Partenariat transpacifique: les manufacturiers et exportateurs veulent un accord

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Le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Les manufacturiers et exportateurs du Canada et du Québec pressent le gouvernement fédéral de conclure le Partenariat transpacifique, même s'il est imparfait. Et ils croient possible que cet accord puisse être conclu avant la prochaine élection fédérale.

«Moi, j'ai bon espoir que le gouvernement du Canada procède et que les États-Unis procèdent. Je pense que ça doit se faire avant l'élection et c'est ce qu'on les enjoint de faire. Les considérations de nature commerciale pour le Canada sont telles, l'importance pour le Canada et le Québec de devenir des nations exportatrices fortes est telle qu'il faut procéder, indépendamment du calendrier politique», a plaidé au cours d'une entrevue jeudi le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec, Éric Tétrault.

Les Manufacturiers et exportateurs ont tenu à intervenir publiquement en faveur de la conclusion d'un tel accord, jeudi, au lendemain de l'aval donné par le Sénat américain à une procédure de négociation accélérée proposée par le président Barack Obama.

Au cours des dernières semaines, le ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, ainsi que l'Union des producteurs agricoles et la Fédération québécoise des municipalités ont invité le gouvernement fédéral à protéger le système de gestion de l'offre dans cette négociation, au nom du milieu agricole, bien sûr, mais aussi des régions du Québec qui dépendent directement ou indirectement de cette industrie.

Les Manufacturiers et exportateurs ne s'opposent pas à ce que le Canada cherche à protéger le système de gestion de l'offre, mais ils affirment que l'un ne doit pas se faire aux dépens de l'autre et que l'on doit aussi penser au bien-être de toutes les entreprises exportatrices.

«On n'a pas d'opposition de principe à la position qu'ont prise l'UPA et le ministre Paradis. On a bien pris note des arguments; on les connaît d'ailleurs. Ce n'est pas d'hier qu'on a des débats sur la libéralisation des échanges et qu'on sait qu'il faut mettre le plus possible à l'abri notre système de gestion de l'offre. C'est un peu ce qu'on dit aujourd'hui: on incite le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec à protéger au maximum le système de gestion de l'offre et l'agriculture au Québec. On ne veut pas que l'un se fasse nécessairement au détriment de l'autre», a commenté M. Tétrault.

Le système de gestion de l'offre permet d'instaurer un équilibre entre l'offre et la demande, afin d'assurer une certaine stabilité de revenu aux producteurs d'oeufs, de lait et de volaille. Il vise à protéger le marché intérieur, mais, selon ses détracteurs, il a aussi pour effet de maintenir des prix plus élevés pour les consommateurs.

Plusieurs entreprises exportatrices d'ici bénéficieraient de ce Partenariat transpacifique, à commencer, selon M. Tétrault, par l'industrie de la transformation agroalimentaire, puis l'aéronautique, les pièces, les biens et services, les ressources naturelles. À l'heure actuelle, ces entreprises sont confrontées à des barrières tarifaires et non tarifaires, déplore M. Tétrault.

«Même si l'accord ne livrait pas nécessairement le Klondike, il faut voir tout ce qui s'en vient après. Pour l'instant, il faut bouger, c'est important», et profiter du contexte politique et économique actuel, croient les Manufacturiers et exportateurs.

«On veut suivre les États-Unis dans cet élan-là qui caractérise le président Obama de vouloir définir les règles du jeu avant que la Chine ou d'autres pays le fassent», ajoute M. Tétrault.

De passage à Québec, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a semblé être encore prêt à défendre le système de gestion de l'offre, bien qu'il ait qualifié d'essentiel cet éventuel accord.

«À notre avis, c'est essentiel que le Canada fasse partie de ce commerce international. En même temps, nous défendons notre système de gestion de l'offre. Nous tenterons toujours de défendre tous nos intérêts de tous nos secteurs. Et, évidemment, nous continuerons de faire ça jusqu'à la fin», a-t-il affirmé.

Le Partenariat transpacifique doit ultimement être conclu entre 12 pays, dont le Canada, les États-Unis, le Mexique et le Japon.

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