Péage routier autour de Montréal: les milieux d'affaires disent non

Un groupe de travail indépendant formé de 12 économistes... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

Un groupe de travail indépendant formé de 12 économistes provenant de toutes les régions du pays recommande l'implantation d'un péage de congestion à tous les ponts qui donnent accès à l'île de Montréal.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Bruno Bisson
La Presse

Même s'ils considèrent que la congestion routière est devenue un problème «grave» dans la région métropolitaine, les milieux d'affaires sont réfractaires, pour ne pas dire totalement opposés, à ce qu'on implante des péages sur les ponts qui ceinturent l'île de Montréal pour réduire les embouteillages dans la métropole.

À l'occasion d'un forum public organisé jeudi à l'UQAM, le président de la chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a estimé qu'un tel péage de cordon agirait à la manière d'un «mur» qui éloignera les non-résidants de Montréal, qui isolera les commerces de l'île et qui pourrait même inciter des entreprises à se délocaliser hors du péage de cordon.

Cette table ronde organisée par le Forum Urba 2015 faisait suite à un rapport publié la semaine dernière par la Commission de l'écofiscalité du Canada, qui recommande la mise en place de différents mécanismes de tarification pour réduire la congestion routière et ses conséquences économiques, sociales et environnementales dans quatre villes canadiennes, soit Toronto, Montréal, Calgary et Vancouver.

Pour Montréal, le groupe de travail indépendant formé de 12 économistes provenant de toutes les régions du pays recommande l'implantation d'un péage de congestion à tous les ponts qui donnent accès à l'île de Montréal, selon le modèle mise en place, avec succès, par la Ville de Stockholm, en Suède.

Le PDG de l'Association du camionnage du Québec (ACQ), Marc Cadieux, a exprimé de fortes réserves quant aux comparaisons souvent faites entre Montréal et Stockholm. Dans la capitale suédoise, a-t-il souligné, l'implantation d'un péage de cordon a été réalisée après des travaux importants de consolidation du réseau routier et l'ajout de nouveaux services de transport en commun pour faciliter les déplacements.

Montréal, avec son réseau routier en reconstruction et ses réseaux de transports en commun saturés, ne peut pas soutenir la comparaison, a-t-il insisté.

«La tarification, a dit M. Cadieux, ne peut pas être une solution pour notre industrie, sans qu'il y ait un plan de match global» pour faciliter les déplacements et répondre aux interrogations qu'un péage soulèverait, notamment en termes de concurrence par rapport aux entreprises d'autres juridictions, où il n'existe pas de péage.

Attendre les miracles

La directrice générale du Conseil régional de l'environnement de Montréal, Coralie Deny, invitée sur le même panel, a déploré quant à elle le manque d'ouverture manifesté face à toute forme de mesures imposant des contraintes ou des limites à l'utilisation des automobiles.

«On est là à parler de congestion, des impacts, mais de l'autre côté, on nous dit "Ah!, on n'est pas sûr, si vous faites ceci, ça va provoquer cela". Toutes les villes qui ont posé des gestes concrets en termes d'aménagement, de transports urbains sophistiqués, de gestion du stationnement, toutes sans exception, au bout du compte, en ont tiré des bénéfices à plus d'un niveau.»

«Il va falloir à un moment donné qu'on prenne des décisions, a-t-elle ajouté, et qu'on s'ajuste au fur et à mesure. Parce que si on ne fait rien, en attendant la solution-miracle qui n'existe pas, on va continuer de se rencontrer ici, au cours des prochaines années, pour se poser les mêmes questions.»

Le professeur titulaire à la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau, a aussi remis en question l'argument du président de la chambre de commerce quant à la capacité de payer des ménages de la région métropolitaine, soulignant que ces mêmes ménages ont tendance à acheter des véhicules «de plus en plus chers, de plus en plus gros et qui viennent de plus en plus loin».

«Il semble en fait, ajoute-t-il, que les ménages ont beaucoup de capacité à payer pour des véhicules qui font partie du problème, mais qu'ils n'ont pas la capacité de payer pour la solution.»

Le président de la chambre, Michel Leblanc, a affirmé que les gens d'affaires seraient plus favorables - bien qu'avec des réserves - à des augmentations de la taxe sur l'essence ou des droits d'immatriculation pour financer des mesures de transport collectif susceptibles de favoriser une plus grande mobilité de la population.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

la liste:3762:liste;la boite:318296:box

À lire sur La Presse Affaires

Précédent |

publicité

image title
Fermer