Marois pas inquiète ou surprise de la menace de Fitch

La première ministre du Québec, Pauline Marois.... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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La première ministre du Québec, Pauline Marois.

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(Monaco) Pauline Marois n'est pas surprise ou préoccupée de voir l'agence de notation Fitch placer sa cote de crédit «sous surveillance avec perspective négative»

Pauline Marois n'est pas surprise ou préoccupée de voir l'agence de notation Fitch placer sa cote de crédit «sous surveillance avec perspective négative».

«Ça ne m'inquiète pas. Nous sommes sous surveillance. C'est un peu normal, parce que le déficit est de 2,5 milliards (pour cette année fiscale, soit 0,7% du PIB) et que nous ne souhaitions pas qu'il y ait de déficit», a-t-elle expliqué samedi au terme d'un entretien à Monaco avec le ministre des Affaires étrangères de la France, Laurent Fabius.

Dans sa dernière mise à jour économique, le gouvernement péquiste a reporté de deux ans le retour au déficit zéro. Au lieu de l'équilibre budgétaire, un déficit sera donc enregistré cette année et l'année prochaine.

C'est ce qui a motivé l'annonce de Fitch, qui maintient néanmoins la cote du Québec à «AA -». Une décote est souvent précédée d'une mise sous surveillance. Mais il ne faut pas en déduire l'inverse, a rassuré la première ministre du Québec. Ce n'est pas parce que le Québec est mis sous surveillance qu'il sera décoté.

«Il n'y a pas de menace de décote, il y a surveillance», a-t-elle insisté, d'un ton serein.

Même si Mme Marois juge «un peu normal» la décision de Fitch, les quatre autres agences de notation (Standard&Poors, Moody, DBRS et Japan Credit Rating) n'ont pas changé leur cote depuis la mise à jour économique.

Moody's a affirmé que Québec réussissait encore à contrôler ses dépenses et que les déficits pour les deux prochaines années ne gonfleront pas de manière significative la dette.

S&P relativise aussi le déficit. Elle appelle que Québec est la sixième province canadienne à devoir reporter l'équilibre budgétaire à cause de conjoncture économique.

«Les communiqués émis par les agences sont positifs. Ils observent ce qui se passe au Québec et ils n'ont pas d'inquiétude», a rappelé Mme Marois.

Le déficit de 2,5 milliards cette année correspond à la baisse des revenus anticipés. Le gouvernement péquiste l'attribue à la croissance économique anémique et la faible inflation, deux facteurs qui diminuent les taxes et impôts payés.

Le service de la dette est actuellement la troisième dépense la plus élevée pour Québec. Une décote augmenterait les intérêts à payer, ce qui rendrait le remboursement encore plus coûteux.

L'économie va bien, assure Mme Marois

Pour atteindre le déficit zéro dans deux ans, Québec doit limiter l'augmentation de ses dépenses à 2%, une cible qu'il n'a pas réussi à atteindre cette année. Et il faudra aussi trouver plus de un milliard en nouvelles compressions. Le Québec a-t-il encore le droit à l'erreur s'il veut éviter une décote? «Moi, je ne le prends pas comme une erreur. Je veux être bien claire là-dessus, a répondu Mme Marois, en réorientant la question. Tous les États du monde ont des difficultés à boucler leur budget. En 2017-18, l'Ontario va boucler son budget, et c'est la province la plus riche du Canada. En ce sens-là, si on se démarquait sensiblement de ce qui se passe dans les autres États du monde, on pourrait questionner, mais ce n'est pas le cas.»

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a déjà fait son mea culpa. «C'est vrai que cette fois-ci, on s'est trompé beaucoup. Je pense qu'il faut le reconnaître», a-t-il avoué il y a deux semaines en interview.

Mme Marois n'admet pas de responsabilité. Il faut distinguer entre «la question budgétaire et la question économique». «L'économie du Québec va bien, relativement à ce qui se passe dans l'ensemble de l'économie mondiale», assure-t-elle. Elle parle du taux de personnes sur l'aide sociale, à son plus bas niveau depuis 1975, et du taux de chômage de 7,1%.

La croissance économique cette année sera de 0,9%. Au Canada, elle sera de 1,6%. Les mises en chantier diminueront de 30% au Québec, soit deux fois plus que dans le reste du pays. La croissance des dépenses sera aussi de 3,3%, un point de pourcentage de plus que prévu.

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