Hexagone reste québécoise

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Mario Bertrand, président du conseil d'administration d'Hexagone, juge la transaction bonne pour le Québec et les employés d'Hexagone.

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Tony Accurso et son ancienne entreprise devenue le Groupe Hexagone viennent d'accepter des offres d'achat distinctes qui permettront le maintien, au Québec, d'activités et d'emplois qui étaient en péril. Le Groupe Transelec/Common (TCI) met la main sur la carrière de pierres de M. Accurso, située à Laval, et la presque totalité des activités d'Hexagone, a appris La Presse.

Selon les informations recueillies de sources diverses, les deux ententes ont été conclues vendredi soir. Le transfert des opérations commerciales qui doivent recevoir l'aval des autorités réglementaires devrait être complété au cours des prochaines semaines.

Ces deux transactions permettront à TCI de se positionner comme l'un des acteurs majeurs de l'industrie de la construction. L'entreprise lavalloise dame ainsi le pion aux sociétés étrangères comme Dragados, Fayolle et Vinci, qui étaient sur les rangs depuis quelques mois pour avaler, en tout ou en partie, Hexagone, une société en difficulté.

Chassé malgré lui

En acceptant de vendre sa carrière, qui était au coeur de l'entreprise familiale depuis des décennies, Tony Accurso se distancie un peu plus de l'industrie de la construction au Québec. L'entrepreneur demeure toutefois actif dans les secteurs de la fabrication de pipelines et l'immobilier. De plus, il est toujours à la tête de holdings financiers.

Les nouvelles modifications à la Loi sur l'intégrité en matière de contrats publics (loi 1) ont convaincu Tony Accurso de se départir du dernier bastion de son empire de construction, a expliqué une personne directement impliquée dans le dossier et qui a demandé à ne pas être identifiée.

De fait, les nouvelles dispositions à la loi 1 entreront en vigueur le 24 octobre. Elles concernent notamment les sous-traitants des contrats publics, notamment ceux qui, comme Tony Accurso, fournissent de la pierre concassée et fabriquent de l'asphalte pour les routes du Québec.

De la même façon, l'adoption de la loi 1, en décembre 2012, qui exclut des marchés publics les dirigeants d'entreprises dont la probité est mise en doute, avait forcé M. Accurso à mettre en vente Louisbourg SBC, Gastier, Ciments Lavallée, Geodex, Houle H20 ainsi que des actifs de Simard-Beaudry. Ce sont ces entreprises qui forment Hexagone depuis mai 2013.

Fin de l'incertitude

Mais rapidement après la formation de la nouvelle entité, les difficultés financières sont apparues. Dès lors, Hexagone s'est engagée dans un processus de recapitalisation. C'est dans ce contexte que le conseil d'administration d'Hexagone a choisi de se départir de l'ensemble de ses filiales, à l'exception de Gastier.

Joint hier à Paris par La Presse, le président du conseil d'administration d'Hexagone, Mario Bertrand, a confirmé la vente à TCI, soulignant qu'elle «permet d'entrevoir le futur avec optimisme».

«La transaction avec Transelec est une bonne transaction pour nos employés et le Québec. Il s'agit d'un groupe québécois solide qui récupère l'ensemble de l'expertise et tous les employés des unités d'affaires concernées», a mentionné M. Bertrand.

TCI a déposé une offre à la fin du mois d'août, alors qu'Hexagone était déjà en négociation avec d'autres entreprises. Deux semaines auparavant, la française Fayolle, qui détient l'entreprise montréalaise Excavations Payette, avait même publié un communiqué de presse pour annoncer l'acquisition des secteurs des égouts et réseaux de distribution d'eau, asphalte, bordures et trottoirs. Hexagone avait toutefois démenti la conclusion de quelque transaction que ce soit.

La vente à TCI met fin à une longue période d'incertitude pour les employés d'Hexagone. «Même après avoir négocié et réduit en juillet 2014 à sa plus simple expression [sa juste part des factures des travaux antérieurs à la transaction] la balance de prix de vente due au Groupe Accurso, Hexagone avait toujours une épée de Damoclès avec la dette à court terme», a affirmé M. Bertrand.

Hexagone qui appartient à Benoît Bégin et Sylvain Gadoury, conserve la propriété de Gastier qui pourrait bénéficier de la relance du plan Nord du gouvernement du Québec. Cette filiale a acquis une expertise dans les «marchés porteurs» que sont les secteurs minier, gazier et pétrolier, a souligné Mario Bertrand.

Le Groupe Transelec/Common (TCI) avait prévu faire l'annonce de ses nouvelles acquisitions à ses employés hier en soirée.

Il a toutefois été impossible de connaître la valeur des deux transactions. Rappelons que la création d'Hexagone constituait une transaction de quelque 150 millions de dollars.

Le Groupe Transelec/Common (TCI)?

  • Créée en 1978, la société Transelec offrait à l'époque des services dans la construction, la gestion et l'entretien des infrastructures de réseaux énergétiques. En 1994, elle a acquis Common, qui se spécialise dans les travaux de génie civil. On parlera désormais de TCI.
  • Au cours de la dernière décennie, l'entreprise a diversifié ses activités en multipliant les acquisitions, notamment en électricité et en forage.
  • L'entreprise dirigée par Claude Gauthier (président du conseil d'administration) et son fils Stéphane Gauthier (PDG) compte 1300 employés.

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