La création d'une rente de longévité est proposée

Alban D'Amours...

Agrandir

Alban D'Amours

Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Pour assurer des revenus décents à la retraite, un comité d'experts mandaté par le gouvernement recommande la création d'une «rente de longévité», universelle, payable à compter de 75 ans.

Cette proposition inédite figure parmi les 21 recommandations unanimes formulées par le Comité d'experts sur l'avenir du système de retraite québécois dont le rapport fort attendu, au terme de 18 mois de travail, a été rendu public mercredi à Québec.

Les Québécois sont mal préparés pour la retraite alors que près de la moitié des travailleurs (1,9 million ou 47 pour cent) ne participent à aucune forme d'épargne collective en prévision de leurs vieux jours.

Afin d'offrir une «sécurité financière additionnelle» aux 4 millions de travailleurs québécois, le comité présidé par Alban D'Amours suggère d'ajouter un nouveau palier de prestations, tout juste aux côtés de la Régie des rentes du Québec (RRQ), et destiné aux retraités les plus âgés.

«Il s'agit de couvrir ce que l'on appelle le «risque de longévité», c'est-à-dire le risque de vivre plus longtemps que la période couverte par l'épargne de retraite, le risque de survivre à ses épargnes», a expliqué en conférence de presse M. D'Amours, ancien président et chef de la direction au Mouvement  Desjardins.

En vertu de ce nouveau régime à prestations déterminées, tous les cotisants recevraient, à partir de 75 ans, une rente administrée par la Régie des rentes du Québec (RRQ) et dont les fonds seraient gérés par la Caisse de dépôt et placement.

Le coût total du régime serait de 3,3 pour cent du salaire du travailleur. Par exemple, avec un maximum de gains admissibles de 51 100 $, la cotisation pour un travailleur s'élèverait à environ 840 $ par année. La même ponction serait imposée à l'employeur.

Le rapport de quelque 200 pages ne formule pas de recommandation sur l'âge de la retraite, mais le rêve de la liberté 55 et de la société des loisirs est bien fini, a fait comprendre M. D'Amours.

Le constat est implacable: l'espérance de vie s'accroît, les Québécois travaillent moins longtemps pour financer une retraite plus longue et l'épargne est souvent insuffisante pour assurer la sécurité financière à la retraite, a relaté le président du comité.

Le rapport brosse un tableau inquiétant de la santé financière des régimes de retraite sous la juridiction de la Régie des rentes du Québec, essentiellement ceux des municipalités et des universités. Ces régimes accusent un déficit de 41 milliards $ et un embellissement potentiel des marchés de même qu'une hausse des taux d'intérêt ne suffirait pas à rétablir la situation, estiment les sept experts du comité.

«Le statu quo n'est pas une option. Nous avons collectivement une obligation de résultat. Nous sommes persuadés que le nouveau système de retraite proposé par notre comité renforcera, à terme, la sécurité financière de tous les Québécois», a fait valoir M. D'Amours.

Malgré les difficultés, le comité ne souscrit pas à la tendance actuelle observée dans le secteur privé de remplacer les régimes à prestations déterminées par des régimes à cotisations déterminées, financièrement plus risqués pour les travailleurs.

Au contraire, les régimes à prestations déterminées - qui ne bénéficient qu'à 35 pour cent des travailleurs, dont les deux tiers appartiennent au secteur public - «offrent la meilleure sécurité financière à la retraite» et il faut en assurer la «pérennité» et la «viabilité», estime le comité.

Le rapport recommande des changements à la «Loi sur les régimes complémentaires de retraite» pour faciliter «le partage des coûts» entre les participants et les employeurs. Il suggère aussi d'accorder une période de cinq ans aux employeurs, syndicats, participants actifs et retraités, pour «restructurer» les régimes à prestations déterminées.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires »

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer