Rona était condamnée, selon Michael Sabia

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Rona n'avait aucune chance de survie dans un marché dominé par les géants américains de la rénovation Home Depot et Lowe's, croit Michael Sabia.

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À l'occasion de la présentation des résultats de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia s'est prononcé sur plusieurs dossiers qui ont retenu l'attention au cours des derniers mois.

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Pour l'instant, la Caisse de dépôt et placement ne prévoit pas réinvestir dans Bombardier.

Photo Chris Ratcliffe, Archives Bloomberg

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Michael Sabia croit toujours possible que des trains relient Montréal à Brossard et à l’aéroport d’ici la fin de 2020.

Photo fournie par l'Agence métropolitaine de transport

RONA : « C'EST MALHEUREUX »

Rona n'avait aucune chance de survie dans un marché dominé par les géants américains de la rénovation Home Depot et Lowe's, croit Michael Sabia.

Au début du mois, Lowe's a présenté une offre d'achat de 3,2 milliards pour Rona, une proposition qui a reçu l'appui unanime du conseil d'administration et de la Caisse, détentrice d'environ 17 % des actions de l'entreprise de Boucherville.

« C'est malheureux, mais c'est le résultat de nos analyses que dans les circonstances, la meilleure façon de protéger le capital de nos déposants était de déposer nos actions. » - Michael Sabia

Il était hors de question que l'institution s'associe à d'autres investisseurs pour présenter une offre supérieure à celle de Lowe's. « Selon nous, il était impossible de faire une telle offre sans perdre le capital de nos déposants », a tranché le dirigeant.

« Nous aurions aimé positionner Rona comme un consolidateur de l'industrie », a-t-il insisté, en soulignant que la Caisse a aidé CGI et WSP à le faire dans leurs domaines respectifs. Rappelons qu'en 2012, la Caisse était intervenue auprès de Rona pour que l'entreprise se sépare de son PDG d'alors, Robert Dutton, et apporte des changements à son conseil. Robert Sawyer, qui était numéro 2 chez Metro, a été nommé à la tête de Rona.

Or, la stratégie n'a pas fonctionné. Michael Sabia voit trois raisons principales à cet échec : la forte volonté de Home Depot et de Lowe's d'accroître leur présence au Canada, le mouvement de consolidation de l'industrie à l'échelle mondiale et la popularité toujours grandissante du commerce en ligne. Sur ce dernier point, « Rona s'améliorait, mais n'était pas encore bien positionnée », a soutenu M. Sabia.

PAS DE RÉINVESTISSEMENT EN VUE DANS BOMBARDIER

Déjà troisième actionnaire en importance de Bombardier, la Caisse ne prévoit pas réinvestir dans l'entreprise en difficulté pour l'instant, a indiqué Michael Sabia.

L'institution vient d'investir 1,5 milliard US pour acquérir une participation de 30 % dans la division ferroviaire de la multinationale québécoise, Bombardier Transport.

« Est-ce que nous sommes ouverts à l'idée d'augmenter notre position ? Comme dans chaque dossier, ça dépend des circonstances », a déclaré M. Sabia, avant d'ajouter qu'il était peu probable qu'un nouvel investissement ait lieu prochainement. Il a tenu à rappeler que la Caisse veut éviter de « surconcentrer [son] exposition à une société en particulier ».

Le dirigeant a vanté les mérites de l'entente que la Caisse a conclue avec Bombardier Transport, qui garantit à l'institution un rendement minimal. « C'est une transaction modèle en cette période où nous tentons de contrer l'instabilité des marchés », a-t-il dit.

Michael Sabia a assuré qu'un éventuel réinvestissement de la Caisse dans Bombardier ne serait pas nécessairement lié à un assouplissement du contrôle que détient la famille Bombardier-Beaudoin au moyen d'actions à votes multiples. « Notre préoccupation n'est pas la gouvernance pour la gouvernance », a-t-il martelé, en notant que l'institution détenait des positions importantes dans CGI et Alimentation Couche-Tard, toutes deux contrôlées au moyen d'actions à vote multiple.

M. Sabia a par ailleurs salué le « très bon travail » du PDG de Bombardier, Alain Bellemare, en poste depuis un an. « L'entreprise a un plan de redressement qui progresse bien, à notre avis », a-t-il estimé, en précisant toutefois qu'il était encore tôt pour en arriver à un jugement définitif.

Le PDG de la Caisse a enfin qualifié de « constructive » la participation directe des gouvernements dans le programme d'avions C Series, et ce même si Ottawa n'a pas encore confirmé son investissement. « Cela permet de répondre à la préoccupation fondamentale des marchés, c'est-à-dire la question du risque », a-t-il relevé.

DES TRAINS EN 2020 ?

Michael Sabia croit toujours possible que des trains relient Montréal à Brossard et à l'aéroport d'ici la fin de 2020.

Il y a un peu plus d'un an, la Caisse a annoncé son intention de mener ces deux projets ambitieux, évalués à 5 milliards au total, pour le compte du gouvernement. Au cours des derniers mois, une équipe d'experts a été constituée, des études d'achalandage ont été amorcées et les bureaux d'ingénierie ont été mis sur pied. Des consultations doivent être lancées ce printemps.

« Le travail progresse très bien. Nous avons développé toutes sortes de nouvelles idées, toutes sortes de nouvelles façons de faire les choses. » - Michael Sabia

Le PDG a toutefois reconnu qu'il restait beaucoup de boulot à abattre, notamment en matière d'analyse financière. « Nous devons être certains que chacun des projets est solidement commercial pour la Caisse. »

Depuis un an, est-ce que la Caisse a découvert des éléments susceptibles d'entamer son enthousiasme pour les deux projets ? « Pas jusqu'à maintenant, mais il est toujours possible que quelque chose arrive », a prudemment répondu Michael Sabia.

À Toronto, les autorités s'apprêtent à réduire de plus de moitié les tarifs du nouveau train reliant l'aéroport Pearson au centre-ville en raison d'un achalandage largement en deçà des prévisions.

LA CAISSE A LARGUÉ VALEANT

Michael Sabia n'était pas peu fier de révéler que la Caisse s'était départie de toutes ses actions de Valeant juste avant que le titre de la société pharmaceutique lavalloise ne dégringole, l'automne dernier.

« Avant l'effondrement de Valeant, nous avons décidé de vendre notre position et j'en suis bien content », a commenté M. Sabia. Au comble de l'euphorie boursière qu'a suscitée Valeant, l'été dernier, la participation de la Caisse dans l'entreprise valait environ 700 millions, a précisé le dirigeant. L'action de Valeant a perdu 66 % de sa valeur depuis le début d'août en raison notamment de controverses sur la comptabilité de l'entreprise et sur l'augmentation marquée du prix de certains médicaments.

Le désinvestissement de la Caisse dans Valeant et dans Québecor Média a contribué à faire en sorte que la valeur des actifs de l'institution au Québec a légèrement reculé, passant de 60 milliards à la fin de 2014 à 59,7 milliards à la fin de l'an dernier.

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