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Retour du baseball: l'équipe d'actionnaires prend forme

Le projet de retour des Expos en est... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Le projet de retour des Expos en est encore au stade préliminaire : aucune équipe n'est disponible, les gens d'affaires montréalais intéressés ne font que discuter entre eux, et aucuns pourparlers n'ont eu lieu avec les gouvernements pour la construction d'un stade au centre-ville.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Stephen Bronfman, Bell, Mitch Garber et le PDG de Dollarama Larry Rossy sont au coeur du groupe de gens d'affaires montréalais qui étudient depuis plus d'un an la possibilité de ramener une équipe du baseball majeur à Montréal, a appris La Presse auprès de plusieurs sources.

Une dizaine de gens d'affaires sont actifs au sein du groupe chapeauté par la chambre de commerce du Montréal métropolitain, mais les membres du groupe ne sont pas tous nécessairement intéressés à devenir propriétaires d'une équipe.

Selon nos informations, Stephen Bronfman, Bell, Mitch Garber et Larry Rossy sont au nombre des membres qui ont démontré en privé de l'intérêt pour faire partie du groupe de propriétaires d'une équipe du baseball majeur à Montréal, advenant qu'une équipe devienne disponible et que le montage financier (achat d'une équipe et construction d'un stade au centre-ville) soit satisfaisant.

Selon nos sources, la famille Molson, actionnaire majoritaire du Canadien de Montréal, n'est pas impliquée dans le groupe, n'a pas financé l'étude et n'a pas l'intention de devenir actionnaire d'une équipe du baseball majeur à Montréal. Par contre, l'entreprise de télécommunications BCE (Bell), qui détient 18% du Groupe CH (incluant le Canadien, le Centre Bell et evenko), a financé l'étude et est intéressée à faire partie d'un éventuel groupe de propriétaires.

Stephen Bronfman

Stephen Bronfman est bien connu dans le milieu du baseball majeur. Son père Charles Bronfman a été propriétaire majoritaire des Expos de 1969 à 1991. Stephen Bronfman a été actionnaire minoritaire des Expos de 1999 à 2004. En 2009, il avait déposé, par sa société d'investissement privé Claridge, une offre pour acheter le Canadien de Montréal, finalement vendu à un consortium mené par la famille Molson. M. Bronfman est aussi actif dans plusieurs oeuvres de bienfaisance par sa fondation familiale.

PDG de Caesars Acquisition Company, Mitch Garber dirige l'une des plus importantes entreprises de jeux de hasard en ligne du monde. Caesars Acquisition Company, qui détient notamment les droits des World Series of Poker, est inscrit en Bourse au NASDAQ, à New York, mais son siège social est situé à Montréal. L'entreprise, qui possède aussi une demi-douzaine de casinos aux États-Unis, vaut actuellement 1,38 milliard au NASDAQ.

Larry Rossy est PDG de la chaîne de magasins Dollarama (il en est aussi le deuxième actionnaire avec 4,46% des titres, qui valent environ 300 millions). L'an dernier, le magazine Canadian Business évaluait la fortune de la famille Rossy à 1,4 milliard, ce qui lui confère le 54e rang au classement des Canadiens les plus riches.

M. Bronfman, M. Garber et M. Rossy n'ont pas rappelé La Presse hier. Bell n'avait pas de commentaires à faire dans ce dossier.

Un projet encore au stade préliminaire

Une dizaine de gens d'affaires font partie du groupe chapeauté par la chambre de commerce du Montréal métropolitain qui a comme objectif de ramener une équipe de baseball majeur à Montréal. Plusieurs membres du groupe, dont le cabinet d'avocats BCF, la firme comptable EY et RBC Groupe financier, se sont impliqués en finançant l'étude et en appuyant le projet, mais ils n'ont pas l'intention de devenir actionnaires de l'équipe, si l'occasion se présentait.

Le projet du retour des Expos est encore au stade préliminaire: aucune équipe n'est disponible, les gens d'affaires montréalais intéressés ne font que discuter entre eux, et aucuns pourparlers n'ont eu lieu avec les gouvernements pour la construction d'un stade au centre-ville. Un nouveau stade au centre-ville est d'ailleurs essentiel à la réalisation du projet, a conclu une étude de EY dévoilée en décembre 2013. La chambre de commerce du Montréal métropolitain a payé la moitié de la facture de 400 000$; la dizaine de gens d'affaires ont acquitté l'autre moitié. L'identité des gens d'affaires en question n'a pas été dévoilée.

Entre-temps, 96 350 spectateurs ont assisté à deux matchs d'avant-saison des Blue Jays de Toronto au Stade olympique, en mars dernier. Il s'agissait des premiers matchs du baseball majeur présentés à Montréal depuis le départ des Expos en 2004. Après ce succès aux guichets, des gens d'affaires montréalais intéressés au retour d'une équipe de baseball à Montréal ont eu des contacts avec une dizaine d'équipes du baseball majeur pour leur expliquer leur démarche et le sérieux de leur étude.

Selon ce que La Presse dévoilait mardi dernier, des gens d'affaires montréalais ont aussi eu deux rencontres, le printemps dernier, avec les Rays de Tampa Bay, l'équipe qui a eu la plus faible assistance du baseball en 2014 et qui est aussi la moins riche selon Forbes (valeur de 485 millions US en mars 2014). Les Rays leur ont toutefois indiqué qu'ils ont l'intention de tout faire pour rester en Floride, notamment négocier une nouvelle entente de droits de diffusion après la saison 2016 et construire un stade au centre-ville avec l'aide de fonds publics.

Selon le scénario privilégié par les gens d'affaires montréalais, le propriétaire d'une équipe existante pourrait conserver une part importante, voire majoritaire, de l'actionnariat. L'étude de EY estime le coût du projet à 1,025 milliard: 500 millions pour un stade au centre-ville et 525 millions pour obtenir une équipe.

690 millions difficiles à trouver

À l'heure actuelle, le groupe de gens d'affaires n'aurait aucune difficulté à réunir au moins 200 millions, mais il serait beaucoup plus compliqué de réunir à court terme les 690 millions nécessaires pour acheter une équipe (525 millions) et payer le tiers du coût d'un stade au centre-ville (165 millions sur 500 millions), comme le suggère le scénario retenu par l'étude de EY. L'état des finances du gouvernement du Québec et la politique du gouvernement fédéral de ne pas investir dans les stades de sport professionnel pourraient faire en sorte que d'éventuels propriétaires devraient assumer l'ensemble de la facture d'un nouveau stade.

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