Les effets visuels talonnent les tournages hollywoodiens

En 2016, les films hollywoodiens et étrangers ont... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE)

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En 2016, les films hollywoodiens et étrangers ont dépensé 293 millions de dollars en tournages au Québec, une légère baisse de 5 % par rapport à l'année précédente. De son côté, l'industrie québécoise des effets visuels a vu la valeur de ses contrats augmenter de 28 % pour atteindre 278 millions.

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Qui l'eût cru ? Il y a quelques années, les deux industries ne se comparaient même pas. Mais aujourd'hui, l'industrie québécoise des effets visuels attire presque autant d'argent hollywoodien que l'accueil de tournages de productions étrangères comme les films X-Men.

En 2016, les films hollywoodiens et étrangers ont dépensé 293 millions de dollars en tournages au Québec, une légère baisse de 5 % par rapport à l'année précédente. De son côté, l'industrie québécoise des effets visuels a vu la valeur de ses contrats augmenter de 28 % pour atteindre 278 millions (voir note 1).

« Aujourd'hui, Montréal est l'un [des hauts lieux] des effets visuels » à travers le monde, dit Pierre Moreau, PDG du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ). « C'est le résultat d'une quinzaine d'années d'efforts pour bâtir cet écosystème. »

En 2010, les deux industries ne se comparaient même pas : 49 millions pour les effets visuels, 214 millions pour les tournages étrangers. Mais les contrats d'effets visuels au Québec ont grossi de 27 % par an en moyenne depuis 2009. « Les deux industries sont parentes, dit Pierre Moreau. Beaucoup de shows se tournent à Montréal, et [les gens] décident alors de faire leurs effets visuels à Montréal. »

« C'est une belle synergie. Enfin, les deux composantes de la fabrication d'un film [le tournage et les effets visuels] vont main dans la main à Montréal. »

- Émilie Dussault, directrice générale de MPC Montréal (Technicolor) et membre du conseil d'administration du BCTQ

Selon le BCTQ, la croissance des contrats en effets visuels devrait être similaire en 2017, ce qui pourrait hausser le volume de contrats vers 350 millions. « C'est un très bon début d'année en 2017, dit Émilie Dussault. C'est la réputation de Montréal qui va chercher plus de contrats à l'international. Montréal a pris sa place comme l'un des leaders de l'industrie mondiale des effets visuels. »

L'industrie des effets visuels emploie 3000 personnes au Québec. Il y a une quarantaine d'entreprises, mais le top 4 formé de MPC, Framestore, Cinesite et RodeoFX représente environ 80 % du chiffre d'affaires. MPC, Framestore et Cinesite sont des entreprises à propriété européenne, tandis que RodeoFX est une entreprise à propriété québécoise.

RECORD DE TOURNAGES EN 2017 ?

Après une légère baisse de 5 % en 2016, Montréal s'apprête-t-il à recevoir plus de 400 millions de dollars en tournages hollywoodiens pour la première fois depuis le milieu des années 90 ?

Le BCTQ a un objectif de 410 millions en dépenses de tournages étrangers au Québec en 2017. Environ 324 millions ont déjà été confirmés, notamment grâce au film à grand déploiement X-Men : Dark Phoenix et à la série télé Jack Ryan. Ces deux productions ont chacune un budget supérieur à 100 millions.

Depuis que le BCTQ compile ses chiffres, soit depuis 1996-1997, le Québec a dépassé le seuil des 300 millions en tournages étrangers à trois reprises : 337 millions en 2000-2001 (The Score, The Sum of All Fears), 399 millions en 2002-2003 (The Day After Tomorrow, The Aviator) et 313 millions en 2015 (X-Men : Apocalypse).

Si Montréal tente d'atteindre le seuil de 400 millions en 2017, c'est notamment parce qu'un deuxième studio de tournages a été inauguré. Depuis toujours, les producteurs hollywoodiens voulant tourner à Montréal avaient une seule option : la Cité du cinéma (les studios MELS), propriété de Québecor depuis 2014. Fin 2016, les entrepreneurs Andrew Lapierre, Iohann Martin et Mitsou Gélinas ont ouvert un deuxième studio, MTL Grandé, qui a accueilli la série télé à grand déploiement Jack Ryan. De son côté, la Cité du cinéma accueille actuellement le film X-Men.

« La concurrence, ça reste une chose saine. On remarque qu'il y a une hausse d'affluence en 2017, on est à 410 millions comme objectif, c'est 100 millions de plus que l'an dernier. »

- Pierre Moreau, PDG du BCTQ

« Le fait qu'ils soient deux studios, ça génère beaucoup plus d'affluence, c'est une bonne nouvelle pour l'ensemble de l'industrie », poursuit M. Moreau

En 2016, le Québec a accueilli l'équivalent de 298 millions en tournages étrangers sans pouvoir compter sur un film de plus de 100 millions. Davantage de séries télé ont ainsi été tournées au Québec. « Tout le marché mondial est en train de se déplacer vers la série haut de gamme. On a commencé à diversifier nos billes », dit Pierre Moreau.

Les producteurs étrangers peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt provincial de 20 % s'ils tournent au Québec, et ce crédit d'impôt est bonifié de 16 % pour les dépenses en effets visuels. De leur côté, les studios d'effets visuels peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt provincial de 36 % sur les salaires des employés.

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Note 1 : Le chiffre de 278 millions comprend à la fois les contrats québécois (88 productions locales) et les contrats étrangers (99 productions étrangères). Le BCTQ ne ventile pas les deux types de contrats. On sait toutefois que ces 278 millions sont dans une très large mesure attribuables à des contrats étrangers.




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