Chic, on s'habille bien au travail

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Après un relâchement il y a une dizaine... (Illustration Jean-Marc Charron-Aubin)

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Illustration Jean-Marc Charron-Aubin

Après un relâchement il y a une dizaine d'années, on note un retour du complet-cravate chez les gens d'affaires.

Olivia Lévy, Isabelle Massé
La Presse

Au bureau, la tenue «chic décontractée» est de plus en plus difficile à définir. Certains employés semblent dépasser les limites et frôlent l'inacceptable, surtout en cette saison.

«Le printemps et l'été sont les périodes où on a le plus de demandes pour des présentations en entreprise sur l'importance de l'image en affaires, dit Marie-Claude Pelletier, fondatrice de l'agence de stylisme Les Effrontés. L'été, c'est fou, le nombre d'horreurs et de choses inappropriées qu'on voit dans les bureaux, comme des blouses trop transparentes ou des camisoles!»

Dans le milieu des affaires, que ce soit chez les avocats ou les banquiers, une tenue formelle classique est encore d'actualité. «Vous ne ferez pas confiance aux gens qui s'occupent de vos finances s'ils se présentent en tenue décontractée, poursuit Marie-Claude Pelletier. Vous serez rassurés de les voir en costume-cravate avec une image soignée et professionnelle. En revanche, ce sera presque inquiétant de voir arriver un créatif d'agence de publicité en complet.»

La tenue dépend aussi des dirigeants, car leur image est le reflet de l'entreprise. «Si les patrons sont décontractés, il est certain qu'au bas de l'échelle, ce sera moins heureux», dit-elle.

Après un relâchement il y a une dizaine d'années, on note un retour du complet-cravate chez les gens d'affaires. «On sent une plus grande pression des patrons sur les plus jeunes pour qu'ils véhiculent une image publique à la hauteur du service, estime Pierre-Benoit Duhamel, propriétaire de Clusier Habilleur. Prestige et élégance sont de mise tous les jours». Sa clientèle d'entrepreneurs et d'architectes est à la recherche d'une tenue «casual chic» avec un souci plus grand du détail: choix des boutons de veston, chaussettes et mouchoirs de poche.

Chantal Lacasse, qui donne des formations sur le savoir-être au bureau, remarque cependant qu'il y a encore un véritable laisser-aller d'un point de vue vestimentaire au bureau, alors que la tenue est une question de crédibilité et d'image de l'entreprise, selon elle.

«Si on veut être pris au sérieux, notre tenue vestimentaire nous aidera à montrer notre professionnalisme, dit-elle. Mini-jupes et talons hauts dans une institution financière, ce n'est pas une bonne idée.» Son conseil? «L'entreprise doit établir un code vestimentaire, car il donne de bonnes bases à respecter.»

Selon un tout récent sondage de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, 70% des entreprises ont une politique écrite sur le code vestimentaire. Ce pourcentage était de 56% en 2007. «Le code vestimentaire préserve l'image de marque de l'entreprise, souligne Stéphanie Aubin, vice-présidente exécutive de l'Ordre. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle on en établit un.»

Chez Stikeman Elliott, le code vestimentaire est très clair: veston-cravate pour les hommes, tailleurs et talons hauts pour les femmes. «Nous sommes une entreprise de services, une allure d'affaires est obligatoire, explique André Roy, associé directeur du cabinet d'avocats. On a des périodes où c'est plus relax. On pratique le Casual Friday toute l'année et le Casual Summer l'été. On rappelle dans un courriel ce qui est interdit: jeans, camisole, short et t-shirt sans col. Tout le monde a un costume sous la main, s'il y a une réunion d'urgence avec des clients.»

Chez Deloitte, il n'y a pas de code vestimentaire, mais une tenue propre et professionnelle à l'image de l'entreprise est exigée. «On pratique le Casual Friday caritatif. Si les employés veulent s'habiller de manière décontractée, en jeans, ils versent de l'argent pour une bonne cause», mentionne Janylène Turcotte, directrice principale, talent du cabinet de services-conseil.

Avis à ceux qui ont de l'ambition: une tenue soignée est un atout à la réussite d'une carrière. «Si vous voulez progresser et grimper les échelons, votre image va vous nuire ou vous aider. Il est donc important d'avoir une belle apparence, affirme Marie-Claude Pelletier. Il y a encore beaucoup de travail à faire, et les entreprises doivent mieux définir leurs paramètres vestimentaires.»

La cravate ne perd pas de plumes

Au diable la cravate dans les milieux d'affaires? Non, si on se fie aux ventes. «Nous vendons 15% plus de cravates depuis la crise financière, remarque Pierre-Benoit Duhamel, propriétaire de Clusier Habilleur, dont les modèles se détaillent de 125 à 225$. Et avec l'apparition de cravates en lin et en coton, la cravate peut être portée de différentes façons et s'est diversifiée. Elle n'est plus seulement en soie.»

Même constat aux boutiques Harry Rosen et Mexx Hommes du Centre Rockland, ainsi que chez Moores du centre-ville de Montréal. «La hausse est constante, souligne Pierre Chatelain, assistant directeur de Mexx. Ça dépend des modèles. Les cravates classiques, unies, noires et grises partent très rapidement. Les larges ne se vendent plus. Notre clientèle, qui est jeune, préfère les cravates fines et décontractées.»

Parallèlement, la popularité du noeud papillon prend de l'altitude. «Bizarrement, lance Pierre Chatelain. Avant, on avait un modèle qu'on peinait à vendre! Comme les grandes marques telles Chanel et Dior l'ont commercialisé, le milieu du commerce du détail s'en est inspiré. Aujourd'hui, on a des modèles noirs, gris, à carreaux, à rayures et à pois.»

«Le noeud papillon intéresse les clients de 19 à 30 ans et les plus de 55 ans», note aussi Mohamed Azam, assistant gérant de Moores.

Mais le noeud papillon est porté davantage par souci d'originalité que de formalisme, selon le professeur et animateur Jean-François Ouellet. «La jeune génération, même si elle manque de repères, cherche à se différencier de ses parents, dit l'animateur de l'émission Génération INC. à V. Elle recherche un edge, elle veut être unique. À moins d'être forcée, elle va mettre la cravate de côté.»

Voici six conseils pour éviter le faux pas vestimentaire:

1. Connaître la culture de l'entreprise pour s'adapter à son code vestimentaire. On peut la découvrir en allant sur les réseaux sociaux, sur le profil LinkedIn des supérieurs potentiels ou sur le site internet de l'entreprise, où l'on publie parfois des photos des employés. En cas de doute, toujours opter pour un style plus formel que décontracté. La sobriété est toujours gagnante.

2. Observer les collègues à notre arrivée dans l'entreprise.

3. Se servir de son bon jugement, qui fait parfois défaut l'été. Les vêtements trop sexy sont à éviter. Quand on met trop en valeur ses attributs, on perd de la crédibilité.

4. Bien choisir ses chaussures. La sandale de plage est proscrite.

5. Lors des entrevues, les dames doivent éviter les bijoux bruyants car on veut attirer l'attention avec nos réponses, et non nos bracelets.

6. On doit être à l'aise dans nos vêtements, donc opter pour des pièces qui reflètent notre personnalité. Si on n'est pas capable d'endurer un col de chemise fermé, on ne le ferme pas!

Conseils prodigués par Stéphanie Aubin, vice-présidente exécutive de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, et Chantal Lacasse, conférencière en savoir-être professionnel.

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