Daniel Paillé en quête de son prochain défi

Daniel Paillé... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Daniel Paillé

Photo Alain Roberge, La Presse

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Richard Dufour

Il y avait de la place dans l'agenda de Daniel Paillé cette semaine. L'ex-ministre péquiste et ancien chef du Bloc québécois avait d'autres plans en tête à l'arrivée du printemps. Il espérait succéder à Monique Leroux à la tête du Mouvement Desjardins.

À défaut de devenir le tout premier président de la coopérative de Lévis à provenir de l'extérieur de l'organisation depuis la mise en place du nouveau mode électoral il y a 16 ans, il se dit prêt pour un nouveau défi ailleurs. «C'est difficile de m'arrêter», dit celui qui aura 66 ans au cours de la prochaine semaine et qui était consultant auprès de jeunes entreprises en démarrage avant de se lancer dans la course cet hiver. Il affirme cependant avoir fait une croix sur la politique et vouloir travailler dans son milieu qui est le monde des affaires et de la finance. «Je suis en grande forme. J'ai retrouvé toute mon énergie. Mes ennuis de santé sont maîtrisés», dit Daniel Paillé qui avait évoqué des problèmes de santé il y a trois ans en quittant la direction du Bloc québécois. Il souffre d'un type particulier d'épilepsie et dit être en mesure de bien contrôler la maladie aujourd'hui avec la médication.

Un pionnier

Même s'il n'a pas remporté son pari - le Mouvement Desjardins a élu Guy Cormier la fin de semaine dernière à la barre du groupe -, Daniel Paillé a fait figure de pionnier avec sa candidature.

«J'étais conscient du défi», dit-il en avouant avoir eu à agir rapidement pour amasser les appuis nécessaires dans les délais requis. Les intéressés devaient soumettre leur candidature durant la dernière semaine de janvier et Daniel Paillé dit que l'idée de se lancer dans la course ne lui est venue qu'au début du mois de janvier après des conversations avec un petit cercle d'amis.

«Un proche m'a fait remarquer que le mandat de Monique Leroux se terminait cette année», dit celui qui a alors réalisé qu'il avait le profil pour se présenter.

«Une opportunité, quand elle cadre, il faut la saisir», dit-il.

«Il fallait être membre d'une caisse et je le suis depuis longtemps, il fallait une formation en finance, de l'expérience de leadership, une vision, etc.» Il ne lui manquait que l'appui d'au moins 10 des 256 représentants des caisses Desjardins du Québec et de l'Ontario qui composent le collège électoral au Mouvement Desjardins.

«Je n'ai pas essuyé de refus. J'ai obtenu 10 réponses positives à mes 10 premiers appels», dit-il en précisant qu'il n'avait pas à obtenir une promesse de vote, mais simplement un appui pour indiquer qu'il devrait être accepté en tant que candidat.

«Il était temps que la coopérative reçoive une candidature de l'extérieur du Mouvement Desjardins, dit M. Paillé. Je voulais juste qu'on m'ouvre la porte. Je me disais que j'avais certainement une vision différente des gens à l'interne, alors mon objectif était de mettre le pied dans la porte pour pouvoir présenter ma vision.

«Desjardins est un environnement que je connais pour avoir fait des choses avec cette organisation dans le passé. À l'époque où je travaillais à la Caisse de dépôt et placement du Québec, il m'est arrivé de négocier devant Desjardins», dit-il à titre d'exemple.

En 40 ans de carrière - où il a notamment travaillé chez Québecor, Canam Manac, à la Caisse de dépôt et à la SGF -, il n'a passé que six ans en politique. C'est cependant davantage pour ses années chez les péquistes et les bloquistes qu'il s'est fait connaître du grand public. «La notoriété politique vient plus vite que la notoriété en affaires», dit celui qui avait évidemment une étiquette politique rattachée à sa candidature chez Desjardins.

«Un plaisir fantastique»

Au début du mois dernier, une fois la période des mises en candidature terminée, il y avait deux surprises, dit il: «Une candidature de l'externe [la sienne] et le fait que si je n'étais pas candidat, il n'y aurait eu que deux candidatures, alors que les gens en attendaient quatre ou cinq.»

En tant qu'un des trois candidats à la direction, Daniel Paillé a participé aux assemblées qui se sont déroulées dans les dernières semaines pour présenter ses idées et répondre aux questions des électeurs.

«J'ai eu un plaisir fantastique et ça a l'air d'avoir été apprécié. J'ai déjà reçu plusieurs mots de remerciements depuis le week-end dernier. Ça a fait lever le débat et probablement poussé les autres candidats à s'ajuster, dit-il. En début de semaine, j'ai même reçu un message me disant: soyez assuré qu'il y a eu un effet Paillé chez Desjardins.»

«J'en suis bien heureux. Ce fut, de loin, l'élection la plus respectueuse et éthique à laquelle j'ai participé», dit celui qui s'est fait élire comme député dans le passé au provincial et au fédéral.

Ce fut avant tout un échange d'idées, car il n'y a pas eu un seul débat entre les trois candidats. «C'était la règle, bien que des gens se questionnent sur sa pertinence. Moi, j'aurais aimé ça débattre. Les autres candidats [Guy Cormier et Robert Ouellette], peut-être pas.»

«Je ne considère pas que j'ai perdu. Guy Cormier a été choisi. Guy Cormier est un gars exceptionnel, il a été mon directeur de caisse pop. Il connaît toutes les farces et attrapes chez Desjardins. Le mouvement est entre bonnes mains.»

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