Caisse de dépôt: les salaires à l'étranger multipliés par cinq

Sous la houlette de son grand patron Michael... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Sous la houlette de son grand patron Michael Sabia, la Caisse a ouvert six antennes internationales au cours des trois dernières années : Mexico, Washington, Londres, Singapour, New Delhi et Sydney. Avant cette date, l'institution en comptait seulement trois, soit celles de Pékin, New York et Paris.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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Le virage international de la Caisse de dépôt a fait bondir la masse salariale de ses employés établis à l'étranger. Leur rémunération a été multipliée par cinq depuis 2013, passant de 4,5 millions à 25 millions de dollars par année.

Sous la houlette de son grand patron Michael Sabia, la Caisse a ouvert six antennes internationales au cours des trois dernières années : Mexico, Washington, Londres, Singapour, New Delhi et Sydney. Avant cette date, l'institution en comptait seulement trois, soit celles de Pékin, New York et Paris.

Maxime Chagnon, porte-parole de la Caisse de dépôt et placement du Québec, souligne que « la plupart des ressources [qu'ils voulaient] déployer l'ont déjà été ». Il défend l'ouverture récente d'une série de bureaux à l'étranger - et le bond de la masse salariale - en insistant sur les rendements obtenus par la Caisse.

« Dans le fond, notre approche est très disciplinée, c'est toujours en fonction des perspectives qu'on peut avoir sur les marchés, par rapport aux occasions intéressantes d'investissements qui pourraient se présenter », a-t-il fait valoir à La Presse.

« Autrement dit, la Caisse met des ressources pour faire des investissements qui rapportent énormément plus. S'il faut consacrer 20, 25 ou 30 millions pour rapporter des rendements de milliards de dollars, on n'hésitera pas à le faire, parce que c'est au bénéfice des Québécois. » - Maxime Chagnon

STRATÉGIE INTERNATIONALE

Michael Sabia, arrivé en poste en 2009 après des pertes historiques de 40 milliards, a consacré les premières années de son mandat à rebâtir la stratégie de la Caisse. C'est en 2014 qu'il a annoncé un grand virage vers l'international dans une série de marchés ciblés, comme la Chine, le Mexique et l'Inde.

L'ancien dirigeant de Bell Canada avait décrit cette internationalisation comme « l'une des pierres angulaires de [leur] travail pour les cinq prochaines années ». Il avait aussi insisté sur l'importance d'avoir une présence sur le terrain, en vue de tisser des partenariats avec des entreprises et investisseurs locaux.

Cette stratégie semble notamment porter ses fruits en Inde, où la Caisse a inauguré sa plus récente antenne internationale l'an dernier. L'institution a embauché Anita Marangoly George, ancienne cadre haut placée de Siemens et de la Banque mondiale très reconnue en Asie, pour piloter les activités de son nouveau bureau. Les engagements financiers de la Caisse frôlent déjà les 3 milliards en Inde, entre autres dans le secteur financier et l'énergie solaire.

ACCÈS À L'INFORMATION

Selon les données publiées par la Caisse après une demande d'accès à l'information, la rémunération globale de ses employés établis à l'étranger a bondi de presque 10 millions seulement dans la dernière année. Leur masse salariale est ainsi passée de 16,6 millions en 2015 à 25,1 millions en 2016, a-t-on appris.

L'organisme a toutefois refusé de divulguer combien de gens elle employait à l'extérieur du Québec, invoquant des raisons de confidentialité.

Quelque 59 % des actifs de la Caisse, toutes catégories confondues, se trouvaient dans les marchés mondiaux à la fin de 2016. L'actif total de la Caisse s'élevait alors à 316 milliards.

- Avec William Leclerc




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