Même déficitaire, l'Impact vaut 223 millions

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Ignacio Piatti lors du match aller de la finale du Championnat canadien entre le Toronto FC et l'Impact de Montreal au stade Saputo

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Pour la troisième saison consécutive, l'Impact de Montréal a perdu de l'argent en 2016. Or ces pertes n'ont pas empêché l'équipe montréalaise de voir sa valeur bondir de 30 % en un an, selon Forbes. Un phénomène loin d'être unique à travers la Major League Soccer (MLS) : les équipes ont perdu en moyenne 1 million US, mais leur valeur est en hausse de 20 %, à 223 millions US. Comment est-ce possible? C'est que les investisseurs se précipitent pour obtenir une équipe d'expansion et croient au potentiel de croissance du circuit Garber. Explications.

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Selon le magazine Forbes, la valeur de l'Impact est passée de 135 à 175 millions US en un an. Au taux de change actuel, le club montréalais vaut 223 millions CAN.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Mauro Biello, entraîneur-chef de l'Impact

Photo André Pichette, Archives La Presse

L'IMPACT RENTABLE D'ICI CINQ ANS

En 2016, l'Impact comptait sur Didier Drogba, une participation au carré d'as de la MLS et la plus forte hausse d'assistance (+ 17 %) de la ligue. Et pourtant, l'équipe a été déficitaire de 3 millions US (3,96 millions CAN, selon le taux de change de 2016) sur des revenus de 25 millions US (33 millions CAN).

Selon le magazine Forbes, la valeur de l'Impact est passée de 135 à 175 millions US en un an. Au taux de change actuel, le club montréalais vaut 223 millions CAN. En janvier dernier, le président de l'Impact Joey Saputo disait espérer que l'équipe serait rentable d'ici cinq ans, soit en 2021.

« L'Impact est dans une excellente position, il a participé à la finale d'association la saison dernière et l'engouement que cela suscite se poursuit souvent la saison suivante. Montréal a pris une bonne décision sur le plan financier en ne payant plus Didier Drogba, mais le taux de change n'a pas aidé, car les salaires des joueurs sont en dollars américains », dit Chris Smith, journaliste de Forbes et responsable du reportage sur les finances de la MLS, en entrevue avec La Presse.

UN RENDEMENT DE 172 %

La famille Saputo, propriétaire majoritaire de l'Impact, a payé 40 millions US (41,6 millions CAN selon le taux de change au moment de l'annonce, en 2010) pour une équipe d'expansion de la MLS en 2012. La famille Saputo a aussi déboursé 17 millions pour financer une partie des travaux d'agrandissement du stade Saputo et 16 millions pour le centre d'entraînement Nutrilait. L'autre actionnaire, le Fonds de solidarité FTQ, a investi 7,5 millions pour une participation minoritaire. Bref, la famille Saputo et le Fonds FTQ ont investi 82,1 millions CAN pour une équipe qui vaut aujourd'hui 223 millions CAN, soit un rendement de 172 % en sept ans (de 2010 à 2017).

UNE LIGUE DÉFICITAIRE DE 20 MILLIONS

Onze des vingt équipes de la MLS ont été déficitaires en 2016. Au total, les 20 équipes de la MLS ont perdu 20 millions US, soit 1 million en moyenne par équipe. Et pourtant, la valeur moyenne des équipes a augmenté de 20 % pour atteindre 223 millions US.

Pourquoi ? Parce que plusieurs villes sont prêtes à payer 150 millions pour une équipe d'expansion, sommes ensuite réparties entre les propriétaires actuels. « C'est un pari sur la croissance, dit Chris Smith, de Forbes. Les propriétaires voient ces pertes comme des investissements pour des profits futurs. Ils pensent que quand la MLS sera à maturité avec 28 équipes, la ligue fera de l'argent et aura un meilleur contrat télé. »

SEPT FOIS LES REVENUS

Si les entreprises matures se vendent sur la base d'un multiple de leurs profits, des entreprises en pleine croissance (par exemple dans le secteur des technologies) sont souvent évaluées sur la base d'un multiple de leurs revenus. Des blocs d'actions au sein d'équipes de la MLS se sont ainsi vendus jusqu'à neuf fois les revenus. Forbes a évalué la valeur d'une équipe de la MLS selon plusieurs critères, dont un multiple de sept fois ses revenus. Ainsi, l'Impact, qui génère 25 millions US de revenus par saison, vaudrait 175 millions US.

4,4 MILLIARDS US

C'est la valeur totale des 20 équipes de la MLS. Mais il y a plus : les équipes de la MLS sont aussi propriétaires de Soccer United Marketing, entreprise qui gère les droits de diffusion télévisuelle et de commandites de la MLS ainsi que des équipes américaine et mexicaine de soccer. Cette année, la MLS a racheté les parts de son partenaire minoritaire dans Soccer United Marketing dans une transaction établissant la valeur de l'entreprise à 2 milliards US. La part de l'Impact de Montréal dans Soccer United Marketing vaut donc environ 100 millions US (elle sera diluée au fil des expansions des prochaines années).

TÉLÉ ET ADIDAS

La MLS doit augmenter ses audiences télé (moyenne aux États-Unis : 236 000 foyers, contre 467 000 foyers pour la Ligue nationale de hockey) afin de négocier son prochain contrat de diffusion américain. Jusqu'à 2022, la MLS reçoit 90 millions par saison aux États-Unis, comparativement à 200 millions pour la LNH et 167 millions pour la Premier League (aux États-Unis), selon Forbes. Par contre, la MLS (117 millions par an) a dépassé la LNH (90 millions par an) en matière de commandites de vêtements avec Adidas. Ni l'impact de Montréal ni la MLS n'ont pas commenté les chiffres de Forbes hier.




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