Économie sociale : refuser d'être une vache à lait

« Il n'était pas question de laisser le marché... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

Agrandir

« Il n'était pas question de laisser le marché dicter notre façon de consommer », affirme Patrick Duguay, directeur général de la Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides, à propos de la relance de la Laiterie Château.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La fermeture d'une laiterie a créé un grand élan de solidarité en Outaouais. Contre toute attente, on a formé une nouvelle entreprise. Comment ? En mettant en place un partenariat unique avec la population. Histoire d'un succès communautaire.

Patrick Duguay s'en souvient. « L'acheteur avait un but quand il a acquis la Laiterie Château, dit-il. Fermer l'usine et prendre ses parts de marché. » Mais le directeur général de la Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides avait une autre idée. « Il n'était pas question de laisser le marché dicter notre façon de consommer », ajoute-t-il. Avec l'aide de plusieurs personnes, il a formé un comité de relance. Nous étions en 2006.

Au service de nos besoins

« Il faut mettre l'économie au service de nos besoins, explique M. Duguay. Et c'était important d'avoir notre laiterie régionale. » Ce sera la Laiterie de l'Outaouais. Un montage financier est mis sur pied. On implique des actionnaires privés. Mais aussi des coopératives d'environ 30 travailleurs et de 700 consommateurs, précise celui qui est aussi président du conseil du Chantier de l'économie sociale.

Dès le début, Georges Émond est appelé en... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse) - image 2.0

Agrandir

Dès le début, Georges Émond est appelé en renfort. Ancien directeur général d'une laiterie et distributeur laitier, il a l'expertise pour diriger et pour agir comme promoteur.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Sondage de la clientèle

Dès le début, Georges Émond est appelé en renfort. Ancien directeur général d'une laiterie et distributeur laitier, il a l'expertise pour diriger et pour agir comme promoteur. Encore faut-il que les clients soient au rendez-vous. On lance alors un sondage sur l'internet. Combien de litres de lait une famille s'engage-t-elle à acheter chaque semaine ? « En 24 heures, on a eu des millions de litres en appui ! », dit M. Émond.

Achat du terrain et des équipements

Ça y est, on se lance. « La mobilisation de la population aide à convaincre les bailleurs de fonds », dit le président directeur général. Puisqu'il est impossible d'acheter la laiterie fermée, on en construira une nouvelle. Du jamais vu depuis des décennies. On achète le terrain et des équipements. « On a analysé tous les détails pour être à la fine pointe de la technologie, explique M. Émond. On voulait un lait de la plus grande qualité possible. »

Du projet à la réalité

Il faut du temps pour passer du projet à la réalité. La première pelletée de terre a lieu en 2008. L'ouverture de l'usine arrive deux ans plus tard. « Rapidement, l'entreprise parvient à rencontrer ses obligations financières », précise le PDG. Mais pour l'instant, ses gains servent à soutenir sa croissance. Cela n'empêche pas la laiterie d'investir dans des activités régionales et des projets communautaires.

Daniel Daoust est président de la Coop des... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE) - image 3.0

Agrandir

Daniel Daoust est président de la Coop des travailleurs depuis deux ans. « Le fait d'être travailleurs-actionnaires conscientise davantage les employés, dit-il.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRECHETTE, LA PRESSE

Employés conscientisés

Daniel Daoust est président de la Coop des travailleurs depuis deux ans. « Le fait d'être travailleurs-actionnaires conscientise davantage les employés, dit-il. Il y a un impact remarquable sur la qualité du travail. » Il constate qu'on prend un soin particulier aux équipements et qu'il y a un véritable esprit d'équipe. « Il y a une fierté dans ce que l'on fait », ajoute-t-il. En plus, être membre d'une Coop apporte des avantages fiscaux, précise-t-il.

Distinctions

La Laiterie de l'Outaouais a remporté plusieurs distinctions. Son lait plaît aux consommateurs, avance Georges Émond, parce qu'il n'est pas microfiltré, mais pasteurisé de la façon traditionnelle. Le lait au chocolat, au goût onctueux, est très populaire. « Il dépasse les frontières de l'Outaouais », souligne-t-il. En effet, on en retrouve depuis peu dans les magasins Costco de Terrebonne, de Boucherville et de Brossard. Avis aux amateurs.

Partager

La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer