2014, année mouvementée pour nombre d'entreprises québécoises

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Les mauvaises nouvelles se sont aussi accumulées pour les détaillants de vêtements au cours des 12 derniers mois: Boutique Jacob et les magasins Smart Set ont entre autres disparu du paysage commercial.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Plusieurs entreprises québécoises ont connu une année mouvementée en 2014; si certaines ont réalisé d'importantes acquisitions, d'autres ont procédé à des suppressions d'emplois massives, se sont départies d'actifs et ont même mis fin à leurs activités.

Les licenciements ont notamment marqué l'année chez Bombardier (TSX:BBD.B), qui, dès le mois de janvier, avait annoncé la suppression de 1700 postes, surtout à Montréal et Mirabel, afin de réduire ses coûts.

Environ six mois plus tard, Bombardier procédait à une restructuration de sa division aéronautique - scindée en trois secteurs - supprimant du même coup 1800 emplois en plus d'entraîner le départ à la retraite de son président, Guy Hachey.

«L'entreprise anticipait des millions de dollars en revenus pour la CSeries et ils ont finalement dépensé beaucoup plus que prévu», fait remarquer Karl Moore, professeur associé en stratégie et leadership à l'Université McGill.

Initialement estimé à 3,4 milliards $, le coût du programme du nouvel avion commercial a été révisé à la hausse, à près de 4,4 milliards $.

En plus de licenciements au sein de sa division ferroviaire, Bombardier a également eu des ennuis avec les essais en vol de la CSeries, lorsqu'en mai, l'explosion d'un moteur a cloué au sol les appareils d'essais pour plus de trois mois.

«Ç'a été une année décevante, parce que les problèmes du moteur de Pratt & Whitney se sont ajoutés aux licenciements, fait remarquer M. Moore. En 2015, j'espère que la CSeries obtiendra sa certification et que l'avion sera livré comme prévu, en deuxième moitié d'année.»

Le géant de l'ingénierie SNC-Lavalin (SNC.TO) n'a pas échappé aux importants licenciements, puisque sa restructuration, mise de l'avant en novembre, se traduira par la suppression de 4000 emplois à travers le monde, soit neuf pour cent de son effectif.

Empêtrée dans des scandales de corruption, la société montréalaise semblait voir la lumière au bout du tunnel, notamment lorsqu'elle a allongé 2 milliards $ pour mettre le grappin sur Kentz Corporation Limited, une firme britannique spécialisée dans les secteurs pétrolier et gazier.

«La direction semble avoir les coudées franches, estime Louis Hébert, professeur de stratégie à HEC Montréal. Le chemin sera long, mais il semble y avoir des gens compétents.»

L'élan de SNC-Lavalin a semblé freiné en août par la sortie de son président et chef de la direction, Robert Card, qui a suggéré que le dépôt d'accusations pourrait forcer le démantèlement ou la vente de la firme d'ingénierie à des intérêts étrangers, ce qui menacerait les quelque 5000 emplois de son siège social montréalais.

«Je m'inquiète quant à leur position internationale, dit M. Hébert. Par exemple, leurs problèmes avec la Banque mondiale sont importants parce qu'il s'agit de projets prestigieux.»

Le tumulte entourant les nombreuses allégations de malversation et de corruption a aussi eu raison de Dessau, qui a cédé ses activités d'ingénierie à la firme Stantec, ce qui a permis à la firme albertaine d'ajouter à son effectif quelque 1300 employés au Québec.

L'année 2014 aura également mis fin à la saga entourant la vente du Groupe Hexagone, constitué de plusieurs entreprises ayant appartenu au controversé entrepreneur en construction Tony Accurso, dont Louisbourg Construction.

En difficultés financières, le géant québécois de la construction - qui était dans la mire d'entreprises étrangères - est finalement passé aux mains de la société lavalloise Transelec.

«Cette entreprise était tellement entachée que le statu quo n'était pas une option, souligne M. Hébert. On ne pouvait accepter qu'une entreprise au coeur de tellement de scandales mérite de s'en sortir facilement.»

Si l'acquisition du Groupe Hexagone par une entreprise étrangère n'aurait été dramatique, M. Hébert se réjouit que la vente ait été réalisée «sans coûts sociaux».

Le bilan de 2014 est beaucoup plus reluisant du côté de WSP Global (WSP.TO) , anciennement connue sous le nom de Genivar. Après avoir adopté le nom de WSP dès le début du mois de janvier, la firme d'ingénierie montréalaise a notamment doublé de taille en septembre en achetant la société américaine Parsons Brinckerhoff pour 1,2 milliard $ US.

Les détaillants de la mode au tapis

Les mauvaises nouvelles se sont aussi accumulées pour les détaillants de vêtements au cours des 12 derniers mois: Boutique Jacob et les magasins Smart Set ont entre autres disparu du paysage commercial.

Reitmans (RET.TO) a décidé de fermer ou reconvertir ses 107 magasins de sa bannière de mode féminine Smart Set qui a vu le jour en Ontario en 1970. Jacob a abandonné sa restructuration pour fermer ses 92 magasins à travers le pays.

D'autres détaillants de vêtements se sont également placés sous la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, alors que d'autres entreprises, comme Le Château (CTU.TO) et Bikini Village (GBV.TO) , éprouvent des difficultés au chapitre des ventes.

«Il y a des détaillants internationaux qui peuvent offrir aux clients une gamme de produits qui change constamment et qui semble leur plaire», explique le responsable du secteur du commerce de détail chez PricewaterhouseCoopers Canada, Alain Michaud.

Si Target et Marshalls figurent parmi les nouveaux venus les plus importants en provenance des États-Unis, d'autres grandes marques étrangères, incluant H&M et Banana Republic, ont accru leur part de marché en diminuant leurs prix.

«Les chaînes étrangères livrent un nombre impressionnant de nouveaux arrivages, estime M. Michaud. C'est plus difficile pour un petit détaillant de concurrencer des entreprises qui amènent des nouvelles collections aux deux semaines.»

Consolidation des hebdomadaires

Le mois de juin 2014 aura sonné le glas de la guerre des journaux hebdomadaires lorsque TC Transcontinental (TCL.TO) a acquis les 74 publications québécoises de Sun Media - une filiale de Québecor (QBR.TO) - pour une somme de 75 millions $.

L'imprimeur québécois a ensuite mis fin à la publication de 20 journaux hebdomadaires, provoquant du même coup le licenciement de quelque 80 personnes.

D'autres publications ont aussi changé de mains, lorsque Transcontinental a cédé 15 magazines - dont Coup de pouce, Décormag, Véro Magazine, Elle Québec - à Groupe TVA (TVA.TO) pour 55,5 millions $ en novembre dernier.

Québecor a aussi quitté l'industrie de la presse écrite anglophone en vendant ses 175 journaux de Corporation Sun Media à Postmedia (PNC.TO) pour la somme de 316 millions $.

Agropur affamée

La coopérative laitière Agropur s'est quant à elle illustrée au cours de son exercice 2014 en réalisant six transactions, dont la plus importante de ses 76 années d'existence en juillet.

En avalant les actifs de l'entreprise américaine Davisco Foods International, spécialisée dans la fabrication de fromage et d'ingrédients laitiers, Agropur a doublé ses activités de transformation au sud de la frontière en plus d'accroître de moitié son approvisionnement en lait.

Cette croissance a par ailleurs été à l'origine, le 19 décembre, d'un investissement de 470 millions $ de la part d'investisseurs institutionnels et bancaires québécois, dont la Caisse de dépôt et le Fonds de solidarité, dans la plus grande coopérative laitière canadienne.

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