impulsivement en posant le mauvais geste, au mauvais moment, dit-il. «Il vaut mieux ne rien faire que de faire des choix improvisés dans le contexte actuel.»

Lorsque les rendements des obligations sont aussi bas, Eric Lascelles suggère une répartition d'actifs dans des actions, du comptant, des immobilisations corporelles. Ce qui s'avère une bonne stratégie à long terme.

Pour Adrian Mastracci, conseiller en investissement et président de KCM Wealth Management, à Vancouver, la diversification demeure la solution. «Ça ne fonctionne pas à chaque fois, mais ça demeure toujours une valeur sûre.» Il recommande d'adopter une stratégie défensive en se consacrant sur son portefeuille de placements plutôt que sur les marchés qui sont hors du contrôle des individus. «Un mélange prudent d'actifs est essentiel pour se bâtir un patrimoine financier qui permettra de garder la tête hors de l'eau pendant les périodes agitées» souligne M. Mastracci.

De son côté, Andrew Busch, stratège chez BMO Marchés des capitaux, suggère d'éviter de vendre ses actions, mais plutôt d'en profiter pour saisir les possibilités du marché tout en suivant leur plan d'épargne en fonction de leur âge, de leurs objectifs et de leur niveau de tolérance au risque.

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