L'hôtel Ritz-Carlton au coeur d'un litige de 2,9 millions

Le chic Ritz-Carlton a pignon sur la rue... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Le chic Ritz-Carlton a pignon sur la rue Sherbrooke depuis 1912.

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Les récents travaux de restauration de 200 millions de dollars du prestigieux hôtel Ritz-Carlton de Montréal sont au coeur d'un litige international entre un homme d'affaires italien, une société fictive établie dans un paradis fiscal et quatre membres d'une famille suisse de banquiers copropriétaires du luxueux hôtel.

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Solly S. Lawi

Photo Rémi Lemée, archives La Presse

L'Italien Heskel Gabbay réclame 2,9 millions aux résidents suisses Solly S. Lawi, Albert Lawi et Solly Alain Lawi, au Montréalais Philippe Lawi et à Sherbrooke Investors Holding. L'entreprise Gestion Golden Square Mile, promoteur du Ritz-Carlton, est aussi mise en cause dans la poursuite déposée mercredi dernier en Cour supérieure au palais de justice de Montréal.

« La présente dispute porte sur le financement des rénovations de l'iconique hôtel Ritz-Carlton de Montréal », indique la poursuite. En 2008, M. Gabbay avait prêté 2,5 millions à la société Sherbrooke Investors, détenue par la famille Lawi, pour financer la construction de 45 résidences de luxe dans l'hôtel du centre-ville de Montréal. Or, à l'échéance, en décembre 2016, l'emprunteur n'a pas remboursé à M. Gabbay le prêt portant un intérêt annuel d'à peine 2 %.

Il s'avère que la société Sherbrooke Investors, établie aux îles Vierges britanniques - un paradis fiscal notoire - et dont l'adresse postale est en Suisse, n'a aucun actif. Selon l'homme d'affaires italien, les Lawi utilisent cette société offshore pour « éviter leurs obligatoires personnelles » de le repayer. « [C'est] une société coquille [shell entity] incorporée dans une juridiction secrète. »

« [M. Gabbay] n'aurait jamais fait ce prêt s'il devait dépendre de la solvabilité d'une entité qui ne produit aucune information financière. [...] Il a traité directement avec les Lawi, une famille qui a les ressources financières pour rembourser ce prêt », indique la poursuite. L'investisseur italien refuse ainsi que le prêt soit prolongé jusqu'en décembre 2018 « sur la base que certaines unités de condos résidentiels demeurent invendues ».

Pas moins de 18 entités établies dans cinq pays détiennent le chic Ritz-Carlton, qui a pignon sur la rue Sherbrooke depuis 1912. Un des copropriétaires de l'hôtel est le Groupe financier Mirelis, cofondé en Suisse par la famille Lawi. Solly S. Lawi et Albert Lawi dirigent la banque suisse Hyposwiss Private Bank.

L'avocat suisse de la famille Lawi, Alain B. Lévy, a indiqué hier à La Presse que ses clients entendaient contester les allégations de Heskel Gabbay. « MM. Lawi ne sauraient se prononcer sur une action en justice dont ils n'ont pas encore été notifiés, si ce n'est qu'ils entendent contester la juridiction des tribunaux du Québec à se saisir d'une action qui oppose des non-résidents et les allégations du demandeur », soutient l'avocat. Le Montréalais Philippe Lawi n'était pas en ville hier, selon Rucsandra Calin, directrice des ventes aux Résidences du Ritz-Carlton.

« Les opérations de l'hôtel et des résidences ne sont pas visées par la poursuite. [Les établissements] n'ont rien à voir avec cette procédure, et leurs opérations ne sont pas touchées », a affirmé la porte-parole du Ritz-Carlton Katia Piccolino.

Le projet de rénovation de l'hôtel avait obtenu un prêt de 86 millions de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Or, M. Gabbay « n'a rien à voir » avec ce prêt, assure Irène Papavasil, vice-présidente aux affaires juridiques d'Otéra Capital, filiale de financement immobilier de la Caisse. Une partie du prêt a été remboursée, dit-elle, sans préciser la somme.




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