Déboires des vélos BIXI: des PME risquent de perdre gros

Devinci Cycles, le fabricant saguenéen des 38 000... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, archives La Presse)

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Devinci Cycles, le fabricant saguenéen des 38 000 vélos conçus sur mesure pour les systèmes BIXI qui ont été implantés à Montréal et dans une dizaine de grandes villes du monde, a pour plus de 840 000$ en comptes impayés chez la Société de vélo en libre-service (SVLS).

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Les déboires financiers de la société de vélos BIXI à Montréal, qui est sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité depuis lundi, risquent de coûter très cher à des PME québécoises de pointe qui se retrouvent parmi les fournisseurs impayés.

C'est le cas notamment de Devinci Cycles, le fabricant saguenéen des 38 000 vélos conçus sur mesure pour les systèmes BIXIqui ont été implantés à Montréal et dans une dizaine de grandes villes du monde.

Devinci a pour plus de 840 000$ en comptes impayés chez la Société de vélo en libre-service (SVLS) selon la première liste des créanciers déposée en cour lundi, avec la demande de protection judiciaire.

Si elle s'avère irrécupérable, une telle somme risque de peser très lourd dans les prochains états financiers de cette PME manufacturière d'une soixantaine d'employés.

De plus, Devinci Cycles a misé jusqu'à récemment sur la notoriété technique des vélos BIXI pour promouvoir sa croissance dans le marché des vélos grand public de gamme supérieure.

Pour tenter d'y voir plus clair, le président de Devinci Cycles, Félix Gauthier, et son directeur financier, Patrice Lavoie, étaient à Montréal encore hier, a-t-on indiqué à La Presse au siège social de l'entreprise, à Saguenay.

Ailleurs dans la liste des créanciers de SVLS/BIXI, on remarque aussi trois PME de fabrication et de surfaçage en métallurgique qui sont toutes voisines à Thetford Mines et dont les réclamations totalisent 750 000$.

Ce trio, qui regroupe quelque 420 salariés, comprend deux entreprises, CIF Métal et Industries Fournier, où la filiale de capital-risque pour PME du Mouvement Desjardins, Capital régional et coopératif Desjardins, est le principal actionnaire.

De plus, chez Industries Fournier, l'entreprise émerge d'un rachat de continuité par les adjoints du fondateur, réalisé l'automne dernier avec l'appui de Desjardins.

Dans ce contexte, le risque de perdre 306 000$ en comptes impayés chez SVLS/BIXI augure d'un stress financier additionnel pour ces nouveaux dirigeants-actionnaires.

Entre-temps, chez la PME montréalaise 8D Technologies, spécialiste des systèmes informatisés de gestion commerciale, on se déclare être engagé «par-dessus la tête» dans la comptabilisation des comptes impayés par SVLS.

Selon le relevé préliminaire déposé en cour, les réclamations de 8D Technologies seraient d'environ 565 000$. Mais selon sa présidente et coactionnaire Isabelle Bettez, la somme totale serait «beaucoup plus élevée, peut-être le double», a-t-elle soutenu au cours d'un entretien téléphonique.

Pour cette PME d'une cinquantaine d'employés, il s'agit d'une autre grosse tuile financière qui vient envenimer une relation d'affaires déjà très tumultueuse avec SVLS/BIXI.

Depuis deux ans, 8D Technologies est en poursuite judiciaire de plusieurs millions de dollars contre SVLS pour, dit-elle, avoir interrompu son mandat de développeur et fournisseur de systèmes de gestion des réseaux de bornes à vélos BIXI.

Selon des propos rapportés ces derniers jours, cette rupture d'affaires entre 8D et SVLS serait l'une des sources de ses problèmes subséquents à livrer des systèmes BIXI pleinement fonctionnels à des villes comme New York et Chicago.

Ces défectuosités auraient ensuite incité d'autres villes insatisfaites à bloquer leurs paiements à SVLS/BIXI, d'où sa crise de liquidités et son recours à la protection de la Loi sur la faillite.

D'ailleurs, ce volet récent du «beau projet» des BIXI attriste le designer industriel Michel Dallaire, principal concepteur des vélos et des bornes électroniques. Davantage même que le risque de perdre 20 000$ en comptes impayés à sa «petite firme de cinq ou six employés, selon les contrats».

«Personne n'apprécie perdre 20 000$. Mais au moins, notre design du système BIXI demeure un succès d'estime reconnu à l'international, jusqu'à Londres et New York», a commenté M. Dallaire.

«Ce qui me peine, toutefois, c'est que ce beau projet que nous avions monté soit gaspillé pour toutes sortes de raisons, en interventions politiques et en mauvaise gestion.»

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PRINCIPAUX CRÉANCIERS QUÉBÉCOIS DE SVLS/BIXI*

> Ville de Montréal: 31,2 millions

> Banque Nationale: 5,3 millions

> JFG Logistique (Montréal): 1 million

> Devinci Cycles (Saguenay): 843 878$

> 8D Technologies (Montréal): 565 993$

> CIF Metal (Thetford Mines): 307 700$

> Industries Fournier (Thetford Mines): 306 407$

> Fasken Martineau (Montréal): 230 972$

> Groupe Poitras (Québec): 175 621$

> Serie Act Peinture (Thetford Mines): 163 806$

> Publicité Effix (Montréal): 142 651$

> Atelier Cyclochrome (Montréal): 107 452$

* Selon la liste préliminaire de créanciers soumise par SVLS/BIXI lors de sa requête en protection judiciaire, le lundi 20 janvier 2014.

Source: SVLS/BIXI

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