Merck offre 12,5 millions pour la recherche

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La recherche pharmaceutique se fera en partenariat ou ne se fera pas, dit-on depuis quelques années, et le géant pharmaceutique Merck (MRK) a distribué hier 12,5 millions de dollars à trois centres de recherche montréalais pour le prouver. L'entreprise a profité de l'occasion pour dénoncer le fait que les mesures incitatives du gouvernement provincial n'ont pas évolué pour tenir compte de ce «nouveau modèle».

Merck a joué les mécènes en distribuant ces millions aux centres de recherche du CHUM, du Centre universitaire de santé McGill et de l'Institut de cardiologie de Montréal. Ces dons sont accordés sans condition, mais Merck a exprimé le souhait qu'ils soient déployés pour attirer ou retenir ici de jeunes chercheurs.

«Merck veut participer au renouvellement de la génération de chercheurs. À long terme, on pense que l'industrie, dont Merck, en bénéficiera», a expliqué Cyril Schiever, PDG de Merck Canada.

Ces sommes font partie des 100 millions que la firme avait promis d'investir dans la recherche au Québec en 2010, lorsque la multinationale avait fermé son centre de recherche de Kirkland, plus important de la province. Cette nouvelle avait eu l'effet d'une bombe dans l'industrie. Depuis, la presque totalité des centres de recherche des grandes sociétés pharmaceutiques a aussi fermé à Montréal.

Moins d'impact

M. Schiever a admis hier que les sommes déboursées en partenariats ne compensent pas les budgets investis et les emplois créés par un centre comme celui que Merck exploitait à Kirkland, mais il a néanmoins incité le secteur à se réjouir.

«Il y a d'autres pays dans le monde qui ont vu leurs centres de recherche fermer à cause de la consolidation, mais qui ne voient pas les investissements qu'on a ici. Ces investissements amènent des fonds substantiels en recherche et sont un signe de la qualité de notre recherche et de la collaboration entre les acteurs au Québec», a-t-il dit.

Il s'attend maintenant à ce que le gouvernement prenne acte de ce nouveau modèle et adapte ses programmes de soutien.

«Les crédits d'impôt annoncés lors du dernier budget sont une bonne nouvelle pour plusieurs des acteurs de l'écosystème, comme les PME, mais ils ne soutiennent pas les grands projets comme ceux qu'on annonce ce matin», a dit M. Schiever.

Le patron de Merck dit aussi «regretter» l'abolition de la règle de 15 ans, pierre angulaire du soutien de Québec aux pharmaceutiques, qui a été abolie dans le dernier budget. «On peut comprendre le besoin de réformer la mesure et de l'adapter au nouveau modèle d'affaires de l'industrie, mais on regrette que l'annonce se fasse sans esprit de collaboration et de dialogue», a-t-il dit.

Martin LeBlanc, vice-président du conseil de Montréal Invivo, grappe des sciences de la vie de la métropole, a dit croire que le vent est en train de tourner dans l'industrie.

En plus de l'annonce de Merck d'hier, AstraZeneca, Pfizer et le gouvernement du Québec ont annoncé vendredi dernier la création d'un nouveau centre de recherche à Montréal dans les anciens laboratoires d'AstraZeneca.

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