Les entreprises préoccupées par le marché du carbone

Quatre répondants sur cinq du sondage mené par... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Quatre répondants sur cinq du sondage mené par un chercheur montréalais ont dit craindre que les participants au marché ne se trouvent à financer des initiatives de réduction des GES à l'extérieur du Québec.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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(Québec) Les entreprises qui participent au marché du carbone sont d'accord avec son objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), mais craignent qu'il ne mine leur compétitivité et n'entraîne une fuite de capitaux, révèle un sondage mené par un chercheur montréalais.

Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal, estime que son enquête constitue une mise en garde au gouvernement Couillard, qui devra bientôt repenser ce programme-clé dans la lutte contre les changements climatiques.

« Les entreprises sont d'accord en général sur les objectifs, constate M. Pineau. Elles ont des craintes légitimes sur la compétitivité et elles réclament une aide directe et soutenue pour les aider en efficacité énergétique et en énergie renouvelable. »

Le chercheur a sondé 56 dirigeants d'entreprises qui participent au marché du carbone. Il s'est dit surpris par l'ampleur de l'appui au programme.

Mais cette adhésion n'est pasaveugle : quatre répondants sur cinq ont dit craindre que les participants au marché ne se trouvent à financer des initiatives de réduction des GES à l'extérieur du Québec.

NOUVELLE MOUTURE DU PLAN D'ACTION SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Cette situation milite pour que le gouvernement Couillard présente rapidement une nouvelle mouture de son Plan d'action sur les changements climatiques, dit M. Pineau. Il fait valoir que cette politique date de 2012 et que Québec doit rapidement expliquer au milieu industriel comment il compte l'épauler dans la transition vers une économie sobre en carbone.

Le principal partenaire du Québec dans le marché du carbone, la Californie, envisage de rendre son programme beaucoup plus contraignant pour les pollueurs à partir de 2020. L'État envisage d'abolir les allocations gratuites, ce qui forcerait les entreprises à acquérir davantage de droits d'émission.

Un tel tour de vis risque d'être mal accueilli par les entreprises québécoises si elles ne sont pas adéquatement soutenues par le gouvernement, dit M. Pineau.

« Ça va être très mal ressenti parce que ça va être un coût très important, a-t-il convenu. Et là, toutes les craintes qui ont été émises sur la fuite des capitaux et la compétitivité qui est à risque, alors c'est certain que ces craintes vont être d'autant plus importantes. »

Qu'est-ce que le marché du carbone ?

Le marché du carbone est un ambitieux programme de tarification de la pollution qui regroupe le Québec, la Californie et, bientôt, l'Ontario. Les entreprises participantes se voient accorder une allocation de droits d'émission. Pour se conformer au plafond fixé par les gouvernements, elles doivent en acquérir d'autres lors de ventes aux enchères, ou les échanger entre elles. Au Québec, les revenus des ventes de droits d'émission sont versés dans le Fonds vert, qui finance des initiatives de réduction des GES, mais dont la gestion a été critiquée dans les derniers mois.




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