Hausses de loyer: des réserves chez les proprios et les locataires

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Comme chaque année, la Régie du logement a publié vendredi des barèmes pour aider les propriétaires et les locataires à calculer les hausses de loyer. Pour un logement dont les frais de chauffage sont assumés par le locataire, elle suggère une hausse moyenne de 0,4% pour l'année 2016.

La Régie du logement rappelle que ses estimations ne tiennent cependant pas compte des ajustements attribuables aux augmentations des taxes municipales et scolaires et des assurances.

De plus, la situation de chaque immeuble ou logement peut varier en fonction des rénovations qui ont pu y être faites, rappelle la Régie.

Ses barèmes constituent donc «une base de discussion». Pour obtenir une estimation précise pour un immeuble, «il est nécessaire d'utiliser les outils de calculs prévus à cet effet» sur le site Web de la Régie, rappelle-t-elle.

Au cours d'une entrevue, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec a dénoncé les données manquantes dans le calcul de la Régie, notamment les hausses de taxes foncières, de taxes scolaires et des primes d'assurances. Ces dernières ont semble-t-il fortement augmenté pour les immeubles multilogements.

Le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette, parle de «taux complètement tordus et très éloignés de la réalité».

Pour ces raisons, M. Brouillette préférerait «que la Régie s'abstienne de publier des taux ou, à tout le moins, si elle persiste à vouloir le faire, qu'elle donne des fourchettes plus réalistes, plus raisonnables - ce qui n'est pas le cas ici».

Du côté des locataires, le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a souligné que même avec une mince hausse de 0,4%, certains locataires sont étranglés financièrement et ont peine à s'acquitter de leur loyer.

«Avec les propositions de la Régie du logement, on n'a pas de problème... si vraiment c'est ce qui s'appliquait aux locataires», commente François Saillant, coordonnateur du FRAPRU.

«Ce sont des indications, pas ce qui s'applique automatiquement», note-t-il, en rappelant qu'un locataire peut aussi refuser une augmentation proposée, demeurer dans son logement et s'adresser à la Régie pour faire trancher la question.

«Mais il y aurait un problème quand même, parce qu'il y a déjà des gens qui paient trop cher pour se loger, qui paient un pourcentage trop élevé de leurs revenus pour se loger. Pour ces gens-là, toute augmentation de loyer, même si elle est minime, c'est déjà trop», croit M. Saillant.

La Régie donne d'autres exemples d'estimations moyennes d'augmentations de base pour les loyers en 2016. Ainsi, pour un logement dont les frais de chauffage sont assumés par le propriétaire, si le chauffage est à l'électricité, l'estimation de hausse moyenne est de 0,7%. Elle est de 0,2% si le chauffage est au gaz.

Comme le prix du mazout a baissé de façon notable cette année, la Régie prévoit plutôt une estimation moyenne en baisse de 4,2% pour les logements dont les frais de chauffage au mazout sont assumés par le propriétaire.

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