Le marché du travail québécois paraît se consolider

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Les secteur de la construction a gonflé légèrement... (PHOTO RYAN REMIORZ, PC)

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Les secteur de la construction a gonflé légèrement son effectif au Québec, allant à l'encontre de la tendance canadienne.

Rudy Le Cours
Rudy Le Cours
La Presse

Pour une rare fois cette année, les entreprises québécoises ont fait plus d'embauches que de licenciements, en septembre. Au net, on comptait 15 000 emplois de plus qu'en août, ce qui a permis de faire reculer le taux de chômage de trois dixièmes à 7,6%, selon les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada.

Depuis le début de l'année, toutefois, le Québec compte 30 400 emplois en moins. En fait, la saignée est pire si on exclut le travail à temps partiel: 41 600 postes à temps complet ont disparu jusqu'ici cette année.

Bref, il y aura là de quoi poursuivre la guerre de chiffres entre les formations politiques à l'Assemblée nationale.

Même s'il faut manipuler avec précaution les données mensuelles de l'EPA qui sont très volatiles malgré la taille de l'échantillon (56 000 ménages), le Québec a nettement mieux fait que le reste du Canada, en septembre.

D'un océan à l'autre, on compte 11 900 embauches nettes, toutes à temps complet. Une désertion de 25 100 personnes des rangs de la population active, concentrée chez les 15-24 ans, qui ont sans doute renoncé à leur emploi à temps partiel en reprenant leurs classes, a permis de faire reculer de deux dixièmes le taux de chômage à 6,9%, le taux le plus faible du présent cycle.

C'est avant tout la baisse du taux d'activité de deux dixièmes à 66,4%, le plus faible en une dizaine d'années, qui explique la baisse du taux des demandeurs d'emploi. Le taux de participation canadien est toutefois plus élevé que celui de 63,2% des États-Unis, en août. (Les données de septembre n'ont pas encore été publiées.)

Au Québec, le taux de participation a reculé d'un dixième à 64,8%.

La création canadienne d'emplois a été concentrée dans le secteur privé avec plus de 73 000 embauches, ce qui porte à un sommet historique l'effectif des entreprises.

Incertitude à Washington

La probabilité que ce rythme se maintienne reste toutefois bien faible. L'incertitude causée par la fermeture du gouvernement à Washington et ses conséquences poussent les entreprises canadiennes à retarder des embauches et des investissements projetés. Elles préfèrent augmenter le taux d'utilisation de leurs capacités de production actuelles, selon les données automnales de l'Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada.

L'austérité budgétaire a supprimé de nouveau 16 300 emplois dans le secteur public, ce qui porte la purge à 64 800, cette année. Les rangs de la cohorte des travailleurs autonomes, une catégorie qui reflète souvent une détente du marché du travail, ont aussi diminué.

À l'échelle canadienne, le solde net des embauches est concentré dans les services, surtout dans la finance et les assurances. Les pertes les plus élevées sont de nouveau dans la fabrication (-26 000), et portent la baisse d'effectifs à 67 600, cette année.

Au Québec, on comptait 6000 travailleurs de moins dans les usines, dont les rangs se sont amaigris de 29 200 personnes cette année. La construction a toutefois gonflé légèrement son effectif, allant à l'encontre de la tendance canadienne. C'est toutefois, comme au Canada dans son ensemble, dans la finance et les assurances que les embauches ont été les plus nombreuses.

À Montréal, le taux de chômage a reculé d'un dixième à 8,3%, malgré la disparition de 2800 postes.

Pour l'ensemble du trimestre, le nombre d'heures travaillées a augmenté de 1,5% en rythme annuel, ce qui suggère que l'expansion économique s'est poursuivie à un rythme annualisé près des 2%. Au deuxième trimestre, le rythme avait été de 1,7%.

Enfin, précisons que l'augmentation de salaire annualisée a été de 1,6% au cours du trimestre. Cela tend à suggérer que les employeurs n'éprouvent pas de difficulté à trouver de la main-d'oeuvre, règle générale.

***

TAUX DE CHÔMAGE DANS LES VILLES

Saskatoon 4,4%

Calgary 4,7%

Québec 4,8%

Gatineau 5,9%

Halifax 6,0%

Winnipeg 6,0%

Ottawa 6,7%

Vancouver 6,9%

CANADA 6,9%

Sherbrooke 7,3%

Moncton 7,9%

Toronto 7,9%

Saguenay 8,2%

Montréal 8,3%

Trois-Rivières 9,0%

Windsor 9,2%

*

TAUX DE CHÔMAGE DANS LES PROVINCES

Saskatchewan 4,3%

Alberta 4,3%

Manitoba 5,5%

Colombie-Britannique 6,7%

CANADA 6,9%

Ontario 7,3%

Québec 7,6%

Nouvelle-Écosse 8,6%

Terre-Neuve-et-Labrador 10,4%

Nouveau-Brunswick 10,7%

Île-du-Prince-Édouard 11,0%

Source: La Presse Canadienne

***

CE QU'ILS ONT DIT

«Les 81 000 postes du secteur public éliminés au troisième trimestre, la plus forte compression trimestrielle jamais vue, auraient pu être désastreux globalement. L'emploi privé a toutefois pris le relais avec 136 000 embauches.»

- Matthieu Arseneau, économiste, Banque Nationale

«Le recul du taux d'activité pourrait nous conduire à repenser ce qui serait le taux de chômage naturel au Canada. Au pif, on croyait que c'était 6,5%, mais c'est sans doute plus faible. Nous sommes déjà à 6,9%et il n'y a aucun signe de pression sur les salaires.»

- Douglas Porter, économiste en chef, BMOMarchés des capitaux

«Le troisième trimestre affiche un score plutôt mince en matière de création d'emplois au Québec. Durant juillet, août et septembre, l'emploi a diminué de 20 400 postes.»

- Joëlle Noreau, économiste principale, Mouvement Desjardins

«Le secteur manufacturier québécois affiche une seconde baisse consécutive avec, en septembre, une perte de 6000 emplois. Si le premier trimestre 2013 a été particulièrement douloureux (-38 900), le deuxième et le troisième semblent signaler une accalmie (+8600 au deuxième trimestre, +1100 au troisième).»

- Audrey Azoulay, directrice affaires publiques et relations gouvernementales de Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ)

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