Les libéraux divisés sur les hausses de taxes

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Ce printemps, le fiscaliste responsable d'un groupe de travail proposait que le gouvernement augmente les taxes pour réduire le fardeau des impôts, une opération qui devrait se faire à coût nul pour les contribuables.

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(Montréal) Qu'on parle d'austérité, ou de «rigueur», les prochains mois auront un air de déjà vu dans les décisions du gouvernement Couillard. Mais les militants libéraux sont passablement divisés devant le projet de hausser les taxes à consommation pour réduire les impôts.

«La rénovation de l'État n'est pas finie, le gouvernement de transformation n'est pas fini. On est en train de mettre en place ce qui permettra de maintenir l'équilibre budgétaire dans le temps, pas seulement en 2015-2016», soutient Martin Coiteux, le président du Conseil du trésor. «Je n'appelle pas ça de l'austérité. La rigueur nous accompagnera toujours», ajoute le ministre.

Dans la rue, près d'un millier de manifestants s'opposaient aux compressions du gouvernement Couillard, encadrés par des policiers en pantalons de camouflage et avec des casquettes qui signifiaient aussi leur insatisfaction devant le piétinement des négociations de leurs conditions de travail.

Les 2000 délégués au congrès libéral ont adopté après un débat serré la résolution qui donne le feu vert au gouvernement s'il désire mettre en place les recommandations du rapport de Luc Godbout. Ce printemps, le fiscaliste responsable d'un groupe de travail proposait que le gouvernement augmente les taxes pour réduire le fardeau des impôts, une opération qui devrait se faire à coût nul pour les contribuables. Mais les dissensions étaient palpables. «J'ai payé des impôts toute ma vie et à la retraite je pourrais avoir un répit, et on va me rattraper avec les taxes!», viendra dire par dépit un militant de Québec. Un autre a relevé que les États-Unis étaient parmi les pays où les impôts étaient les plus élevés par rapport aux taxes. En renversant la tendance, le Québec se retrouverait avec des pays comme la Bulgarie et la Slovénie. La résolution fut adoptée, mais sur une division évidente.

«On est un parti de débat, c'est normal que les gens expriment des craintes. Ce que propose M. Godbout est quand même une réforme audacieuse» dira Martin Coiteux le président du Conseil du trésor. La décision du gouvernement n'est pas arrêtée, mais le premier ministre Couillard veut «avant tout un débat, que les décisions ne se prennent pas derrière des portes closes».

Les militants ont aussi appuyé une motion pour qu'on revoit à la hausse l'âge de la retraite pour recevoir des prestations de la Régie des rentes. On a choisi cependant de parler «d'adaptation» plutôt que de carrément augmentation de l'âge. Aussi on voudra être plus souple avec ceux qui ont des métiers plus pénibles physiquement.

La veille, les délégués avaient voté en faveur d'une motion introduisant l'élément du «risque» dans le calcul des primes d'assurance maladie. «Nos militants sont connectés à la réalité, ils veulent que les services puissent être rendus dans le futur» observe M. Coiteux, refusant de préciser «ce qu'on va faire» avec l'introduction de ce principe.

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